Trente-sept millions! Telle serait la fortune qui vient d'être léguée à
un simple berger de Sernhac (Gard), non par un oncle d'Amérique, mais
par un grand-père d'Angleterre.
[Illustration: Un berger qui va être trente-sept fois millionnaire
gardant son troupeau. _Phot. de M. l'abbé R. Amat, curé de Sernhac._]
L'histoire est simple. Un jour une jolie fille de la Lozère, Pierrette
Bonnaud, fut séduite par un riche Anglais et traversa la Manche. Bientôt
renvoyée par le père du jeune homme, elle débarquait à Marseille où elle
mettait au monde Marius Bonnaud, l'heureux pasteur, aujourd'hui âgé de
quarante quatre ans.
Tandis que le pauvre enfant était confié à l'Assistance publique, la
mère ramenait à elle son ami qui lui donnait une autre enfant, une
fille. Celle-ci, convenablement élevée, épousa un Anglais, et fut dotée
de 3 millions légués par son père qui, du reste, ne l'avait point
reconnue. A plusieurs reprises, le jeune berger implora, mais en vain,
l'aide de la soeur riche.
Marius ne se découragea point et il chercha à retrouver les traces de
son grand-père à Londres. Il ne fut donc pas trop surpris d'apprendre,
il y a quelque temps, qu'on recherchait un enfant naturel, portant son
nom, né en 1869, et inscrit sur les registres de l'hospice de Marseille.
Il se fit aussitôt reconnaître par l'Assistance publique et il apprit
que son grand-père d'Angleterre lui avait laissé 37 millions!
M. le curé de Sernhac, qui nous communique ces détails, ajoute que le
brave berger continue à garder le troupeau de son maître, M. Dupiat, en
attendant que ce dernier lui ait trouvé un successeur.