Étais-je sérieusement résolu à me tuer? Le seul fait de me poser cette
question quatre ans après implique bien un peu la réponse. Et cependant
je suis sûr d'avoir été sincère, au moins pendant quelques heures. Mon
imagination m'avait montré la vie sous des couleurs telles, que je
m'évadais vers la mort comme vers la délivrance. Et puis, en me séparant
pour toujours de Thérèse, mon projet de suicide avait encore cet
avantage de me rapprocher peut-être d'elle pour une minute, puisqu'il
fournissait le prétexte à un dernier rendez-vous. Dès lors les images
funèbres s'écartaient, s'attendrissaient tout au moins. L'amour et la
mort se jouaient autour de moi, s'enlaçaient en de nobles attitudes.
Après être venue chez moi, après m'avoir accompagné au seuil du mystère,
comment Thérèse pourrait-elle se refuser à la violence de ma passion?
Les transports du désespoir finiraient d'eux-mêmes en transports de
bonheur; les bras noués par l'adieu s'étreindraient pour une caresse
suprême.
Grâce à cette perspective, je pouvais, affranchi de la peur, de cette
peur brutale qui vide le coeur et paralyse la pensée, me livrer sans
trop d'angoisse à mes préparatifs de mort. Les heures passaient, les
dernières, et il me semblait, à mesure que se rapprochait l'échéance,
que mon humanité s'allégeait, qu'elle flottait déjà au bord de
l'inconnu. Mes impressions étaient d'une acuité singulière. Des
souvenirs me traversaient, lucides et brefs à la façon de ces paysages
qui jaillissent brusquement dans la flambée d'un éclair. C'était une
couleur de ciel, une odeur de saison: des lambeaux de vie incohérents et
intenses. Et à chacun des morceaux de ce moi disparu, j'envoyais le
salut de celui qui les résumait, de l'unité passagère qui allait
disparaître, s'évanouir volontairement à son tour.
Les heures passaient; la dorure triomphale du couchant s'était éteinte
aux carreaux de la chambre que gagnait insensiblement le doute du
crépuscule.
L'ombre secourable enveloppait d'un voile la réalité méchante du flacon
préparé pour l'acte suprême, un flacon de laudanum à étiquette rouge,
couleur de nuit et couleur de sang. Accessoire de théâtre pour une scène
à jouer ou véritable engin de mort, qui sait? La minute finale ne
s'offrait encore à moi que par échappées et, aussitôt entrevue, précisée
à peine, je détournais la tête, décidé à ne pas la regarder en face.
J'eus même une hésitation à allumer la lampe; il me semblait que la
lumière allait se faire en moi du même coup, illuminant ce que je ne
voulais pas voir, dessinant dans leur relief les attitudes du meurtre,
de l'agonie. Mais Thérèse allait venir sans doute, et j'étais avide de
sa figure à peine entrevue et si mal, depuis un mois, dans nos brèves
rencontres. Pour lui faciliter l'accès de la maison, pour assurer le
secret de sa visite, j'entr'ouvris la porte du jardin, je fermai les
volets.
Et ce furent, oh! combien longues, combien fiévreuses, les minutes de
l'attente. J'avais des intervalles de prostration où je m'étendais sur
le divan, la figure écrasée aux coussins, et des élans d'impatience qui
me jetaient au jardin, au seuil de la porte. Là, penché vers la descente
de la rue, je scrutais longuement l'obscurité. Des roulements de fiacre
montaient, approchaient quelquefois, puis décroissaient dans un vague
lointain, ou bien c'était la rentrée à pas lents, essoufflés, d'un
voisin, d'une voisine, qui refermaient leur porte. Je rentrais alors,
moi aussi, je consultais ma montre. Cinq heures et demie; six heures
moins un quart. Six heures! C'est fini! elle ne viendra pas, me
disais-je. J'écoutais de nouveau malgré moi. Mes nerfs trop tendus
grossissaient, dénaturaient les bruits; le craquement d'un meuble à côté
de moi, le coup de lime d'un insecte dans le bois de la table, c'était
la porte de la rue qui s'ouvrait, c'était quelqu'un qui marchait dans le
jardin.
--André? André?
C'était Thérèse, cette fois. Je me jetai à sa rencontre. Elle me
repoussa doucement, mais pour chercher aussitôt de la main l'appui du
mur, le secours de la table.
--Thérèse! l'implorai-je en m'agenouillant devant elle.
Elle se recula, inquiète, regarda autour d'elle. Un manteau
l'empaquetait, l'épais grillage d'une voilette masquait son visage. Ses
yeux seuls parlaient au travers. Muette et raidie, elle observait
furtivement, inspectait le mobilier, jusqu'à ce qu'elle eût aperçu la
fiole de laudanum sur la cheminée. Elle s'en empara vivement, la brisa
sur la pierre de l'âtre. Et aussitôt ses forces l'abandonnèrent; elle se
laissa tomber dans un fauteuil. Ses mains tremblaient; des sanglots
étouffés soulevaient sa poitrine. Ils éclatèrent enfin. Je ne savais
comment la calmer. Elle me fit signe de ne pas intervenir.
Et quand la crise fut un peu apaisée:
--Promettez-moi que c'est fini, me dit-elle; jurez-moi de ne pas
recommencer! Ne me donnez plus une pareille émotion! Savez-vous que j'ai
failli en mourir? Oui, j'étais si malade ce matin, que j'ai craint de
n'avoir pas la force d'arriver jusqu'ici. Je m'y suis traînée. Tout à
l'heure, en passant sur le pont du chemin de fer, il m'a semblé que
quelqu'un me suivait. J'ai couru, je me suis perdue dans ces rues
noires. Je ne pouvais pas achever de monter chez vous. J'avais des
éblouissements, des vertiges; j'en ai encore. Jurez! ordonna-t-elle de
nouveau, ou je vous quitte à l'instant.
--Je vous obéirai donc, lui dis-je. Mais pourquoi m'imposer ce supplice
de vivre sans vous?
--Je souffrirai bien, moi! Pourquoi serais-je seule à souffrir?
--Oh! vous, votre orgueil vous viendra en aide. Si j'étais sûr de n'être
pas plus malheureux que vous!
--Vous enviez ma tranquillité, n'est-ce pas? Je suis trop raisonnable!
Et c'est vous qui me le reprochez! Raisonnable? Et je suis seule ici,
chez vous. Et je suis perdue si quelqu'un m'a vue entrer, si quelqu'un
me voit sortir. Quelqu'un? Marc peut-être; il sait que vous êtes à
Toulouse; il nous surveille, il est là, qui me guette. Perdue! C'est
vrai que je l'étais déjà avant de venir. Et ce qui reste de mon honneur
ne vaut pas la peine qu'on s'en occupe. Si vous saviez les affronts que
j'ai endurés depuis quinze jours, les portes qu'on m'a refusées. Tout le
monde pleure à la maison; c'est la ruine. Mais que vous importe à vous?
Ah! mauvais, mauvais ami! Vous ne voyez donc rien? Vous ne voyez pas que
je n'en peux plus? Tenez, tâtez mes mains, insista-t-elle en venant à
moi. N'est-ce pas que j'ai la peau fraîche et le pouls tranquille?
Ma réponse fut d'abord de serrer la main, la main brûlante et sèche
qu'elle avait mise dans la mienne.
--Thérèse, lui dis-je, ma chère Thérèse! Ah! si vous le vouliez, comme
nous serions forts, comme nous serions heureux encore.
Mon geste qui l'obligeait presque à se pencher vers moi, achevait de lui
signifier ma pensée. Elle était debout, et moi devant elle, sur le
divan, où je l'invitais à s'asseoir à mon côté. Sans me répondre, elle
dégagea sa main. Plus pressant alors, j'entourai sa taille qui se
raidissait, se dérobait à mon étreinte. Tout à coup, je la sentis
fléchir; ses yeux se fermèrent, et, comme une masse, elle s'abattit dans
mes bras. Elle était évanouie. Je l'allongeai sur le divan, je
désépinglai son chapeau, je dégrafai le col de sa robe, je baignai ses
tempes d'eau froide, je frappai dans le creux de ses mains. C'était tout
ce que j'avais vu faire, tout ce que je savais faire, en pareil cas. Et
ce n'était pas assez sans doute, puisque la malade ne se réveillait pas.
Inerte, la figure blanche, les bras morts, elle était là, étendue,
voilée à demi de ses cheveux, dans l'attitude du dernier sommeil.
Ah! il n'était plus question d'amour, maintenant, je vous le jure;
c'était la peur qui me tenait, l'angoisse d'un malheur possible, d'un
malheur tel que je n'osais pas y penser. Imprudent, j'avais joué avec la
mort, et la mort appelée était venue. Ma tête se perdait. Agenouillé
devant Thérèse, je répétais machinalement mes gestes de secours.
Respirait-elle au moins? Oui; le pouls battait, la poitrine se soulevait
à de longs intervalles. C'était la vie. Je me désangoissai alors, le
sang-froid me revint. Je regardai Thérèse plus attentivement que je ne
l'avais fait jusque-là.
Pauvre Thérèse! c'est vrai qu'elle était bien changée. La malade que
j'avais là sous les yeux n'avait presque plus rien de l'image avec
laquelle je vivais depuis un mois. Le malheur qui embellit en les
humanisant certains visages d'un éclat trop vif,--effigies d'héroïnes ou
de déesses,--le malheur avait gâté les harmonies discrètes, le charme
délicat, de cette figure toute en nuances. Le galbe, l'enveloppe,
l'expression, tout était altéré. Les roses et les lis étaient fauchés;
la cernure des yeux, le pli amer de la bouche, l'ombre grise, comme un
peu de nuit déjà, amassée au creux des joues amaigries, tout dénonçait
la détresse profonde d'un être dévoré par une passion sans espoir.
Je la regardais, et cette constatation qui aurait dû, en me montrant la
profondeur de sa blessure, exalter mon adoration pour elle, la
déconcertait au lieu de l'accroître. J'étais ému, bouleversé, mais d'une
émotion qui m'était tout à fait nouvelle. Le choc qui ébranlait ma
sensibilité, la modifiait en même temps. L'amour descendait de la tête
au coeur. Du désir éteint, la pitié jaillissait, la tendresse. Et non
pas seulement la tendresse égoïste, limitée, de l'aimée à l'amant.
C'était quelque chose de mieux, quelque chose de plus haut, de plus
large: l'humanité. Pour la première fois peut-être, depuis le
commencement de ma liaison avec Thérèse, elle m'apparaissait détachée de
moi, distincte, dans l'unité de son être, dans l'intégrité de sa
destinée à elle, dans la réalité de sa douleur. Le prisme, la belle
prison d'amour où mon imagination l'avait enfermée, se brisait enfin.
Elle n'était plus l'idole, l'image de rêve, la chose monstrueuse et
illusoire, peu à peu substituée à sa chair et à son sang; elle était
Thérèse, une créature pareille aux autres, plus malheureuse que les
autres, et c'était moi qui avais fait son malheur.
Ainsi le mystère sacré de la vie s'ouvrait subitement devant moi;
j'entendais monter, du fond de l'abîme où se débattent les existences
humaines, son cri à elle, le cri de cette détresse dont j'étais
responsable. Pauvre Thérèse! Ah! s'il en était temps encore! Le remords
me poignait; un mouvement de dégoût me soulevait contre moi, contre le
piège où j'avais attiré mon amie, contre la demi-violence que je lui
avais faite. Ah! Qu'il était loin, le désir! Je maudissais ma faute,
j'implorais ma victime. J'avais hâte qu'elle se réveillât pour me
repentir, pour m'humilier devant elle.
Je l'épiais. Sa main frémit enfin, le rideau des paupières remonta, le
regard apparut. Elle revenait. Elle se souleva, regarda autour d'elle,
étonnée. Cette chambre, ce divan... où était-elle? Elle se souvint et,
tout de suite, elle se mit sur pied, pressée de partir. Mais ses forces
la trahirent. Elle serait tombée si je ne l'avais pas soutenue. Des
frissons la secouaient, ses mains étaient glacées. Je la portai devant
le feu, je posai une couverture sur ses épaules. La chaleur la remit:
--Je vais mieux, me dit-elle. Mais son regard s'arrêta sur la pendule.
Six heures et demie! se plaignit-elle. Mon Dieu! je suis en retard.
Vite, aidez-moi. Elle agrafait le col de sa robe, rattachait ses
cheveux, piquait des épingles dans sa coiffure. La fièvre, maintenant,
la soutenait, activait ses gestes, multipliait ses paroles: Que je
puisse rentrer seulement! disait-elle. C'est tout ce que je demande.
Après, tant pis! Je n'ai pas peur de la maladie, ni du reste. Quoi qu'il
arrive, je ne souffrirai jamais autant que j'ai souffert! Elle avait
fini d'ajuster sa voilette. Elle me tendit la main: Adieu! me dit-elle.
Vous savez ce que vous m'avez promis. Puisque j'ai été assez folle pour
venir chez vous, que cette folie au moins serve à quelque chose. Adieu
pour toujours!
Je n'essayai pas de la retenir, je ne protestai pas contre l'éternité de
son adieu. Je laissai agir la fatalité; il me semblait qu'elle savait
mieux que moi ce qu'il y avait à faire.
--N'appelez pas folie un acte de dévouement qui nous a sauvés tous les
deux, répliquai-je cependant. Pardonnez-moi. Vous êtes un ange, et moi
un misérable. Ah! j'avais bien un peu raison de vouloir me tuer; je me
rendais justice. Mais rassurez-vous; tout cela est fini. Vous pouvez
être heureuse encore, vous guérirez et vous m'oublierez. Si vous vous
souveniez de moi plus tard, ce serait peut-être pour me haïr!
Nous étions au jardin, elle chancela encore avant d'arriver à la grille.
Je me portai à son aide.
--Rentrez, lui dis-je; je vais chercher une voiture, ou bien
appuyez-vous sur moi, je vous accompagnerai jusqu'au bas de la descente.
Elle ne voulait pas, j'insistai:
--Je vous ai fait assez de mal avec mon amour; laissez-moi maintenant
m'occuper de vous comme un frère.
--Ni frère, ni amoureux, répliqua Thérèse. C'est le châtiment de notre
faute, qu'elle nous rende désormais étrangers l'un à l'autre.
--Pourquoi parler de faute? Vous savez bien que vous n'avez rien fait de
mal... lui dis-je.
--Rien de mal? croyez-vous? Et n'est-ce pas déjà trop que de donner son
coeur à qui n'a pas le droit de le prendre? répondit-elle. Adieu, André.
Laissez-moi. Il faut que je m'habitue à m'en aller seule dans la vie...
Je ne sais ce que j'allais répondre. Ce fut Marc qui répondit à ma
place. Il sortit rapidement de l'ombre d'un massif, et s'avança vers
Thérèse.
--Tant que je vivrai, vous ne serez jamais seule, mademoiselle Romée,
dit-il simplement. Et comme elle hésitait, étonnée de le voir là:
Pardonnez-moi d'être venu vous chercher jusqu'ici, ajouta-t-il; je n'ai
pas douté de vous, croyez-le bien; j'ai pensé seulement que vous pouviez
avoir besoin de moi...
--En venant chez moi, réclamai-je, Mlle Romée savait qu'elle n'avait
rien à craindre.
Marc ne se donna pas la peine de me répondre. Thérèse avait pris son
bras. J'entendis la porte de la grille se refermer sur eux. Dans la
traînée d'un bec de gaz, sous la bruine qui tombait, je les vis
disparaître lentement.
Je sortis, je descendis après eux vers la ville. La mortification que
m'avait infligée Marc, sa prise de possession de la malade,
n'allégeaient pas la responsabilité que j'avais encourue. Thérèse avait
l'air d'être gravement atteinte; tant que je ne la saurais pas en voie
de guérison, ma vie à moi demeurait en suspens. J'allai droit à la rue
du Pont-de-Tounis. Du même coin d'ombre où je m'étais blotti pendant
quelques soirs, témoin indiscret des concerts de Thérèse,--mais
qu'étaient mes fièvres d'alors, mes transports de jalousie auprès de mes
angoisses de maintenant?--j'épiais l'appartement des Romée, les allées
et venues autour du drame commencé chez moi, et dont je voulais à tout
prix connaître la suite. Je fus assez longtemps sans rien découvrir. Les
fenêtres du côté de la rue et du pont étaient fermées, la véranda était
obscure. Tout le monde était réuni dans la chambre de Thérèse qui
donnait à l'opposé, sur le jardin. Sans doute, Marc, après avoir ramené
la malade, n'avait pas voulu la laisser seule avec sa mère; la femme de
ménage était restée aussi, puisque je ne l'avais pas vue sortir. Il
était tard déjà quand le docteur Estenave, appelé probablement dès la
première heure, sonna à la porte de ces dames. Sa visite fut longue;
elle me parut interminable. Que se passait-il là-haut? Il descendit
enfin, et je me jetai à sa rencontre.
Il eut un haut-le-corps en m'apercevant.
--Encore vous? dit-il.
--Oui, moi. Comment va Thérèse?
--Mlle Romée va mieux, me répondit-il. Vous ne l'avez pas tuée tout à
fait. Elle a passé un mauvais quart d'heure; j'ai craint un moment une
complication du côté des méninges; ça n'a été qu'une alerte. La fatigue
est extrême, mais l'équilibre revient; les phénomènes nerveux
disparaissent l'un après l'autre. Le bromhydrate de quinine achèvera de
la calmer, à moins d'une nouvelle imprudence de sa part ou d'une seconde
tentative d'assassinat.
--Vous pouvez m'injurier à votre aise, lui dis-je. Thérèse est sauvée,
c'est tout ce que je voulais savoir.
Je m'éloignais; le docteur m'empoigna le bras, rudement:
--Minute, monsieur Lavernose, me dit-il. J'ai encore un mot à vous dire.
Je vous défends, entendez-vous? je vous défends de vous occuper en bien
ou en mal de Mlle Romée. Je vous en avais prié l'autre jour, et vous
aviez consenti à rentrer à Argelès. Vous m'avez joué indignement. Cette
fois, je ne vous demande rien; j'exige. Mlle Romée est ma cliente,
Cyprienne est ma cousine. J'ai le droit de les protéger toutes les deux
contre vous. Ce n'est pas une menace en l'air que je vous fais,
songez-y. Je vous ai traité une première fois comme un gamin, comme un
inconscient, si vous aimez mieux. Si vous récidivez, je vous traiterai
comme un malfaiteur.
--Peut-être me jugeriez-vous moins sévèrement si vous vous souveniez
d'avoir été amoureux, me contentai-je de répondre. Au surplus votre
opinion m'importe peu, et encore moins votre menace. Vous n'avez rien à
m'interdire et je n'ai rien à vous promettre. Je tiendrai les
engagements que j'ai pris avec Mlle Romée. C'est à elle que je remets le
soin de me disculper auprès de vous.
Je quittai le docteur là-dessus. Thérèse était hors de danger; je
respirais. Elle d'abord. Demain il serait temps de penser à moi,
d'aviser à mon salut.