II

Il ne fait pas vilain du tout pour une première chasse. Ce ciel gris,

avec son soleil d'argent, et puis ce temps froid, à peine humide, tout

me laisse croire que la voie sera bonne, le cerf léger, les chiens

alertes. Je suis très satisfait. Pourquoi seulement faut-il que mon amie

soupire ainsi et se lamente?

«--Emmène-moi, gémit-elle. Que ferai-je ici, toute seule?

--Viens à la chasse en voiture.

--Mais non, j'y veux aller à cheval. La belle distraction que de prendre

un cerf en voiture! On ne peut passer nulle part, on s'énerve... C'est à

cheval, à cheval que je serais si contente de te suivre... Je t'en prie,

je t'en supplie...

--Voyons, ma chérie, le médecin te l'a défendu. Et puis tu ne montes pas

très bien, tu le sais, et Fadette est vive...»

Allons, bon! la voilà qui pleure. Je ne peux plus résister, moi,

j'aurais l'air d'un tyran; je cède, et d'une voix résignée:

«--Eh bien! je vais te faire seller Fadette. Advienne que pourra.»

Mon amie alors, ayant changé de visage, me répond avec netteté:

«--Ecoute, je consens à t'accompagner à cheval, mais sous la condition

formelle...»

Je l'ai embrassée, que voulez-vous!

Au pays de Sylvie · 第 18 / 40 题