La Russie vient d'acquitter une vieille dette de reconnaissance en
élevant, à Samarcande, un monument au général Annenkof, créateur du
chemin de fer transcaspien, mis en service en 1887, et promoteur du
Transsibérien.
[Illustration: Le monument du général Annenkof à Samarcande.--_Phot.
Guikitine._]
Ce monument, assez simple, comme on le voit sur la photographie ici
reproduite, perpétuera le souvenir de l'un des hommes les plus
énergiques et les plus audacieux qu'ait enfantés la Russie: celui qui
lança sur l'Amou-Daria, l'antique Oxus, pour le passage du rail, un
simple pont de bois de 3 kilomètres et demi, était certes d'âme hardie.
L'inauguration du monument a eu lieu le 3 novembre dernier (21 octobre
vieux style). Elle a revêtu un caractère de grande solennité.
L'empereur Nicolas y était représenté par l'un de ses aides de camp, le
général prince Vassiltchikof, qui, au nom de son souverain, déposa au
pied du monument une superbe couronne en argent. Le général Samsonof,
gouverneur général du Turkestan, présidait la cérémonie, à laquelle
assistaient Mlles Annenkof, les deux filles du général, et le vicomte de
Vogué, son neveu, fils du vicomte Eugène-Melchior de Vogué, de
l'Académie française, lequel avait épousé une soeur du général Annenkof.
Les splendides costumes du représentant de l'émir de Boukhara et des
hauts dignitaires de sa suite donnaient, sous le soleil éclatant, une
note de brillant pittoresque. Et la chute du voile qui recouvrait la
statue fut le signal d'un impressionnant défilé des troupes, sous les
ordres du représentant du tsar.