C'était, dans le vaste hall de la galerie Petit, sous le jour tamisé qui
tombait des hautes baies donnant sur la rue Godot-de-Mauroy, une
atmosphère surchauffée où le vernis des tableaux se mêlait aux parfums
des robes, un brouhaha discret, un va-et-vient de messieurs à belles
guêtres et à chapeaux luisants, de femmes très élégantes. Les visages
roses souriaient sous les voilettes claires; froufrous et caquets,
flirts et débinages; on s'abordait, on se saluait, comme dans un salon.
Tout ce monde semblait venu là pour le plaisir de se rencontrer, de
potiner dans les coins; cependant l'oeuvre complète de Dormoy couvrait
les murs d'un disparate assemblage de cadres trop beaux tout battant
d'or neuf et de peintures variées, d'un faire habile et médiocre. Toiles
de toutes tailles, où s'accusait la dispersion prétentieuse d'un effort
asservi à la mode, d'un talent en quête de succès faciles. Un Chilpéric
barbu, expirant aux pieds de Frédégonde, voisinait avec des artilleurs
jouant au bouchon; une énorme vache laitière, dans un pré, semblait
hypnotisée par le portrait de Mme la marquise de K... sur fond rouge de
tenture blasonnée. Mais un grand tableau surtout faisait sensation: une
académie de jeune femme vue de dos, offrant au regard des rondeurs
exagérées, d'un rose de fraises écrasées dans de la crème.
Au milieu des groupes se démenait le jeune maître en personne, barbe
rutilante sur une cravate prune de Monsieur, Dormoy lui-même, avec sa
courtoisie cavalière, sa fausse modestie suant un vaniteux désir de
plaire. Il abandonna précipitamment trois dames pour s'élancer au-devant
du secrétaire particulier du ministre de l'instruction publique et des
Beaux-Arts, un jeune homme à l'air actif, aux yeux intelligents. Dormoy
entourait d'une déférence marquée ce puissant du jour, le guidait
soigneusement vers les pièces capitales de son exposition. Dans son
désir ardent, son prurit du ruban rouge, il oublia de reconnaître un
noble peintre vieux et pauvre qui l'avait obligé autrefois; mais
apercevant l'illustre dessinateur Prigent, il en fit immédiatement les
honneurs au jeune secrétaire.
Un flot d'arrivants poussait sans relâche la grande porte vitrée, tout
ce qu'à force de dîners, de présentations, de visites, Dormoy avait pu
racoler de curiosités banales et de camaraderies envieuses. Un chapeau
noir et deux chapeaux en tulle blanc garnis d'oeillets apparurent: tante
Portier, Germaine et Yvonne. La vieille dame était un peu gênée de sa
personne, elle eût préféré ne pas s'exhiber avec ses nièces, au moment
où chacun, lui semblait-il, commentait l'histoire de Germaine; mais le
sentiment du devoir l'avait emporté: Yvonne, joyeuse de vivre, cambrait
son buste charmant, son corps jeune, dans une toilette de drap glycine.
Quant à Germaine, plus jolie que jamais, elle arborait une longue
tunique souple de cachemire vert-Nil à dessins effacés. Sa sérénité
était sans égale. On chuchotait à leur passage. Des face-à-main se
braquèrent. Une dame au nez impertinent ne put réprimer un: «Quel
aplomb!» Germaine affrontait tranquillement cette curiosité, soutenue
autant par son inconscience naturelle que par le sentiment qu'il faut
avant tout, dans le monde, tenir tête, ne jamais paraître atteint.
Elles allaient droit au portrait d'Yvonne; la jeune fille examinait du
coin de l'oeil l'image flatteuse, assise sous les tilleuls de la
Chesnaye, dans une pose savante. Elle se retourna d'une pièce; quelqu'un
venait de lui murmurer à l'oreille:
--Comme ça pâlit près du modèle!
C'était la voix du petit Schmet, flirt nº 1. Il pérorait un moment,
plein d'assurance dans sa barbe frisée; mais son prestige s'évanouissait
soudain... Flirt nº 2, le lieutenant de Céry venait de surgir. Il avait,
bien que de semaine, déserté Saint-Germain; le pansage se ferait sans
lui; et, lissant d'un air galant sa longue moustache, il mettait
légèrement aux pieds d'Yvonne l'hommage de son indiscipline. Un
troisième personnage, au déplaisir visible des deux premiers, renforçait
le groupe: le comte Soulier, flirt nº 3. Il avait encore rajeuni. Ses
favoris d'un noir d'encre s'enlevaient sur des joues raffermies; des
sourcils noirs, le crâne rose et frais. Toute sa personne disait
l'amoureux sur le retour, le vieillard cramponné à la volonté de
séduire. Une jalousie inquiète perçait sous son extrême
amabilité,--crainte superflue, l'immense fortune du comte lui donnant
sur ses deux concurrents une avance considérable. Il y parut à la faveur
marquée d'Yvonne, à la subite maussaderie des flirts 1 et 2.
Dormoy les aperçut, s'empressa, comme s'il n'eût rien voulu perdre des
compliments qui lui étaient dus. Tous le félicitaient à l'envi, et,
gonflé de plaisir, il désignait tour à tour, d'un air négligent, cette
toile, cette autre, puis cette autre encore. Il passa rapidement devant
la «femme vue de dos», par une discrétion dont la tante Portier, choquée
à l'étalage de tant d'appas, sut apprécier la délicatesse. Puis,
s'excusant, il les lâcha pour aller faire sa cour à un critique en
arrêt, dont il apercevait les cheveux gris entre le portrait de la vache
laitière et celui de Mme la marquise de K...
A l'autre bout de la salle, Hélène et Mme Dugast, qui venaient
d'arriver, commençaient consciencieusement leur examen. Mais, à chaque
pas, elles étaient dérangées, abordées par des figures nouvelles.
D'abord Mme Morchesne, dont le chapeau rouge balançait tout un champ de
pavots. Derrière elle, le doux M. Morchesne saluait avec timidité. Elle
déclarait, de sa voix tonnante qui fit retourner quelques personnes:
--C'est mon mari qui m'a traînée de force ici! Je préparais un article
pour le journal de notre grande Minna.
Et prise d'un brusque enthousiasme, elle s'écriait:
--Mon Dieu, chère petite, comme vous êtes jolie aujourd'hui!
Cette admiration, Hélène l'avait déjà lue, muette, sur plusieurs
visages; et de fait elle était plus que jolie, belle, avec ses cheveux
dorés et son teint pur, son regard droit, sa libre et fière démarche.
Mme Morchesne tombait en extase devant le geste viril de Frédégonde,
bravant l'agonie du pauvre Chilpéric.
--Robert, dit-elle, prenez note: nº 53.
Docile, malgré un mal de tête fou, M. Morchesne griffonna sur son
calepin, tandis qu'elle expliquait:
--J'ai promis quelques lignes de compte rendu à M. Dormoy.
Heureusement la marquise Krobanya, escortée d'un poète chevelu et d'un
comédien glabre, accaparait la grosse femme. Hélène et sa mère,
horripilée, en profitèrent pour fuir. Andrée Vergnes les arrêtait; noble
et gracieuse figure, joignant une modestie d'élite à son talent de
peintre connu. En quelques remarques fines, en quelques traits justes,
elle appréciait l'oeuvre de Dormoy, pas assez au gré de Mme Dugast, que
la fraîcheur molle des couleurs et l'éclat des cadres impressionnaient.
Andrée Vergnes, qu'une sympathie poussait vers Hélène, l'invita à venir
la voir à son atelier.
--Elle a peut-être beaucoup de talent, dit Mme Dugast quand elles
l'eurent quittée, mais tu ne m'enlèveras pas de l'idée que le succès de
Dormoy la taquine. Regarde toutes ces étiquettes: _Vendu, Vendu, Vendu._
La petite ruse de Dormoy, rehaussant ainsi certaines croûtes invendables
d'un semblant d'acquéreurs, excitait justement le rictus de deux jeunes
rapins à grand feutre, visiblement agacés par la réussite mondaine et
les rentes du camarade.
--Tu vois, reprit Mme Dugast, c'est le propre des vrais talents d'être
ainsi jalousés... Oh! l'amour d'enfant!
Elle s'extasiait devant un marmot joufflu, agaçant un chat. Plus loin,
des gens du monde, sans doute compétents, stationnaient devant un
paysage; ils parlaient haut, laissant tomber des termes techniques:
pâte, glacis, rehauts, ponctués de coups de pouce dans le vide. La
considération de Mme Dugast s'en accrut d'autant. Elles se heurtaient
enfin à la tante Portier et à Germaine.
--Où est donc Dormoy? fut le premier mot de Mme Dugast.
Germaine le montra causant, plein de respect, avec un membre de
l'Institut, dont il semblait humer les jugements amicaux. Puis, prenant
Hélène sous le bras, elle lui racontait avec animation tous les tracas
que lui avait causés sa robe, livrée au dernier moment. Tante Portier
pendant ce temps, mettait Mme Dugast au courant: pas de nouvelles de Du
Marty, il devait réfléchir. Évidemment il ne pouvait plus avoir l'audace
de songer au procès d'adultère, il se rabattrait sans doute sur une
instance en divorce, mais, grâce aux bons soins de leur avoué, Germaine
tenait toute prête une demande reconventionnelle. Peut-être d'ailleurs
cela se passerait-il à l'amiable, sans plaidoiries, sur accord des
avocats; elle appelait de tous ces voeux cette solution. Tout d'un coup
elle s'inquiéta.
--Qu'est devenue Yvonne?
Elle la découvrait au bout d'une seconde dans une travée conversant
familièrement avec le comte Soulier, dont les petits yeux pétillaient.
--Cette enfant me fera mourir, soupira-t-elle.
Mais sa face parut brusquement se pétrifier: elle avait vu la tête de
Méduse; Du Marty, hautain et pimpant, venait d'entrer. Le sang de
Germaine ne fit qu'un tour; elle serrait en pâlissant le bras d'Hélène
qui elle-même s'émut, en reconnaissant, côte à côte avec du Marty,
Vernières. Ils paraissaient au mieux, comme s'ils avaient fondu leurs
rancunes personnelles dans un même sentiment de bravade et d'hostilité.
Les deux groupes s'aperçurent de loin et se dévisagèrent; Du Marty et
Vernières tournaient lentement la tête, d'un air dédaigneux. Mme
Portier, couvant Germaine du regard, rappelait Yvonne d'un ton bref, et
toutes trois se dirigeaient avec dignité vers la sortie, gagnaient la
porte.
--Si nous en faisions autant, fit Mme Dugast, mal à l'aise à l'idée
d'André, je ne me soucie pas de me casser le nez sur ces messieurs.
Somme toute, elles avaient assez lorgné de tableaux. Hélène s'étonna que
la présence de Vernières lui causât si peu de trouble; du dégoût,
simplement. Sans se presser,--manifestement d'ailleurs, les deux hommes,
perdus parmi les visiteurs, ne souhaitaient pas plus qu'elles une
rencontre,--Mme Dugast et Hélène se retiraient, quand Dormoy, empêché
jusque-là et qui ne les avait pas quittées de l'oeil, s'élança sur leur
trace. L'échec de Vernières, dont il connaissait l'éclat sans en
soupçonner la cause, avait ravivé ses espérances. Il ne s'était pas sans
regrets effacé depuis six mois devant l'assiduité déclarée de celui-ci;
le charme d'Hélène le poursuivait d'un souvenir durable: peu de femmes
lui semblaient aussi désirables. L'auréole d'une solide fortune, d'une
position brillante n'était pas pour nuire, au contraire, au persistant
espoir de ses sentiments. Quand elle était entrée, simple et charmante,
dans le rayonnement de sa beauté blonde, il avait senti refleurir en lui
des impressions vivaces, il l'avait revue, éblouissante de fraîcheur,
sur la berge de la Neuville: elle sautait dans la barque d'un mouvement
vif, puis à lentes brassées s'éloignait, ramant dans le soleil matinal,
dont les diamants étincelaient aux gouttes des avirons...
Il salua Mme Dugast jusqu'à terre et, lançant à Hélène un regard
d'admiration bien senti, se confondit en remerciements:
--Ah! mesdames, que vous êtes aimables d'être venues! Ma journée sans
vous n'eût pas été complète. Vous savez quel prix j'attache à votre
suffrage.
Il en profita pour leur faire remarquer deux ou trois petites toiles,
insinua que le secrétaire particulier du ministre avait apporté les
regrets de «son patron» empêché. D'ailleurs tous les critiques dont
l'opinion compte étaient venus.
On était devant la porte; il s'inclinait de nouveau, serrait avec une
effusion respectueuse les mains de ces dames.
--J'irai, si vous le permettez, vous remercier de nouveau dans quelques
jours.
Autre regard à l'adresse d'Hélène qui, dans l'escalier, revoyait encore,
amusée, la prestance hardie, la barbe soyeuse du peintre.
--Ce Dormoy est charmant, confessait tout haut Mme Dugast.
Une forte dame, qui montait en sens inverse, leur jeta à ces mots un
coup d'oeil venimeux... Ce magnifique chapeau voyant, ce teint bouffi et
fardé, ces cheveux roux, où donc Hélène avait-elle déjà rencontré ça?
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
--Vous êtes sûre, chère madame! s'écria Mme Dugast en joignant les
mains. Ah! quelle horreur!
La dame en visite contempla d'un air assuré le grand salon intime où,
dans la douceur du jour mourant, les vieilles soies des meubles, la
petite table à thé sous la nappe rouge, les verres luisants, tout
donnait une impression de confort et de calme. Puis se tournant vers
Hélène et Mme Simonin qui paraissaient incrédules, elle affirma:
--Parfaitement! Il a reçu trois cent cinquante mille francs. Je tiens le
renseignement d'une personne bien informée. Aujourd'hui, tout se traite
comme cela. Quelle époque!
Il s'agissait d'un député connu. Hélène admira cette incroyable facilité
avec laquelle on accueille, on colporte dans le monde les soupçons les
plus injustifiés, les pires calomnies... Après tout, c'était vrai
peut-être, tant depuis quelques années l'argent délétère avait corrompu
les moeurs.
Là-dessus la grosse dame s'en allait, avec une importance de dinde
grasse. Bien vite Denise saisissait cette minute propice, pour conter
ses peines. Mme Dugast l'écoutait, non sans une compassion platonique. A
force de démarches, elle avait pu se procurer des copies, travail lent
et peu payé. Elle insistait encore pour qu'Hélène l'aidât à trouver
l'emploi modeste, mais sûr, qui lui permettrait de joindre les deux
bouts. Son mari, il est vrai, pouvait à chaque instant trouver une
affaire magnifique, mais il fallait compter avec tant d'aléas; depuis un
an une véritable guigne le poursuivait, il n'avait pu toucher un sou.
«Eh bien? pensa Hélène, et les mille francs que l'oncle lui avait
_prêtés_, en échange de ses derniers services? La pauvre Denise ne
devait y avoir vu que du feu.» Elle promit de tout coeur, elle prit en
elle-même l'engagement de s'entremettre de son mieux; le temps jusqu'ici
lui avait manqué. Denise, remontée, partait à son tour; elle conservait,
à force de grâce personnelle, un reste d'élégance dans la dignité pauvre
de son petit collet, de ses gants nettoyés. A peine sortie, comme Mme
Dugast, passant les mains sur ses tempes, disait: «Ouf! j'espère qu'il
ne viendra plus personne.»--Alors, je m'en vais? répondait une voix
jeune et brève qui les faisait tressaillir toutes deux.
--C'est toi! s'écria Mme Dugast.
André, de son pas vif, était déjà près d'elle; il baisait sa mère au
front, effleurait à peine les cheveux d'Hélène. Il semblait aussi à
l'aise que si rien ne se fût jamais passé.
--Je suis arrivé de Moranges, ce matin. Tout est convenu, je pars le 15
juin.
Mme Dugast eut les yeux pleins de larmes.
--Tu es dur, fit-elle. Tu me dis cela brutalement, sans un mot de
préparation, de regret. As-tu bien réfléchi?
André haussa légèrement les épaules. «Pauvre maman, songeait Hélène, tu
perds ton temps; André ne perd pas le sien, va! Droit au but...»
D'ailleurs elle l'approuvait; un départ s'indiquait, à tous les points
de vue. Mais que pouvait-il penser, au fond? Vraiment, ne gardait-il pas
une gêne intérieure?... Cela, ne fût-ce que par orgueil, jamais il ne le
montrerait.
--Au moins, supplia Mme Dugast d'une voix plaintive, tu ne t'en vas pas
tout de suite? Je te verrai chaque jour? Reste à dîner!
André promit. Il entamait maintenant une conversation d'affaires,
réclamait à sa mère certains papiers; elle lui offrit de venir les
chercher lui-même, dans le cabinet de travail.
--Six heures et demie, fit-elle, en regardant la pendule. Je crois qu'on
peut lever la séance.
Hélène, demeurée seule, ouvrait la fenêtre; les bruits de la rue
entrèrent. Elle s'accoudait à la barre, regardait, songeuse, une petite
charrette de fleurs poussée par une vieille marchande. Tout le jardin de
la Neuville et les champs de Rosay s'étendirent. Au bout d'un instant,
le bruit d'une porte refermée, le sentiment d'une présence la tiraient
de sa courte rêverie. Elle se retourna: Dormoy... Et de sa voix
mondaine, où il y avait pourtant toujours une sincérité, elle
s'exclamait, main tendue:
--C'est vraiment bien aimable à vous d'être venu.
--Je tenais à vous apporter, dit le peintre avec ses inflexions les plus
suaves, tous mes remerciements ainsi qu'à madame votre mère pour votre
gracieuse visite à mon exposition.
Peu de compliments, ajoutait-il, lui tenaient aussi à coeur que les
siens. Il savait tout ce que Mlle Dugast avait d'élévation, de sens
critique, de véritable goût... Mais n'aurait-il pas l'honneur de saluer
Mme Dugast?
--Ma mère va venir, dit-elle; elle termine une affaire avec André.
Alors Dormoy, profitant de cette heureuse absence, s'embarqua dans de
petites histoires spirituelles où des allusions habiles en revenaient
toujours aux mérites, à la grâce, à la beauté d'Hélène. Une ironie
atténuait le sens trop direct, nuançait le madrigal d'une teinte de
fantaisie; seul, le regard incisif parlait clair et de temps à autre,
aux brefs silences, continuait la prière. Hélène l'écoutait sans
déplaisir, grâce à son bagout d'artiste, son charme franc de reître
chevaleresque, si bien que, lorsque André rentrait avec sa
mère,--était-ce la pénétrante douceur du soir tiède, une disposition
particulière?--elle sentait, sous les paroles banales de Dormoy, courir
une flamme sourde qui distrayait ses soucis, l'étonnait presque.