Il y a quelques années, l'industrie allemande imagina d'utiliser la
levure pour la nourriture des chevaux, des vaches, des porcs et de la
volaille. Mais ce débouché n'a point paru suffisamment rémunérateur, et
l'on cherche à introduire dans l'alimentation humaine de la levure
convenablement purifiée. La chose a une grande importance pour les
brasseurs allemands. Ces industriels, en effet, emploient une partie
minime de la levure qu'ils produisent; ils disposent annuellement d'un
excédent de 70.000 tonnes.
La boulangerie n'utilisant plus qu'une levure spéciale, on a d'abord
préparé avec les levures de brasserie des extraits destinés à remplacer
les extraits de viande. Ce nouvel aliment ayant eu peu de succès auprès
des estomacs teutons, on s'est borné à faire sécher la levure et à
obtenir ainsi une nourriture pour le bétail aisément transportable.
Cette nouvelle industrie est déjà prospère: on compte 26 usines de
séchage de levure, et le prix de la levure sèche a passé de 22 francs à
29 francs le quintal.
Les chimistes veulent faire encore mieux. En débarrassant la levure
sèche des principes amers de la bière, ils obtiennent un aliment facile
à assimiler, représentant, disent-ils, la valeur de plus de trois fois
son poids de viande de boeuf, et dont le prix atteint 6 fr. 20 le kilo.
Le TRAVAIL D'UN FAUCHEUR.
Un bon faucheur peut mener un train de coupe large de 1 m. 80 à 2 m. 20
sur une profondeur de coutelée qui est de 0 m. 20 environ. Chaque coup
de faux rase donc une surface de 2,20 X 0,20 = 40 décimètres carrés.
L'ouvrier donne en moyenne 25 coups de faux à la minute. Si l'on fait
abstraction de toutes les pertes de temps, aiguisage et battage de la
faux, retours et reprises du train de coupe, repas, arrêts divers, etc.,
il ne reste guère que six heures de travail effectif. Pour ces six
heures un bon faucheur peut abattre Om. q. 40 X 25 X 60 X 6 = 36 ares.