XX.

Le dixième livre est une invective philosophique contre les passions

et contre les poëtes; contre Homère principalement, le plus grand de

tous. On dirait que Platon est jaloux de la divine sagesse du poëte,

mille fois plus philosophe et plus politique que lui. Il n'admet dans

sa République que des hymnes en l'honneur des dieux; toutes les

oeuvres d'agrément sont proscrites.

Ici une longue digression sur l'immortalité de l'âme interrompt ses

plans politiques. Il raconte la descente aux enfers d'un _Arménien_

laissé pour mort sur un champ de bataille et qui revient, après dix

jours, raconter ce qu'il a vu des supplices des morts.

Cette partie de la _République_ semble avoir été la première esquisse

du poëme de Dante, empruntée originairement de Platon. Les supplices

mêmes se ressemblent dans les deux _visions_ du philosophe grec et du

poëte toscan; on y retrouve jusqu'aux _cercles_ inférieurs du Dante.

Nous ne voyons pas qu'aucun des commentateurs du Dante ait fait cette

remarque jusqu'ici.

Et le tout finit par une homélie vague en l'honneur de la vertu.

Cours familier de Littérature - Volume 14 · 第 136 / 228 题