19 _messidor_.--Partis pour Camfredo, ville de la Ligurie.

20.--Partis à une heure du matin. Logé à Voltri, à huit lieues et demie

de Gênes.

23.--Logé à Varazze, de même sur la mer.

24.--Logé à Savone, où il y a un port marchand; il y a aussi un fort qui

défend bien son approche et peut battre la ville.

25.--Logé à Final-Borgo.

26.--Partis à deux heures du matin. Logé à Albenga. Tous les endroits où

nous avons logé sont situés sur la mer.

28.--Partis à une heure du matin pour une petite ville nommée La Piève,

située dans la même vallée et à six lieues de la mer. Nous avons relevé

à La Piève la garnison piémontaise qui s'était emparée de cette ville au

moment où ils avaient la guerre ensemble. La France a mis fin à cette

guerre, qui ne pouvait que mettre la famine dans le pays.--Comme cette

contrée ressemble à la plus grande partie de la République ligurienne

dont elle fait partie, je vais faire une petite description de la

situation du pays. Ce ne sont que montagnes très hautes, la plupart sont

couvertes de châtaigniers, d'oliviers, de figuiers et d'autres arbres à

fruits de toutes sortes d'espèces; il y a aussi de la vigne plantée très

clair et haute, parmi laquelle ils sèment du blé et d'autres grains, qui

leur servent à faire du pain; mais ces derniers n'y sont pas très

abondants. Tout ce pays est occupé en grande partie par le commerce qui

y est bon, par rapport à la mer.

Il n'y a rien à voir de curieux dans la campagne; leurs maisons sont

très antiques et toutes voûtées, pour parer aux chaleurs qui se font

dans ce pays durant l'été. Il n'y a rien de remarquable dans leurs

ménages, la plupart n'ont pas de meubles, mais seulement un coffre pour

mettre le peu d'habillements qu'ils ont. Le dedans des maisons est très

obscur et la plupart n'ont pas de vitres; un simple volet ferme le jour.

On n'y voit presque point de cheminées: ils font le feu dans l'un des

coins de la maison. Les deux sexes sont vêtus assez antiquement; les

femmes et les filles portent sur la tête un grand voile pour aller à

l'église. Ce peuple est traître de son naturel, il a toujours caché sous

lui une arme tranchante et très aiguisée, et à la moindre difficulté on

est frappé de cet outil.

8 _frimaire_.--Partis de la Piève pour Gênes, nous avons été loger à

Loano; le 9, à Varazze; le 10, à Gênes. Étant dans cette ville nous

avons fourni un détachement de trois cents hommes pour aller s'emparer

de la ville d'Oneglia, appartenant au Piémont. La garnison piémontaise a

été désarmée et envoyée à Gênes, mais de suite on leur a envoyé leurs

armes, pour partir sur les frontières d'Italie. Ceci s'est fait au

moment de la révolution du Piémont. Le détachement dont je faisais

partie est sorti de Gênes le 20 frimaire, à une heure de l'après-midi;

nous avons logé en allant à Oneglia, à Voltri, à Savone, à Finalborgo, à

Alassio. Il y avait avec nous trois cents Liguriens. Cette ville s'est

rendue à notre approche; nous y sommes entrés le 24 frimaire à quatre

heures du soir. Le reste de notre bataillon, qui était à Gênes, est venu

nous rejoindre le 15 nivôse; il est seulement resté à Oneglia deux

compagnies, et les autres ont appuyé à gauche le long de la mer. Ce

mouvement s'est fait le 15. Notre compagnie était à Diano-Marino et à

Alassio.

Partis de ces cantonnements le 1er pluviôse, nous sommes venus le 5 à

Gênes, lieu de rassemblement de notre demi-brigade pour en former deux

bataillons de guerre et un de paix. Ce dernier était composé d'hommes

impotents, infirmes, qui ne pouvaient plus faire campagne et complétés

avec des conscrits. Les deux bataillons de guerre étaient formés

d'hommes aguerris et en état de faire campagne avec une vingtaine des

plus adroits des conscrits par compagnie, tirés dans le troisième

bataillon. Dans cet amalgame, nous sommes devenus la troisième compagnie

du premier bataillon. Cet embrigadement s'est fait à Gênes, le 8

pluviôse. Le premier bataillon est parti de Gênes le 9 pour se rendre à

Reggio; le deuxième bataillon le 10, pour la même route. Je n'ai point

été de ce départ, je suis entré à l'hôpital le 10; j'avais une maladie

qui m'interdisait la marche.

Journal de marche du sergent Fricasse de la 127e demi-brigade : 1792-1802 avec les uniformes des armées de Sambre-et-Meuse et Rhin-et-Moselle. Fac-similés dessinés par P. Sellier d'après les gravures allemandes du temps · 第 11 / 65 题