Voyez ce charmant petit automate; à l’appel de son maître il vient sur
le seuil de sa porte, et, fournisseur aussi poli que pâtissier habile,
il salue et attend les commandes de sa clientèle. Des brioches chaudes
et sortant du four, des gâteaux de toute espèces, des sirops, des
liqueurs, des glaces, etc., sont aussitôt apportés par lui que commandés
par les spectateurs, et quand il a satisfait à toutes les demandes, il
aide son maître dans ses tours d’escamotage.
Une dame, par exemple, a-t-elle mis secrètement sa bague dans une petite
boîte qu’elle ferme à clé et qu’elle garde entre ses mains? à l’instant
même le pâtissier lui apporte une brioche dans laquelle se trouve la
bague qui vient de disparaître de la boîte.
Voici une autre preuve de son intelligence.
Une pièce d’or lui est remise dans une petite corbeille par un
spectateur, qui lui dit ce qu’il doit prendre sur cette pièce en francs
et centimes. Il s’enferme chez lui, et quelque compliqué que soit son
compte, il fait son calcul et rapporte en monnaie le reste de la somme.
Enfin une loterie comique est tirée, et c’est encore le pâtissier qui
est chargé de la distribution des lots.
Aussi intéressante par sa complication que par la gaîté qu’elle
apportait parmi les spectateurs, cette pièce était la mieux goûtée de
mes expériences et terminait toujours brillamment ma séance.
Le pâtissier du Palais-Royal a été représenté pour la première fois à
l’ouverture de mon théâtre.
[Illustration]