Parmi les modifications que j’avais apportées aux séances des
prestidigitateurs qui m’avaient précédé, j’ai signalé, dans le cours de
cet ouvrage, le genre de cadeaux que j’offrais au public comme souvenir
de mes séances.
Comte et ses émules faisaient des distributions de jouets d’enfants et
de sucreries qui se trouvaient invariablement dans un chapeau. Je pensai
qu’il était peu convenable d’offrir des éventails, des fleurs et des
bonbons, en les faisant sortir d’une source qui n’était pas toujours
d’une propreté irréprochable, et pour obvier à cet inconvénient,
j’inventai la corne d’abondance.
Je présentais au public une sorte de grand cornet qui s’ouvrait en deux
parties, afin qu’on pût mieux en visiter l’intérieur, puis dès qu’il
était refermé, j’en retirais des bonbons et des fleurs.
C’est aussi de ce cornet que je faisais sortir des journaux comiques,
des albums, des quadrilles illustrés, etc.
Je m’étais exercé à lancer ces différents objets avec une sûreté de
direction telle qu’ils arrivaient immanquablement aux personnes même les
plus éloignées de ma scène.
Cette distribution, ainsi que celle de la bouteille inépuisable,
produisait dans la salle une animation des plus plaisantes. C’était à
qui posséderait un de ces cadeaux, et l’on m’adressait de tous côtés des
supplications télégraphiques auxquelles je me faisais un devoir de
répondre.