Millin, II, 299. On y voyait le duc d'Urbin (le malheureux général du

roi René) et la duchesse d'Urbin montés sur des ânes; on y voyait une

âme que se disputaient deux diables; les chevaux _frux_ ou fringants, en

carton; le roi Hérode, la reine de Saba, le temple de Salomon, et

l'étoile des Mages au bout d'un bâton, ainsi que la Mort, l'_abbé de la

jeunesse_ couvert de poudre et de rubans, etc., etc.

27--page 56--_Ces hommes de la frontière, raisonneurs et intéressés..._

On trouve dans les habitudes de langage des Dauphinois des traces

singulières de leur vieil esprit processif. «Les propriétaires qui

jouissent de quelque aisance parlent le français d'une manière assez

intelligible, mais ils y mêlent souvent les termes de l'ancienne

pratique, que le barreau n'ose pas encore abandonner. Avant la

Révolution, quand les enfants avaient passé un an ou deux chez un

procureur, à mettre au net des exploits et des appointements, leur

éducation était faite, et ils retournaient à la charrue.»

(Champollion-Figeac, _Patois du Dauphiné_, p. 67.)

28--page 60--_Metz, Toul et Verdun..._

Sur les moeurs des habitants des Trois-Évêchés et de la Lorraine en

général, voyez le Mémoire manuscrit de M. Turgot, qui se trouve à la

bibliothèque publique de Metz: _Description exacte et fidèle du pays

Messin_, etc.--Les trois évêques étaient princes du Saint-Empire.--Le

comté de Créange et la baronnie de Fenestrange étaient deux

francs-alleus de l'Empire.

29--page 61--_On portail l'épée devant l'abbesse de Remiremont..._

Piganiol de la Force, XIII. Elle était pour moitié dans la justice de la

ville, et nommait, avec son chapitre, des députés aux états de

Lorraine.--La doyenne et la sacristaine disposaient chacune de quatre

cures. La _sonzier_, ou receveuse, partageait avec l'abbesse la justice

de Valdajoz (val-de-joux), consistant en dix-neuf villages; tous les

essaims d'abeilles qui s'y trouvaient lui appartenaient de droit.

L'abbaye avait un grand prévôt, un grand et un petit chancelier, un

grand _sonzier_, etc..

30--page 62--_Les légendes du Rhin..._

Un duc d'Alsace et de Lorraine, au septième siècle, souhaitait un fils;

il n'eut qu'une fille aveugle, et la fit exposer. Un fils lui vint plus

tard, qui ramena la fille au vieux duc, devenu farouche et triste,

solitairement retiré dans le château d'Hohenbourg. Il la repoussa

d'abord, puis se laissa fléchir, et fonda pour elle un monastère, qui

depuis s'appela de son nom, sainte Odile. On découvre de la hauteur

Baden et l'Allemagne. De toutes parts les rois y venaient en pèlerinage:

l'empereur Charles IV, Richard Coeur-de-Lion, un roi de Danemark, un roi

de Chypre, un pape... Ce monastère reçut la femme de Charlemagne et

celle de Charles-le-Gros.--À Winstein, au nord du Bas-Rhin, le diable

garde dans un château taillé dans le roc de précieux trésors.--Entre

Haguenau et Wissembourg, une flamme fantastique sort de la _fontaine de

la poix_ (Pechelbrunnen); cette flamme, c'est le _chasseur_, le fantôme

d'un ancien seigneur qui expie sa tyrannie, etc.--Le génie musical et

enfantin de l'Allemagne commence avec ses poétiques légendes. Les

ménétriers d'Alsace tenaient régulièrement leurs assemblées. Le sire de

Rapolstein s'intitulait le _Roi des Violons_. Les violons d'Alsace

dépendaient d'un seigneur, et devaient se présenter, ceux de la

Haute-Alsace à Rapolstein, ceux de la Basse à Bischwiller.

31--page 70--_Les Segusii lyonnais étaient une colonie d'Autun..._

_Gallia Christiana_, t. IV.--Dans un diplôme de l'an 1189,

Philippe-Auguste reconnaît que Lyon et Autun ont l'une sur l'autre,

quand l'un des sièges vient à vaquer, le droit de régale et

d'administration.--L'évêque d'Autun était de droit président des états

de Bourgogne.--On se rappelle les liaisons qui existaient entre saint

Léger, le fameux évêque d'Autun, et l'évêque de Lyon.

32--page 70--_En vain Autun déposa sa divinité..._

Inscription trouvée à Autun:

DEAE BIBRACTI

P. CAPRIL PACATUS

I II II I VIR AUGUSTA,

V. S. L. M.

MILLIN, I, 337.

_Et se fit de plus en plus romaine..._

Il semble que l'aristocratie se livra entièrement à Rome, tandis que le

parti druidique et populaire chercha à ressaisir l'indépendance. «Le

sage gouvernement d'Autun, dit Tacite, comprima la révolte des bandes

fanatiques de Maricus, Boïe de la lie du peuple, qui se donnait pour un

dieu et pour le libérateur des Gaules.» (_Annal_, I. II, c. LXI.) On a

vu, au Ier vol., la révolte de Sacrovir.--Enfin les Bagaudes saccagèrent

deux fois Autun. Alors furent fermées les écoles Moeniennes, que le Grec

Eumène rouvrit sous le patronage de Constance Chlore.--François Ier

visita Autun en 1521, et la nomma «sa Rome française». Autun avait été

appelée la soeur de Rome, selon Eumène, ap. Scr. fr. I, 712, 716, 717.

_Toutes les grandes guerres des Gaules_, etc....:

Elle fut presque ruinée par Aurélien, au temps de sa victoire sur

Tétricus, qui y faisait frapper ses médailles.-Saccagée par les

Allemands en 280, par les Bagaudes sous Dioclétien, par Attila en 451,

par les Sarrasins en 732, par les Normands en 886 et 895. En 924, on ne

put en éloigner les Hongrois qu'à prix d'argent. (_Histoire d'Autun_,

par Joseph de Rosny, 1802.)

33--page 71--_En Bourgogne les villes mettent des pampres dans leurs

armes..._

Un bas-relief de Dijon représente les triumvirs tenant chacun un

gobelet Ce trait est local.--La culture de la vigne, si ancienne dans

ce pays, a singulièrement influé sur le caractère de son histoire, en

multipliant la population dans les classes inférieures. Ce fut le

principal théâtre de la guerre des Bagaudes. En 1630, les vignerons se

révoltèrent sous la conduite d'un ancien soldat, qu'ils appelaient le

roi Mâchas.

_Pays de bons vivants_, etc....

La _Fête des Fous_ se célébra à Auxerre jusqu'en 1407.--Les chanoines

jouaient à la balle (_pelota_), jusqu'en 1538, dans la nef de la

cathédrale. Le dernier chanoine fournissait la balle, et la donnait au

doyen; la partie finie, venaient les danses et le banquet. (Millin, I.)

34--page 72--_L'aimable sentimentalité de la Bourgogne_, etc...

N'oublions pas non plus la pittoresque et mystique petite ville de

Paray-le-Monial, où naquit la dévotion du Sacré-Coeur, où mourut madame

de Chantal. Il y a certainement un souffle religieux sur le pays du

traducteur de la _Symbolique_ et de l'auteur de l'_Histoire de la

Liberté de conscience_, MM. Guigniaut et Dargaud.

35--page 74--_La coutume de Troyes déclare que_ «_le ventre anoblit_»...

Cette noblesse de mère se trouve ailleurs aussi en France, et même sous

la première race (Voy. Beaumanoir). Charles V (15 novembre 1370)

assujettit les nobles de mère au droit de franc fief. À la deuxième

rédaction de la Coutume de Chaumont, les nobles de pères réclament

contre; Louis XII ordonne que la chose reste en suspens.--La Coutume de

Troyes consacrait l'égalité de partage entre les enfants; de là

l'affaiblissement de la noblesse. Par exemple, Jean, sire de Dampierre,

vicomte de Troyes, décéda, laissant plusieurs enfants qui partagèrent

entre eux la vicomté. Par l'effet des partages successifs, Eustache de

Conflans en posséda un tiers, qu'il céda à un chapitre de moines. Le

second tiers fut divisé en quatre parts, et chaque part en douze lots,

lesquels se sont divisés entre diverses maisons et les domaines de la

ville et du roi.

36--page 76--_Les histoires allégoriques et satiriques de Renard et

Isengrin..._

L'esprit railleur du nord de la France éclate dans les fêtes populaires.

En Champagne et ailleurs, _roi de l'aumône_ (bourgeois élu: pour

délivrer deux prisonniers, etc.); _roi de l'éteuf_ (ou de la balle)

(Dupin, Deux-Sèvres); _roi des arbalétriers_ avec ses chevaliers

(Cambry, Oise, II); _roi des guétifs_ ou pauvres, encore en 1770

almanach d'Artois, 1770; _roi des rosiers_ ou des jardiniers,

aujourd'hui encore en Normandie, Champagne, Bourgogne, etc.--À Paris,

_fêtes des sous-diacres_ ou _diacres soûls_, qui faisaient un évêque des

fous, l'encensaient avec du cuir brûlé; on chantait des chansons

obscènes; on mangeait sur l'autel.--À Évreux, le 1er mai, le jour de

Saint-Vital, c'était la _fête des cornards_; on se couronnait de

feuillages, les prêtres mettaient leur surplis à l'envers, et se

jetaient les uns aux autres du son dans les yeux; les sonneurs lançaient

des _casse-museau_ (galettes).--À Beauvais, on promenait une fille et un

enfant sur un âne... à la messe, le refrain chanté en choeur était

_hihan!_-À Reims, les chanoines marchaient sur deux files, traînant

chacun un hareng, chacun marchant sur le hareng de l'autre...--À

Bouchain, fête du _prévôt des étourdis_; à Chalon-sur-Saône, des

_gaillardons_; à Paris, des _enfants sans-souci_, du _régiment de la

calotte_, et de la _confrérie de l'aloyau_.--À Dijon, procession de la

_mère folle_.--À Harfleur, au mardi gras, _fête de la scie_. (Dans les

armes du président Cossé-Brissac, il y avait une scie.) Les magistrats

baisent les dents de la scie. Deux masques portent le _bâton friseux_

(montants de la scie). Puis on porte le _bâton friseux_ à un époux qui

bat sa femme.--Dès le temps de la conquête de Guillaume existait

l'association de la _chevalerie d'Honfleur_.

37--page 81--_Plus on avance au nord dans cette grasse Flandre_, etc...

Voy. les _Coutumes du comté de Flandre_, traduites par Legrand, Cambrai.

1719, Ier vol. Coutume de Gand, p. 149, rub. 26: Niemandt en sal

bastaerdi wesen van de moeder: _Personne ne sera bâtard de la mère_;

mais ils succéderont à la mère avec les autres légitimes (non au père).

Ceci montre bien que ce n'est pas le motif religieux ou moral qui les

exclut de la succession du père, mais le doute de la paternité. Dans

cette Coutume, il y a communauté, partage égal dans les successions,

etc.

_La Flandre est une Lombardie prosaïque..._

Vous y retrouvez la prédilection pour le cygne, qui, selon Virgile,

était l'ornement du Mincius et des autres fleuves de Lombardie. Dès

l'entrée de l'ancienne Belgique, Amiens, la petite Venise, comme

l'appelait Louis XIV, nourrissait sur la Somme les cygnes du roi. En

Flandre, une foule d'auberges ont pour enseigne le cygne.

38--page 84 et note 1--_Cette frontière des races et des langues..._

La Marche, ou marquisat d'Anvers, créée par Othon II, fut donnée par

Henri IV au plus vaillant homme de l'Empire, à Godefroi de

Bouillon.--C'est au Sas de Gand qu'Othon fit creuser, en 980, un fossé

qui séparait l'Empire de la France. À Louvain, dit un voyageur, la

langue est germanique, les moeurs hollandaises et la cuisine

française.--Avec l'idiome germanique commencent les noms astronomiques

(_Al-ost, Ost-ende_); en France, comme chez toutes les nations

celtiques, les noms sont empruntés à la terre (Lille, _l'île_).

_Les hommes poussent vite, multiplient à étouffer..._

Avant l'émigration des tisserands, en Angleterre, vers 1382, il y avait

à Louvain cinquante mille tisserands. (Forster, I, 364.) À Ypres (sans

doute en y comprenant la banlieue), il y en avait deux cent mille en

1342.--En 1380, «ceux de Gand sortirent avec trois armées. (Oudegherst,

_Chronique de Flandre_, folio 301.)--Ce pays humide est dans plusieurs

parties aussi insalubre que fertile. Pour dire un homme blême, on

disait: «Il ressemble à la mort d'Ypres.»--Au reste, la Belgique a moins

souffert des inconvénients naturels de son territoire que des

révolutions politiques. Bruges a été tuée par la révolte de 1492; Gand,

par celle de 1540; Anvers, par le traité de 1648, qui fit la grandeur

d'Amsterdam en fermant l'Escaut.

39--page 90--_... dans les chefs-lieux des clans galliques, Bourges_,

etc...

Bourges était aussi un grand centre ecclésiastique. L'archevêque de

Bourges était patriarche, primat des Aquitaines, et métropolitain. Il

étendait sa juridiction comme patriarche sur les archevêques de Narbonne

et de Toulouse, comme primat sur ceux de Bordeaux et d'Auch

(métropolitain de la 2me et 3me Aquitaine); comme métropolitain, il

avait anciennement onze suffragants, les évêques de Clermont,

Saint-Flour, le Puy, Tulle, Limoges, Mende, Rodez, Vabres, Castres,

Cahors. Mais l'érection de l'évêché d'Albi en archevêché ne lui laissa

sous sa juridiction que les cinq premiers de ces sièges.

40--page 91--_La tour des Coucy..._

La tour de Coucy a cent soixante-douze pieds de haut, et trois cent cinq

de circonférence. Les murs ont jusqu'à trente-deux pieds d'épaisseur.

Mazarin fit sauter la muraille extérieure en 1652, et, le 18 septembre

1692, un tremblement de terre fendit la tour du haut en bas.--Un ancien

roman donne à l'un des ancêtres des Coucy neuf pieds de hauteur.

Enguerrand VII, qui combattit à Nicopolis, fit placer aux Célestins de

Soissons son portrait et celui de sa première femme, de grandeur

colossale.--Parmi les Coucy, citons seulement: Thomas de Marle, auteur

de la _Loi de Vervins_ (législation favorable aux vassaux), mort en

1130; Raoul Ier, le trouvère, l'amant, vrai ou prétendu, de Gabriel de

Vergy, mort à la croisade en 1191; Enguerrand VII, qui refusa l'épée de

connétable et la fit donner à Clisson, mort en 1397.--On a prétendu à

tort qu'Enguerrand III, en 1228, voulut s'emparer du trône pendant la

minorité de saint Louis. (_Art de vérifier les dates_, XII, 219, sqq.)

41--page 92 et note 3--_L'Artois..._

Arras est la patrie de l'abbé Prévost. Le Boulonnais a donné en un même

homme un grand poète et un grand critique, je parle de Sainte-Beuve.

42--page 103--_Le monde devait finir avec l'an 1000..._

Concil. Troslej., ann. 909 (Mansi, XVIII, p. 266): «Dum jamjamque

adventus imminet illius in majestate terribili, ubi omnes cum gregibus

suis venient pastores in conspectum pastoris æterni, etc.»--Trithemii

Chronic., ann. 960: «Diem jamjam imminere dicebat (Bernhardus, eremita

Thuringiæ) extremum, et mundum in brevi consummandum.»--Abbas

Floriacensis, ann. 990 (Gallandius, XIV, 141): «De fine mundi coram

populo sermonem in ecclesia Parisiorum audivi, quod statim finito mille

annorum numero Ante-christus adveniret, et non longo post tempore

universale judicium succederet.»--Will. Godelli chronic., ap. Scr. fr.

X, 262: «Ann. Domini MX, in multis locis per orbem tali rumore audito,

timor et moeror corda plurimorum occupavit, et suspicati sunt multi

finem sæculi adesse.»--Rad. Glaber, l. IV, ibid. 49: «Æstimabatur enim

ordo temporum et elementorum præterita ab initio moderans secula in

chaos decidisse perpetuum, atque humani generis interitum.»

43--page 104--_Le diable lui disait_: «_Tu es damné!_»...

Raoul Glaber, I. V, c. I: «Astitit mihi ex parte pedum lectuli forma

homunculi teterrimæ speciei. Erat enim statura mediocris, collo gracili,

facie macilenta, oculis nigerrimis, fronte rugosa et contracta,

depressis naribus, os exporrectum, labellis tumentibus, mento subtracto

ac perangusto, barba caprina, aures hirtas et præacutas, capillis

stantibus et incompositis, dentibus caninis, occipitio acuto, pectore

tumido, dorso gibbato, clunibus agitantibus, vestibus sordidis, conatu

æstuans, ac toto corpore præceps; arripiensque summitatem strati in quo

cubabam, totum terribiliter concussit lectum.....»

44--page 105--_Calamités qui précèdent l'an 1000..._

Translatio S. Genulfi, ap. Scr. fr. X, 361.--Chronic. Ademari Cabannens,

ibid. 147.

Page 106--_Plusieurs tirant de la craie du fond de la terre_, etc...

Chronic. Virdunense, ap. Scr. fr. X, 209. On sait que les sauvages de

l'Amérique du Sud et les nègres de Guinée mangent habituellement de la

glaise ou de l'argile pendant une partie de l'année. On la vend frite

sur les marchés de Java.--Alex. de Humboldt, _Tableaux de la Nature_,

trad. par Eyriès (1808), I, 200.

45--page 107--_La paix ou la trêve de Dieu..._

Glaber, l. V, c. 1: «On vit bientôt aussi les peuples d'Aquitaine et

toutes les provinces des Gaules, à leur exemple, cédant à la crainte ou

à l'amour du Seigneur, adopter successivement une mesure qui leur était

inspirée par la grâce divine. On ordonna que, depuis le mercredi soir

jusqu'au matin du lundi suivant, personne n'eût la témérité de rien

enlever par la violence, ou de satisfaire quelque vengeance

particulière, ou même d'exiger caution; que celui qui oserait violer ce

décret public payerait cet attentat de sa vie, ou serait banni de son

pays et de la société des chrétiens. Tout le monde convint aussi de

donner à cette loi le nom de _treugue_ (trêve) _de Dieu_.»

46--page 113--_Capet..._

Quelques-uns ont cru que le mot de Capet était une injure, et venait de

_Capito_, grosse tête. On sait que la grosseur de la tête est souvent un

signe d'imbécillité. Une chronique appelle _Capet_ Charles-le-Simple

(Karolus Stultus vel Capet. Chron. saint Florent., ap. Scr. fr. IX,

55).--Mais il est évident que Capet: est pris pour _Chapet_, ou

_Cappatus_.--Plusieurs chroniques françaises, écrites longtemps après,

ont traduit _Hue Chapet_ ou _Chappet_. (Scr. fr. X, 293, 303,

313.)--Chronic. S. Medard. Suess., ibid. IX, 56: Hugo, cognominatus

_Chapet_. Voy. aussi Richard de Poitiers, ibid. 24, et Chronic.

Andegav., X, 272, etc. Alberic. Tr.-Font. IX, 286: Hugo _Cappatus_, et

plus loin: _Cappet_.--Guill. Nang.: IX, 82: Hugo _Capucii_.--Chron.

Sith., VII, 269.--Chron. Strozz. X, 273: Hugo _Caputius_.--Cette

dernière chronique ajoute que le fils d'Hugues, le pieux Robert,

chantait les vêpres revêtu d'une chape.--L'ancien étendard des rois de

France était la chape de saint Martin; c'est de là, dit le moine de

Saint-Gall, qu'ils avaient donné à leur oratoire le nom de _Chapelle_:

«Capella, quo nomine Francorum reges propter cappam S. Martini quam

secum ob sui tuitionem et hostium oppressionem jugiter ad bella

portabant, Sancta sua appellare solebant.» (L. I, c. IV.)

47--page 114--_La lettre où Gerbert appelle tous les princes au nom de

la cité sainte..._

Gerberti epist. 107, ap. Scr. fr. X, 426: «Ea quæ est Hierosolymis,

universali Ecclesiæ sceptris regnorum imperanti: «Cum bene vigeas,

immaculata sponsa Domini, cujus membrum esse me fateor, spes mihi maxima

per te caput attollendi jam pene attritum. An quicquam diffiderem de te,

rerum domina, si me recognoscis tuam? Quisquamne tuorum famosam cladem

illatam mihi putare debebit ad se minime pertinere utque rerum infima

abhorrere? Et quamvis nunc dejecta, tamen habuit me orbis terrarum

optimam sui partem: penes me Prophetarum oracula, Patriarcharum

insignia; hinc clara mundi lumina prodierunt Apostoli; hinc Christi

fidem repetit orbis terrarum, apud me redemptorem suum invenit. Etenim

quamvis ubique sit divinitate, tamen hic humanitate natus, passus,

sepultus, hinc ad coelos elatus. Sed cum Propheta dixerit: «Erit

sepulchrum ejus gloriosum», paganis loca cuncta subvertentibus, tentat

Diabolus reddere inglorium. Enitere ergo, miles Christi, esto signifer

et compugnator, et quod armis nequis, consilii et opum auxilio subveni.

Quid est quod das, aut cui das? Nempe ex multo modicum, et ei qui omne

quod habes gratis dedit, nec tamen gratis recipit; et hic eum

multiplicat et in futuro rémunerat; per me benedicit tibi, ut largiendo

crescas; et peccata relaxat, ut secum regnando vivas.»--«Les Pisans

partirent sur cette lettre, et massacrèrent, dit-on, un nombre

prodigieux d'infidèles en Afrique.» (Scr. fr. X, 426.)

_Ce Gerbert n'était pas moins qu'un magicien..._

Guill. Malmsbur., I. II, ap. Scr. fr. X, 243: «Non absurdum, si lilteris

mandemus quæ per omnium ora volitant.....Divinationibus et

incantationibus more gentis familiari studentes ad Saracenos Gerbertus

perveniens, desiderio satisfecit..... Ibi quid cantus et volatus avium

portendit, didicil; ibi excire tenues ex inferno figuras.... Per

incantationes Diabolo accersito, perpetuum paciscitur hominium.»--Fr.

Andreæ chronic, ibid. 289: «A quibusdam etiam nigromancia arguitur.....

a Diabolo enim percussus dicitur obiisse.»--Chronic. reg. Francorum,

ibid., 301..... «Gerbertum monachum philosophum, quin potius

nigromanticum.»

48--page 117--_Les traditions romanesques du moyen âge_, etc...

Dans le panégyrique allemand d'Hannon, archevêque de Cologne, César,

exécutant les ordres du Sénat, envahit la Germanie, bat les Souabes, les

Bavarois, les Saxons, anciens soldats d'Alexandre. Il rencontre enfin

les Francs, descendus comme lui des Troyens, les gagne, les ramène en

Italie, chasse de Rome Caton et Pompée, et fonde la monarchie barbare.

(Schilter, t. I.)

49--page 118--_Une reine qui a un pied d'oie..._

P. Damiani epist., t. II, ap. Scr. fr. X, 492: «Ex qua suscepit filium,

anserinum per omnia collum et caput habentem. Quos etiam, virum scilicet

et uxorem, omnes fere Galliarum episcopi communi simul excommunicavere

sententia. Cujus sacerdotalis edicti tantus omnem undique populum terror

invasit, ut ab ejus universi societate recederent, etc.»--Voy. la

Dissertation de Bullet sur la reine _Pédauque_ (pied-d'oie).

50--page 120--_Constance, fille du comte de Toulouse_, etc...

Fragment historique, ap. Scr. fr. X, 211.--Will. Godellus, ibid. 262.

«Cognomento, ob suæ pulchritudinis immensitatem, Candidam.» (Rad.

Glaber, 1. III, c II.)--Guillaume Taille-Fer l'avait eue d'Arsinde,

fille de Geoffroi Grise-Gonelle, comte d'Anjou, et soeur de Foulques.

_Hugues de Beauvais fut tué impunément sous les yeux du roi Robert..._

Rad. Glaber, l. III, c. II: «Missi a Fulcone.... Hugonem ante regem

trucidaverunt. Ipse vero rex, licet aliquanto tempore tali facto tristis

effectus, postea tamen, ut decebat, concors reginæ fuit.»

51--page 131--_Ces prêtres imposent des pénitences avec la masse

d'armes_, etc...

Voy. un chant suisse inséré dans le _Des Knaben Wunderhorn_.--V. aussi

_Actes du concile de Vernon_, en 845, article 8. (Baluze, II,

17.)--Dithmar. chron., l. II, 34: «Un évêque de Ratisbonne accompagna

les princes de Bavière dans une guerre contre les Hongrois. Il y perdit

une oreille et fut laissé parmi les morts. Un Hongrois voulut

l'achever. «Tunc ipse confortatus in Domino post longum mutui agonis

luctamen victor hostem prostravit; et inter multas itineris asperitates

incolumis notos pervenit ad fines. Inde gaudium gregi suo exoritur, et

omni Christum cognoscenti. Excipitur ab omnibus miles bonus in clero, et

servatur optimus pastor in populo, et fuit ejusdem mutilatio non ad

dedecus sed ad honorem magis.»--Gieseler, Kirchengeschichte, t. II, p.

197.

52--page 132--_Il ne manquait à ces vaillants prêtres_, etc...

Nicol. a Clemangis, de præsul., simon., p. 165: «Denique laïci usque

adeo persuasum habent nullos cælibes esse, ut in plerisque parochiis non

aliter velint presbyterum tolerare, nisi concubinam habeat, quo vel sic

suis sit consultum uxoribus, quæ nec sic quidem usquequaqué sunt extra

periculum.--Voy. aussi Muratori, VI, 335. On avait déclaré que les

enfants nés d'an prêtre et d'une femme libre seraient serfs de l'Église;

ils ne pouvaient être admis dans le clergé, ni hériter selon la loi

civile, ni être entendus comme témoins. (Schroeckh, Kirchengeschichte,

p. 22, ap. Voigt, Hildebrand, als Papst Gregorius der siebente, und sein

Zeitalter, 1815.)

Rex immortalis! quam longo tempore talis

Mundit risus erunt, quos presbyteri genuerunt?

Carmen pro nothis, ap. Scr. fr. XI, 444.

Page 132 et note 2--_Les prêtres mariés au moyen âge..._

D. Lobineau, 110. D. Morice, Preuves, I, 463, 542.--Il en était de même

en Normandie, d'après les biographes des bienheureux Bernard de Tiron et

Harduin, abbé du Bec. «Per totam Normanniam hoc erat ut presbyteri

publice uxores ducerent, filios ac filias procrearent, quibus

hereditatis jure ecclesias relinquerent et filias suas nuptui traductas,

si alia deesset possessio, ecclesiam dabant in dotem.»

53--page 133--_Les cloîtres se peuplaient de fils de serfs..._

Le clergé de Laon reprocha un jour à son évêque d'avoir dit au roi:

«Clericos non esse reverendos, quia pene omnes ex regia forent servitute

progeniti.» (Guibertus Novigentinus, de _Vita sua_, l. III, c.

VIII.)--Voy. plus haut comment l'Église se recrutait sous Charlemagne et

Louis-le-Débonnaire. L'archevêque de Reims, Ebbon, était fils d'un

serf.--Voy. un passage de Thégan, _App. 162_, au 1er volume.

54--p. 137--_L'adultère et la simonie du roi de France..._

Histoire de France - Moyen Âge; (Vol. 2 / 10) · 第 36 / 42 段