XII.

Les événements ne me donnèrent pas le temps de rejoindre mon poste; M.

de Marcellus et moi nous déclinâmes la confiance et l'involontaire

complicité de l'acte. Il se retira par pressentiment et conviction. Il

fut fidèle à la monarchie légitime après les Bourbons, je restai

fidèle à mon honneur en refusant de servir la seconde monarchie.

Excepté la République, dictature de tout le monde, je ne voulus plus

servir personne.

Cela a fait dire aux républicains, que je ne servais pas ma:

«Défiez-vous de lui, c'est un légitimiste!» Et les niais l'ont cru. À

leur place j'aurais redoublé de confiance, et j'aurais dit: «C'est un

homme d'honneur, et, puisqu'il a été fidèle à la première heure par un

sentiment de famille et de tradition, il le sera à la dernière, quand

on n'a plus d'autre famille que la patrie et le peuple.» Mais ils ont

cru qu'un royaliste de coeur, à vingt ans, ne pouvait jamais être un

bon citoyen à cinquante, et qu'un homme fidèle à son serment sous les

Bourbons ne serait qu'un traître sous la République!

Vous voyez où cette belle logique a mené la République. Mais passons!

Cours familier de Littérature - Volume 14 · 第 19 / 228 题