LA PENDULE AÉRIENNE.

Parmi les expériences que je présentai au public en 1847, ma pendule fut

une de celles qui produisirent le plus d’effet, et même maintenant que

l’on suppose à tort ou à raison que l’électricité y joue un certain

rôle, on ne peut se dispenser de l’admirer.

Il y a certains spectateurs qui vont aux séances de prestidigitation,

moins pour jouir des illusions que pour faire parade d’une perspicacité

très souvent douteuse. Pour ceux-là, l’expérience de la _Pendule

aérienne_ est vite expliquée: c’est de l’électricité. C’est plutôt fait.

Mais pour l’observateur consciencieux, pour le savant, pour le

connaisseur enfin, il est très difficile de se prononcer sur ce sujet,

parce qu’ils savent que pour qu’un effet électro-magnétique se produise,

il ne suffit pas d’un courant électrique, il faut encore des appareils

matériels qui représentent un certain volume. Ainsi dans le télégraphe

même le plus simple, ce sont des roues dentées, un électro-aimant, une

palette, des leviers, des supports, etc.

Dans ma _pendule aérienne_ on ne voyait rien de tout cela; il n’y avait

qu’un cadran de cristal transparent, au milieu duquel était une

aiguille.

Ce cadran était suspendu par de légers cordons et complétement isolé, ce

qui n’empêchait pas que l’aiguille tournait à droite et à gauche,

s’arrêtait ou reprenait sa marche à la volonté des spectateurs.

Un timbre également en cristal, suspendu en dessous, sonnait l’heure que

marquait la pendule, ou bien encore celle qu’on lui désignait. Ces

objets, avant et après l’expérience, étaient présentés au public pour

être examinés.

Pour terminer, je remettais à un spectateur un cordon auquel tenait le

crochet; il y suspendait le timbre et le faisait sonner à son

commandement.

[Illustration]

Confidences et Révélations: Comment on devient sorcier · 第 72 / 104 题