Le dixième livre est une invective philosophique contre les passions
et contre les poëtes; contre Homère principalement, le plus grand de
tous. On dirait que Platon est jaloux de la divine sagesse du poëte,
mille fois plus philosophe et plus politique que lui. Il n'admet dans
sa République que des hymnes en l'honneur des dieux; toutes les
oeuvres d'agrément sont proscrites.
Ici une longue digression sur l'immortalité de l'âme interrompt ses
plans politiques. Il raconte la descente aux enfers d'un _Arménien_
laissé pour mort sur un champ de bataille et qui revient, après dix
jours, raconter ce qu'il a vu des supplices des morts.
Cette partie de la _République_ semble avoir été la première esquisse
du poëme de Dante, empruntée originairement de Platon. Les supplices
mêmes se ressemblent dans les deux _visions_ du philosophe grec et du
poëte toscan; on y retrouve jusqu'aux _cercles_ inférieurs du Dante.
Nous ne voyons pas qu'aucun des commentateurs du Dante ait fait cette
remarque jusqu'ici.
Et le tout finit par une homélie vague en l'honneur de la vertu.