Les événements ne me donnèrent pas le temps de rejoindre mon poste; M.
de Marcellus et moi nous déclinâmes la confiance et l'involontaire
complicité de l'acte. Il se retira par pressentiment et conviction. Il
fut fidèle à la monarchie légitime après les Bourbons, je restai
fidèle à mon honneur en refusant de servir la seconde monarchie.
Excepté la République, dictature de tout le monde, je ne voulus plus
servir personne.
Cela a fait dire aux républicains, que je ne servais pas ma:
«Défiez-vous de lui, c'est un légitimiste!» Et les niais l'ont cru. À
leur place j'aurais redoublé de confiance, et j'aurais dit: «C'est un
homme d'honneur, et, puisqu'il a été fidèle à la première heure par un
sentiment de famille et de tradition, il le sera à la dernière, quand
on n'a plus d'autre famille que la patrie et le peuple.» Mais ils ont
cru qu'un royaliste de coeur, à vingt ans, ne pouvait jamais être un
bon citoyen à cinquante, et qu'un homme fidèle à son serment sous les
Bourbons ne serait qu'un traître sous la République!
Vous voyez où cette belle logique a mené la République. Mais passons!