_Résumé des dépenses de Richard Blewitt, Esq., pendant l’année 18..,
d’après les notes, reçus, lettres et autres papiers trouvés dans ses
poches ou dans ses tiroirs._
Intérêt de diverses dettes contractées à Oxford F. 4,300
Loyer 1,600
Gages de M. son groom 600
Pension de notre cheval 1,750
_Item_ d’une certaine dame, qui trompe monsieur
comme si elle avait affaire à un honnête homme 6,000
Argent de poche, environ 2,500
Mangeaille, marchand de vin, tailleur, etc., environ 5,000
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Total 21,750
En fait de revenu, Richard Blewitt ne possédait qu’une rente d’environ
cinq mille francs que lui faisait son honnête homme de père; mais nous
savons qu’un gentleman adroit, qui n’est pas trop fier pour fréquenter
les jockeys et les tripots, ne doit jamais se trouver embarrassé pour
gagner ses quinze ou vingt mille francs par an.
Mon maître, qui voyait une meilleure société que son collègue, dépensait
naturellement beaucoup plus et payait beaucoup moins. Les fournisseurs
étaient trop heureux de faire crédit au fils d’un pair du royaume. Les
boutiquiers anglais savent honorer l’aristocratie, et sont toujours
prêts à se mettre à genoux devant un lord[5]. Ils respectent jusqu’à la
livrée d’un grand seigneur.--Je parle ici, bien entendu, de la livrée
proprement dite, et non de celle que le grand seigneur endosse parfois
lui-même en acceptant quelque fonction bien rétribuée. Grâce au prestige
de son nom, l’Honorable Percy Cinqpoints n’a pas payé un sou à qui que
ce soit, du moins à ma connaissance, durant son séjour à Londres. Aussi,
le total de ses dettes formait-il un chiffre assez rond, ainsi que le
démontre le second document annoncé.
[5] En Angleterre, les boutiquiers n’ont pas le monopole de cette
adoration. Assez récemment on a vu un membre du parlement dire, dans
un petit _speech_ adressé à un colonel de cavalerie qui a servi en
Crimée: «Quoique pair d’Angleterre, vous n’avez pas hésité à obéir à
vos chefs.» Il est clair qu’aux yeux roturiers de l’orateur, un pair
d’Angleterre est un être supérieur au commun des mortels et que s’il
daigne accepter la paye d’un colonel et remplir les devoirs de
l’emploi, il a bien mérité de la patrie.
(_Note du traducteur._)