Il ne l'a pas adopté, mais il a eu la _chasse_ républicaine.»

18 _octobre_.--Sortis de notre camp à la découverte, nous nous sommes

rendus à Hautmont, village à gauche de Maubeuge, tout en désastre. On

était après la moisson; l'ennemi s'est servi des grains pour faire des

baraques et donner à manger aux chevaux. C'était la plus grande

désolation. Les habitations des cultivateurs dévastées et même en grande

partie brûlées. Voyez un peu ce qu'est la guerre. Malheur au pays où

elle est posée! Les habitants n'y peuvent qu'être malheureux.

Quoique nous n'ayons pas été longtemps bloqués, je dirai que nous

sentions déjà notre misère, les vivres nous étaient retranchés

(rationnés); la rivière passait au bas de notre camp, mais l'ennemi nous

avait coupé l'eau; nous étions obligés de la prendre dans les fossés des

retranchements où on allait faire les nécessités. La pluie, qui tombait

continuellement faisait de tout cela un mélange. Aussi plusieurs de nous

y avaient gagné le flux de sang.

Revenons à nos contremarches: l'ennemi a été repoussé, mais il faut

garder ses passages.

29 _octobre_.--Partis de Hautmont pour aller à la droite de Maubeuge,

dans un village appelé Marpent, sur le bord de la Sambre, où de temps en

temps on se souhaitait le bonjour à coups de fusil avec les postes

autrichiens.

14 _novembre_.--Partis de Marpent pour aller au camp de Saint-Remy, sur

les hauteurs, jusqu'au 29. Ce dernier jour, nous sommes allés à

Colleret.

Journal de marche du sergent Fricasse de la 127e demi-brigade : 1792-1802 avec les uniformes des armées de Sambre-et-Meuse et Rhin-et-Moselle. Fac-similés dessinés par P. Sellier d'après les gravures allemandes du temps · 第 8 / 65 题