Ou le Génie des Roses.
Au commencement de cette petite scène, qui tenait de la féerie, on
apercevait sur une table placée au milieu de ma scène, un vase étrusque
orné de pierreries, d’un travail et d’un goût exquis. Il était surmonté
de branches et de feuilles de rosier.
Je priais une dame de choisir une carte dans un jeu et de l’enfermer
dans une petite boîte que je lui présentais. Aussitôt la carte sortait
de la boîte, revenait entre mes mains et se trouvait remplacée par un
charmant canari.
J’enfermais ce petit oiseau dans une cage.
--Mesdames, disais-je ensuite, ce serin est tellement obéissant, que
lorsque je vais lui en donner l’ordre, il sortira à travers les barreaux
de sa cage pour aller se percher sur le bouquet qui couronne ce vase.
Afin de le mieux attirer, je vais faire pousser des fleurs sur ce
feuillage.
J’étendais alors ma baguette sur le rosier et l’on voyait apparaître de
petits boutons qui grossissaient à vue d’œil, s’épanouissaient
insensiblement, et devenaient de magnifiques roses.
Ce prestige ne s’était pas plus tôt accompli, que le serin disparaissait
de la cage et se montrait sur le sommet du rosier en gazouillant de
toute la force de son gosier.
Là, selon le désir des spectateurs, il chantait tel air qu’on lui
désignait. Lorsque chacun avait entendu le morceau de son choix, le
musicien s’envolait, et rentrait dans la coulisse.
Pour terminer cette charmante scène, le vase s’ouvrait en plusieurs
parties, formait un élégant kiosque dans lequel un Indien exécutait,
avec la plus rare perfection, sur une corde raide, des danses
acrobatiques.
[Illustration]