Nous avouons que cette philosophie, depuis la métaphysique jusqu'à la
morale, en d'autres termes depuis le retour de l'âme immortelle en
Dieu, type exemplaire et raison de tout, jusqu'à la morale,
c'est-à-dire jusqu'aux abnégations, aux sacrifices, aux piétés, aux
dévouements à la vérité, aux hommes et à Dieu qui purifient l'âme et
la divinisent; nous avouons que cette philosophie est aussi la nôtre,
comme elle est celle de Cicéron et de Confucius, comme elle est en
grande partie celle des philosophes chrétiens, indépendamment du dogme
de la rédemption de l'homme par Dieu descendu du ciel pour tendre sa
main à l'humanité.
Il y a parenté évidente entre ces philosophies orientales, grecques,
hébraïques, bien qu'il n'y ait pas similitude dans les dogmes.
Pour quiconque remonte attentivement, par les monuments écrits de nos
jours et de nos races, aux premiers jours et aux premières races de
cette terre pensante, il reste évident que la Divinité, mère, nourrice
et institutrice de ses créatures, leur a révélé toujours et partout
ces idées innées, ces exemplaires gravés dans leur âme, ces
philosophies préexistantes, ces consciences instinctives d'où ils
tirent les conjectures sur la vérité et la vertu.
Les philosophies et les morales ne sont pas si neuves que chaque
génération se plaît à le croire: les vérités s'engendrent comme les
générations; elles sont aussi nécessaires à l'existence de l'âme
humaine que la lumière du soleil est nécessaire à la vie des êtres.
Dieu, qui a voulu en tout temps la conservation des âmes, n'a laissé
manquer aucun temps de la portion de vérité naturelle ou révélée,
indispensable pour que sa création subsiste et pour qu'elle
l'entrevoie lui-même à travers ses mystères.
Ce dialogue de Platon, le _Phédon_, est un jet de cette lumière venue
de plus loin et répercutée sur l'âme d'un philosophe aussi saint que
lumineux. C'est la sainteté de la raison.
Reprenons le drame: