Une traduction des poésies d'Eschyle, cette élégie nationale des
vaincus de Salamine, écrite et chantée sur le théâtre d'Athènes pour
grandir les vainqueurs, termine cette belle étude sur la poésie des
Grecs. C'est une véritable encyclopédie hellénique, sans prix pour les
savants et pour les poëtes.
Huit jours après avoir publié ce volume, qui devait lui ouvrir les
portes de l'Académie française, but mondain de sa vie d'étude, il
n'était plus. Il s'était éteint sans souffrance et sans angoisse,
plein de confiance dans les promesses de la religion, qu'il avait
toujours admise sans contrôle dans ses dogmes pour la pratiquer dans
ses vertus.
Il mourut comme Pétrarque, à Arquâ, les mains jointes, le front couché
sur les pages de son _Virgile_, chargé en marges de notes pour la
seule femme qu'il ait aimée, en lui recommandant ses amis, et en la
recommandant à ceux qu'il laissait après lui sur cette terre.
Ayant appris trop tard sa fin, j'assistai à ses obsèques à Paris. Il y
avait là tout ce qui cultive les lettres pour elles-mêmes, sans
exception d'opinion, de parti, de dynastie.
Tout le monde pleurait du fond du coeur: ainsi la France perdait un
homme de goût, un homme d'étude, un homme d'honneur, un homme
religieux, et ceux qui chérissent la haute littérature,--moi,--j'avais
perdu un ami!