Newbridg., II, 10. Chron. Norm. Lingard, II, 325.--Lingard, p. 321: «Le

lecteur verra sans doute avec plaisir dans quel appareil le chancelier

voyageait en France. Quand il entrait dans une ville, le cortège

s'ouvrait par deux cent cinquante jeunes gens chantant des airs

nationaux; ensuite venaient ses chiens, accouplés. Ils étaient suivis de

huit chariots, traînés chacun par cinq chevaux, et menés par cinq

cochers en habit neuf. Chaque chariot était couvert de peaux, et protégé

par deux gardes et par un gros chien, tantôt enchaîné, tantôt en

liberté. Deux de ces chariots étaient chargés de tonneaux d'ale pour

distribuer à la populace; un autre portait tous les objets nécessaires à

la chapelle du chancelier, un autre encore le mobilier de sa chambre à

coucher, un troisième celui de sa cuisine, un quatrième portait sa

vaisselle d'argent et sa garde-robe; les deux autres étaient destinés à

l'usage de ses suivants. Après eux venaient douze chevaux de somme sur

chacun desquels était un singe, avec un valet (groom) derrière, sur ses

genoux; paraissaient ensuite les écuyers portant les boucliers et

conduisant les chevaux de bataille de leurs chevaliers; puis encore

d'autres écuyers, des enfants de gentilshommes, des fauconniers, les

officiers de la maison, les chevaliers et les ecclésiastiques, deux à

deux et à cheval, et le dernier de tous enfin, arrivait le chancelier

lui-même, conversant avec quelques amis. Comme il passait, on entendait

les habitants du pays s'écrier: «Quel homme doit donc être le roi

d'Angleterre, quand son chancelier voyage en tel équipage?» Steph., 20,

2.

Page 258--_Un second lui-même..._

Le prédécesseur de Becket, au siège de Kenterbury, lui écrivait: «In

aure et in vulgis sonat vobis esse cor unum et animam unam (Blés, epist.

78).--Petrus Cellensis: Secundum post regem in quatuor regnis quis te

ignorat?» (Marten. Thes, anecd. III.)--Le clergé anglais écrit à Thomas:

«In familiarem gratiam tam lata vos mente suscepit, ut dominationis suo

loca quæ boreali Oceano ad Pyrenæum usque porrecta sunt, potestati

vestro cuncta subjecerit, ut in his solum hos beatos reputarit opinio,

qui in vestris poterant oculis complacere.» Epist. S. Thom., p. 190.

92--page 259--_Depuis le fameux Dunstan..._

S. Dunstan, archev. de Kenterbury, fit des remontrances à Edgar, et lui

fit faire pénitence. Il ajouta deux clauses à leur traité de

réconciliation: 1º qu'il publierait un code de lois qui apportât plus

d'impartialité dans l'administration de la justice; 2º qu'il ferait

passer à ses propres frais dans les différentes provinces des copiés des

saintes Écritures pour l'instruction du peuple.--Et même, selon Lingard,

le véritable texte d'Osbern doit être: «...Justas legum rationes

sanciret, _sancitas conscriberet_, _scriptas_ per omnes fines imperii

sui populis custodiendas mandaret au lieu de _sanctas conscriberet

seripluras_.--Lingard, _Antiquités de l'Église anglo-saxonne_, I, p.

489.

93--page 265--_La lutte de Becket fut imitée par l'évêque de

Poitiers..._

Henri II lui avait adressé par deux de ses justiciers des instructions

plus dures encore que les coutumes de Clarendon. Voy. la lettre de

l'évêque ap. Scr. fr. XVI, 216.--Voyez aussi (ibid., 572, 575, etc.) les

lettres que Jean de Salisbury lui écrit pour le tenir au courant de

l'état des affaires de Thomas à Becket.--En 1166, l'évêque de Poitiers

céda, et fit sa paix avec Henri II. Joann. Saresber. epist., ibid., 523.

94--page 273--_Becket se retira fort abattu..._

Mais Louis, se repentit d'avoir abandonné Becket; peu de jours après, il

le fit appeler. Becket vint avec quelques-uns des siens pensant qu'on

allait lui intimer l'ordre de quitter la France.--«Invenerunt regem

tristi vultu sedentem, nec, ut solebat, archiepiscopo assurgentem.

Considerantibus autem illis, et diutius facto silentio, rex tandem,

quasi invitus abeundi daret licentiam, subito mirantibus cunctis

prosiliens, obortis lacrymis projecit se ad pedes archiepiscopi, cum

singultu dicens: «Domine mi pater, tu solus vidisti.» Et congemirians

cum suspirio: «Vere, ait, tu solus vidisti. Nos omnes cæci sumus...

Poeniteo, pater, ignosce, rogo, et ab hac culpa me miserum absolve:

regnum meum et meipsum ex hac ora tibi offero.» Gervas. Cantuar., ap.

Scr. fr. XIII, 33. _Vit. quadrip._, p. 96.

95--page 280--_Jean de Salisbury..._

Salisbury fait partie du pays de Kent, mais non du comté de ce nom. Du

temps de l'archevêque Thibaut, ce fut Jean de Salisbury qu'on accusa de

toutes les tentatives de l'Église de Kenterbury pour reconquérir ses

privilèges. Il écrit, en 1159: «Régis tota in me incahduit indignatio...

Quod quis nomen romanum apud nos invocat mihi imponunt; quod in

electionibus celebrandis, in causis ecclesiasticis examinandis, vel

umbram libertatis audet sibi Anglorum ecclesia vindicare, mihi

imputatur, ac si dominum Cantuariensem et alios episcopos quid facere

oporteat solus instruam...» J. Sareber. epist., ap. Scr. fr. XVI,

496.--Dans son Policraticus (Leyde 1639,. p. 206), il avance qu'il est

bon et juste de flatter le tyran pour le tromper, et de le tuer (Aures

tyranni mulcere... tyrannum occidere... æquum et justum.).--Dans

l'affaire de Thomas Becket, sa correspondance trahit un caractère

intéressé (il s'inquiète toujours de la confiscation de ses propriétés,

Scr. fr. XVI, 508, 512, etc.), irrésolu et craintif, p. 509: il fait

souvent intercéder pour lui auprès de Henri II, p. 514, etc., et donne à

Becket de timides conseils, p. 510, 527, etc. Il ne semble guère se

piquer de conséquence. Ce défenseur de la liberté n'accorde au libre

arbitre de pouvoir que pour le mal (Policrat., p. 97). Il ne faut pas se

hâter de rien conclure de ce qu'il reçut les leçons d'Abailard; il vante

saint Bernard et son disciple Eugène III. (Ibid., p. 311.)

96--page 287--_Henri II déclara l'Angleterre fief du saint-siège..._

«Præterea ego et major filius meus rex, juramus quod a domino Alexandro

papa et catholicis ejus suceessoribus recipiemus et tenebimus regnum

Angliæ.» Baron. Annal., XII, 637.--À la fin de la même année il écrivait

encore au pape: «Vestræ jurisdictionis est regnum Angliæ, et quantum at

feudatirii juris obligationem, vobis duntaxat teneor et astringor.»

Petr. Blés., epist., ap. Scr. fr. XVI, 650.

97--page 300--_Philippe Ier, couronné à sept ans, lut lui-même le

serment qu'il devait prêter..._

Coronatio Phil. I, ap. Scr. fr. XI, 32: Ipse legit, dum adhuc septennis

esset: «Ego... defensionem exhibebo, sicut rex in suo regno unicuique

episcopo et ecclesiæ sibi commissæ... debet.»

98--page 302--_Philippe II à quatorze ans malade de peur_, etc...

Chronica reg. Franc, ibid., 214: «.... Remansit in silva sine societate

Philippus; unde stupefactus concepit timorem, et tandem per carbonarium

fuit reductus Compendium; et ex hoc timore sibi contigit infirmitas, quæ

distulit coronationem.»

_Il chasse et dépouille les Juifs..._

Ibid... «Fecit spoliari omnes una die... Recesserunt omnes qui baptizari

noluerunt.» «Ils donnèrent pour se racheter 15.000 marcs.» Rad. de

Diceto, ap. Scr. fr. XIII, 204.--Rigordus, _Vita Phil. Aug._, ap. Scr.

fr. XVII. Philippe remit aux débiteurs des Juifs toutes leurs dettes, à

l'exception d'un cinquième qu'il se réserva. Voy. aussi la chronique de

Mailros, ap. Scr. fr. XIX, 250.

_Les hérétiques furent impitoyablement livrés à l'Église..._

Guillelmi Britonis Philippidos, I. I: «Dans tout son royaume il ne

permit pas de vivre à une seule personne qui contredît les lois de

l'Église, qui s'écartât d'un seul des points de la foi catholique, ou

qui niât les sacrements.»

99--page 306 et note 1--_Un messie paraît dans Anvers..._

Bulæus, _Historia Universit. Pariensis_, II, 98.--Per matronas et

mulierculas... errores suos spargere.»--«Veluti rex, stipatus

satellitibus, vexillum et gladium proferentibus... declamabat.» Epistol.

Trajectens. eccles. ap. Gieseler, II, IIe partie, p. 479.

100--page 306 et note 2--_En Bretagne, Éon de l'Étoile..._

Guill. Neubrig., 1. I: «Eudo, natione Brito, agnomen habens de Stella,

illiteratus et idiota... sermone gallico Eon;... eratque per diabolicas

præstigias potens ad capiendas simplicium animas... ecclesiarum maxime

ac monasterioirum infestator.» Voy. aussi Othon de Freysingen, c. LIV,

LV, Robert du Mont, Guibert de Nogent; Bulæus, 11, 241, D. Morice, p.

100, Roujoux, _Histoire des ducs de Bretagne_, t. II.

101--page 306--_Amaury de Chartres et David de Dinan_, etc...

Rigord., ibid., p. 375: «...Quod quilibet Christianus teneatur ceredere

se esse membrum Christi.»--Concil. Paris, ibid.: «Omnia unum, quia

quidquid est, est Deus, Deus visibilibus indutus instrumentis.--Filius

incarnatus, i.e. visibili formæ subjectus.--Filius usque nunc operatus

est, sed Spiritus sanctus ex hoc nune usque ad mundi consummationem

inchoat operari.»

102--page 307--_Aristote prend place presque au niveau de

Jésus-Christ..._

Averroès, ap. Gieseler, IIe partie, p. 378: «Aristoteles est exemplar,

quod natura invenit ad demonstrandam ultimam perfectionem humanam.»

Corneille Agrippa disait, au quatorzième siècle: «Aristoteles fuit

præcursor Christi in naturalibus; sicut Joannes Baptista... in

gratuitis.» Ibid.

103--page 314--_Les évêques de Maguelonne et de Montpellier faisaient

frapper des monnaies sarrasines..._

Epistola papæ Clementis IV, episc. Maglonensi, 1266; in Thes. novo

anecd., t. II, p. 403: «Sane de moneta Miliarensi quam in tua dioecesi

facis cudi miramur plurimum cujus hoc agis consilio... Quis enim

catholicus monetam debet cudere cum titulo Machometi?... Si

consuetudinem forsan allegas, in adulterino negotio te et prædecessores

tuos accusas.»--En 1268, saint Louis écrit à son frère Alfonse, comte de

Toulouse, pour lui faire reproche de ce que dans son comtal Venaissin,

on bat monnaie avec une inscription mahométane: «In cujus (monetæ)

superscriptione sil mentio de nomine perfidi Mahometi, et dicatur ibi

esse propheta Dei; quod est ad laudem et exaltationem ipsius, et

detestationem et contemptum fidei et nominis christiani: rogamus vos

qualinus ab hujusmodi opere faciatis cudentes cessare.»--Cette lettre,

selon Bonamy (ac. des Inscr., XXX, 725), se trouverait dans un registre

longtemps perdu, et restitué au Trésor des Chartes en 1748. Cependant ce

registre n'y existe point aujourd'hui, comme je m'en suis assuré.

104--page 315--_Le bourgeois paraissait dans les tournois..._

Dans les _Preuves de l'Histoire générale du Languedoc_, t. III, p. 607,

on trouve une attestation de plusieurs _Damoisels_ (Domicelli),

chevaliers, juristes, etc. «Quod usus et consuetudo sunt et fuerunt

longissimis temporibus observati, et tanto tempore quod in contrarium

memoria non existitit in senescallia Belliquadri et in Provincia, quod

Burgenses consueverunt a nobilibus et baronibus et etiam ab

archiepiscopis et episcopis, sine principis auctoritate et licentia,

impune cingulum militare assumere, et signa militaria habere et portare,

et gaudere privilegio militari.»--Chron. Languedoc, ap. D. Vaissète,

_Preuves de l'Histoire du Languedoc_: «Ensuite parla un autre baron

appelé Valats, et il dit au comte: «Seigneur, ton frère te donne un bon

conseil (le conseil d'épargner les Toulousains), et si tu me veux

croire, tu feras ainsi qu'il t'a dit et montré; car, seigneur, tu sais

bien que la plupart sont gentilshommes, et par honneur et noblesse, tu

ne dois pas faire ce que tu as délibéré.»

105--page 315--_Les cours d'Amour..._

Raynouard, _Poésies des troubadours_, II, p. 122. La cour d'Amour était

organisée sur le modèle des tribunaux du temps. Il en existait encore

une sous Charles VI, à la cour de France; on y distinguait des

auditeurs, des maîtres des requêtes, des conseillers, des substituts du

procureur général, etc., etc.; mais les femmes n'y siégeaient pas.

106--page 319--_Dans les récits de leurs ennemis, on impute aux

Albigeois des choses contradictoires_, etc...

Selon les uns, Dieu a créé; selon d'autres, c'est le Diable (Mansi ap.

Gieseler). Les uns veulent qu'on soit sauvé par les oeuvres (Ébrard), et

les autres par la foi (Pierre de Vaux-Cernay). Ceux-là prêchent un Dieu

matériel; ceux-ci pensent que Jésus-Christ n'est pas mort en effet, et

qu'on n'a crucifié qu'une ombre. D'autre part, ces novateurs disent

prêcher pour tous, et plusieurs d'entre eux excluent les femmes de la

béatitude éternelle (Ébrard). Ils prétendent simplifier la loi, et

prescrivent cent génuflexions par jour (Heribert). La chose dans

laquelle ils semblent s'accorder, c'est la haine du Dieu de l'Ancien

Testament. «Ce Dieu qui promet et qui ne tient pas, disent-ils, c'est un

jongleur. Moïse et Josué étaient des routiers à son service.»

«D'abord il faut savoir que les hérétiques reconnaissaient deux

créateurs: l'un, des choses invisibles, qu'ils appelaient le bon Dieu;

l'autre, du monde visible, qu'ils nommaient le Dieu méchant. Ils

attribuaient au premier le Nouveau Testament, et au second l'Ancien,

qu'ils rejetaient absolument, hors quelques passages transportés de

l'Ancien dans le Nouveau, et que leur respect pour ce dernier leur

faisait admettre.

«Ils disaient que l'auteur de l'Ancien Testament était un menteur, parce

qu'il est dit dans la Genèse: «En quelque jour que vous mangiez de

l'arbre de la science du bien et du mal, vous mourrez de mort»; et

pourtant, disaient-ils, après en avoir mangé, ils ne sont pas morts. Ils

le traitaient aussi d'homicide, pour avoir réduit en cendres ceux de

Sodome et de Gomorrhe, et détruit le monde par les eaux du déluge, pour

avoir enseveli sous la mer Pharaon et les Égyptiens. Ils croyaient

damnés tous les pères de l'Ancien Testament, et mettaient saint

Jean-Baptiste au nombre des grands démons. Ils disaient même entre eux

que ce Christ qui naquit dans la Bethléem terrestre et visible et fut

crucifié à Jérusalem, n'était qu'un faux Christ; que Marie-Madeleine

avait été sa concubine, et que c'était là cette femme surprise en

adultère dont il est parlé dans l'Évangile. Pour le Christ,

disaient-ils, jamais il ne mangea ni ne but, ni ne revêtit de corps

réel, et ne fut jamais en ce monde que spirituellement au corps de saint

Paul.

«D'autres hérétiques disaient qu'il n'y a qu'un créateur, mais qu'il eut

deux fils, le Christ et le Diable. Ceux-ci disaient que toutes les

créatures avaient été bonnes, mais que ces filles dont il est parlé dans

l'Apocalypse les avaient toutes corrompues.

«Tous ces infidèles, membres de l'Antéchrist, premiers-nés de Satan,

semence de péché, enfants de crime, à la langue hypocrite, séduisant par

des mensonges le coeur des simples, avaient infecté du venin de leur

perfidie toute la province de Narbonne. Ils disaient que l'Église

romaine n'était guère qu'une caverne de voleurs, et cette prostituée

dont parle l'Apocalypse. Ils annulaient les sacrements de l'Église à ce

point qu'ils enseignaient publiquement que l'onde du sacré baptême ne

diffère point de l'eau des fleuves, et que l'hostie du très saint corps

du Christ n'est rien de plus que le pain laïque; insinuant aux oreilles

des simples ce blasphème horrible, que le corps du Christ, fût-il aussi

grand que les Alpes, il serait depuis bien longtemps consommé et réduit

à rien par tous ceux qui en ont mangé. La confirmation, la confession

étaient choses vaines et frivoles; le saint mariage une prostitution, et

nul ne pouvait être sauvé dans cet état en engendrant fils et filles.

Niant aussi la résurrection de la chair, ils forgeaient je ne sais

quelles fables inouïes, disant que nos âmes sont ces esprits angéliques

qui, précipités du ciel pour leur présomptueuse apostasie, laissèrent

dans l'air leurs corps glorieux, et que ces âmes, après, avoir passé

successivement sur la terre par sept corps quelconque, retournent,

l'expiation ainsi terminée, reprendre leurs premiers corps.

«Il faut savoir en outre que quelques-uns de ces hérétiques s'appelaient

_Parfaits_ ou _Bons Hommes_; les autres s'appelaient les _Croyants_. Les

Parfaits portaient un habillement noir, feignaient de garder la

chasteté, repoussaient avec horreur l'usage des viandes, des oeufs, du

fromage; ils voulaient passer pour ne jamais mentir, tandis qu'ils

débitaient, sur Dieu principalement, un mensonge perpétuel; ils disaient

encore que pour aucune raison on ne devait jurer. On appelait Croyants

ceux qui, vivant dans le siècle, et sans chercher à imiter la vie des

Parfaits, espéraient pourtant être sauvés dans la foi de ceux-ci; ils

étaient divisés par le genre de vie, mais unis dans la foi et

l'infidélité. Les Croyants étaient livrés à l'usure; au brigandage, aux

homicides et aux plaisirs de la chair, aux parjures et à tous les vices.

En effet, ils péchaient avec toute sécurité et toute licence, parce

qu'ils croyaient que sans restitution du bien mal acquis, sans

confession ni pénitence, ils pouvaient se sauver, pourvu qu'à l'article

de la mort ils pussent dire un _Pater_, et recevoir de leurs maîtres

l'imposition des mains. Les hérétiques prenaient parmi les Parfaits des

magistrats qu'ils appelaient diacres et évêques; les Croyants pensaient

ne pouvoir se sauver s'ils ne recevaient d'eux en mourant l'imposition

des mains. S'ils imposaient les mains à un mourant, quelque criminel

qu'il fût, pourvu qu'il pût dire un _Pater_, ils le croyaient sauvé, et,

selon leur expression, consolé; sans faire aucune satisfaction et sans

autre remède, il devait s'envoler tout droit au ciel.

«..... Certains hérétiques disaient que nul ne pouvait pécher depuis le

nombril et plus bas. Ils traitent d'idolâtrie les images qui sont dans

les églises, et appelaient les cloches les trompettes du démon. Ils

disaient encore que ce n'était pas un plus grand péché de dormir avec sa

mère ou sa soeur qu'avec toute autre. Une de leurs plus grandes folies,

c'était de croire que si quelqu'un des Parfaits péchait mortellement en

mangeant, par exemple, tant soit peu de viande, ou de fromage, ou

d'oeufs, ou de toute autre chose défendue, tous ceux qu'il avait

consolés perdaient l'Esprit-Saint, et il fallait les reconsoler; et ceux

mêmes qui étaient sauvés, le péché du consolateur les faisait tomber du

ciel.

«Il y avait encore d'autres hérétiques appelés Vaudois, du nom d'un

certain Valdus, de Lyon. Ceux-ci étaient mauvais, mais bien moins

mauvais que les autres; car ils s'accordaient avec nous en beaucoup de

choses, et ne différaient que sur quelques-unes. Pour ne rien dire de la

plus grande partie de leurs infidélités, leur erreur consistait

principalement en quatre points: en ce qu'ils portaient des sandales à

la manière des apôtres; qu'ils disaient qu'il n'était permis en aucune

façon de jurer ou de tuer; et en cela surtout que le premier venu

d'entre eux pouvait au besoin, pourvu qu'il portât des sandales, et sans

avoir reçu les ordres de la main de l'évêque, consacrer le corps de

Jésus-Christ.

«Qu'il suffise de ce peu de mots sur les sectes des hérétiques.--Lorsque

quelqu'un se rend aux hérétiques, celui qui le reçoit lui dit: «Ami, si

tu veux être des nôtres, il faut que tu renonces à toute la foi que

tient l'Église de Rome. Il répond: J'y renonce.--Reçois donc des Bons

Hommes le Saint-Esprit. Et alors il lui souffle sept fois dans la

bouche. Il lui dit encore:--Renonces-tu à cette croix que le prêtre t'a

faite, au baptême, sur la poitrine, les épaules et la tête, avec l'huile

et le chrême?--J'y renonce.--Crois-tu que cette eau opère ton salut?--Je

ne le crois pas.--Renonces-tu à ce voile qu'à ton baptême le prêtre t'a

mis sur la tête?--J'y renonce. C'est ainsi qu'il reçoit le baptême des

hérétiques et renie celui de l'Église. Alors tous lui imposent les mains

sur la tête et lui donnent un baiser, le revêtent d'un vêtement noir, et

dès lors il est comme un d'entre eux.» Petrus Vall. Sarnaii, c. I, ap.

Scr. fr. XIX, 5, 7. Extrait d'un ancien registre de l'Inquisition de

Carcassonne. (_Preuves de l'Histoire du Languedoc_, III, 371.)

_Un Nicétas de Constantinople avait présidé comme pape_, etc...

Voy. Gieseler, II, P. 2e, p. 494-Sandii Nucleus hist. eccles., IV, 404:

«Veniens papa Nicetas nomine a Constantinopoli..»

_Un certain Ydros..._

Steph. de Borb., ap. Gieseler, II, P. 2e, 508.

107--page 321 et note 1--_Innocent III..._

«Fuit... matre Claricia, de nobilibus urbis, exercitatus in cantilena et

psalmodia, statura mediocris et decorus aspectu.» Gesta Innoc. III

(Baluze, fol{o}), I, p. 1, 2.--Erfurt Chronic. S. Petrin. (1215): «Nec

similem sui scientia, facundia, decretorum et legum peritia, strenuitate

judiciorum, nec adhuc visus est habere sequentem.»

108--page 324--_Les évêques devaient être nommés, déposés par le pape_,

etc...

Décretal. Greg., 1. II, til. 28, c. XI (Alex. III): «De appellationibus

pro causis minimis interpositis volumus te tenere, quod eis, pro

quacumque levi causa fiant, non minus est, quam si pro majoribus

fierent, deferendum.»

_Le pape défaisait les rois et faisait les saints..._

Decr. Greg., 1. III, tit, 45. c. I (Alex. III): «... Etiamsi per eum

miracula plurima fierent, non liceret vobis ipsum pro Sancto, absque

auctoritate romanæ ecclesiæ publice venerari.»--Conc. Lat. IV, c. LXII:

«Reliquias inventas de novo nemo publice venerari præsumat, nisi prius

auctoritate romani pontificis fuerint approbatæ.»--Innocent III en vint

à dire (l. II, ep. 209): «Dominus Petro non solum universam ecclesiam,

sed totum reliquit seculum gubernandum.»

109--page 329--_Zenghi et son fils Nurheddin, deux saints de

l'islamisme..._

Extraits des histor. arabes, par M. Keinaud (_Bibl. des Croisades_, III,

242): «Lorsque Noureddin priait dans le temple, ses sujets croyaient

voir un sanctuaire dans un autre sanctuaire.»--Il consacrait à la prière

un temps considérable, il se levait au milieu de la nuit, faisait son

ablution et priait jusqu'au jour.»-Dans une bataille, voyant les siens

plier, il se découvrit la tête, se prosterna et dit tout haut: «Mon

Seigneur et mon Dieu, mon souverain maître, je suis Mahmoud, ton

serviteur; ne l'abandonne pas. En prenant sa défense, c'est ta religion

que tu défends. Il ne cessa de s'humilier, de pleurer, de se rouler à

terre, jusqu'à ce que Dieu lui eût accordé la victoire.»--Il faisait

pénitence pour les désordres auxquels on se livrait dans son camp, se

revêtant d'un habit grossier, couchant sur la dure, s'abstenant de tout

plaisir, et écrivant de tous côtés aux gens pieux pour réclamer leurs

prières. Il bâtit beaucoup de mosquées, de khans, d'hôpitaux, etc.

Jamais il ne voulut lever de contributions sur les maisons des sophis,

des gens de loi, des lecteurs de l'Alcoran. «Son plaisir était de causer

avec les chefs des moines, les docteurs de la loi, les Oulamas; il les

embrassait, les faisait asseoir à ses côtés sur son sopha, et

l'entretien roulait sur quelque matière de religion. Aussi les dévots

accouraient auprès de lui des pays les plus éloignés. Ce fut au point

que les émirs en devinrent jaloux.»--Les historiens arabes, ainsi que

Guillaume de Tyr, le peignent comme très rusé.

_Les esprits forts ou philosophes furent poursuivis avec acharnement..._

_Bibliothèque des Croisades_, p. 370.--On accusait Kilig Arslan d'avoir

embrassé cette secte. Noureddin lui fit renouveler sa profession de foi

à l'islamisme. «Qu'à cela ne tienne, dit Kilig Arslan; je vois bien que

Noureddin en veut surtout aux mécréants.»

Page 330--_Nuhreddin était un légiste..._

Hist. des Atabeks, ibid. Il avait étudié le droit, suivant la doctrine

d'Abou-Hanifa, un des plus célèbres jurisconsultes musulmans; il disait

toujours: Nous sommes les ministres de la loi, notre devoir est d'en

maintenir l'exécution; et quand il avait quelque affaire, il plaidait

lui-même devant le cadi.--Le premier il institua une cour de justice,

défendit la torture, et y substitua la preuve testimoniale.--Saladin se

plaint dans une lettre à Noureddin de la douceur de ses lois. Cependant

il dit ailleurs: «Tout ce que nous avons appris en fait de justice,

c'est de lui que nous le tenons.»--Saladin lui-même employait son loisir

à rendre la justice; on le surnomma le _Restaurateur de la justice sur

la terre_.

Page 330--_Salaheddin_, etc...

La générosité de Saladin à l'égard des chrétiens est célébrée avec plus

d'éclat par les historiens latins, et principalement par le continuateur

de G. de Tyr, que par les historiens arabes: on trouve dans ceux-ci

quelques passages, obscurs à la vérité, mais qui indiquent que les

musulmans avaient vu avec peine les sentiments généreux du sultan.

Michaud, _Hist. des Croisades_, II, 346.

110--page 344--_En vain Simon de Montfort et plusieurs autres se

séparèrent des croisés..._

Histoire de France - Moyen Âge; (Vol. 2 / 10) · 第 39 / 42 段