Les voleurs étaient venus sur la montagne pour y voler des chevaux, et
ils n'y trouvèrent point de chevaux. Alors ils prirent mes petits
agneaux et mes petites chèvres.
Puis ils s'en vont, s'en vont, s'en vont!
Hélas! hélas! hélas!
Ô mes pauvres petites brebis!
Ô mes pauvres petites chèvres!...
Vaï!!!
Ils m'ont pris l'écuelle où je mettais mon lait; ils ont pris ma flûte
jusque dans mes mains.
Puis ils s'en vont, s'en vont, s'en vont!
Hélas! hélas! hélas!
Ô ma pauvre petite écuelle!
Ô ma pauvre petite flûte!
Vaï!!!
Ils m'ont pris le bélier qui portait la clochette, dont la toison
était couleur d'or, et la corne d'argent.
Et ils s'en vont, s'en vont, s'en vont!
Hélas! hélas! hélas!
Ô mes pauvres petites brebis!
Ô mon pauvre petit bélier!
Vaï!!!
Je vous en supplie, Panagia, punissez les voleurs!--Ah! qu'on les
arrête, qu'on les désarme au milieu de leur caverne, eux et toute leur
race!
Hélas! hélas! hélas!
Ô mes pauvres petites brebis!
Ô mes pauvres petits chevreaux!
Vaï!!!
Ah! si la Panagia me l'accorde par sa grâce, et punit les voleurs, et
que je revoie mon bélier au milieu de son parc, je rôtirai un agneau
le jour de Pâques, jusqu'à ce qu'il tombe de la broche.
Mais ils s'en vont, s'en vont, s'en vont!
Hélas! hélas! hélas!
Ô mes pauvres petites brebis!
Ô mon pauvre petit bélier!
Vaï!!!