Ces influences, nous les tenons pour plus apparentes que réelles. Il y
a lieu cependant de constater que la littérature indigène reproduit
surtout les détails des mythes indo-européens (Grèce antique, Bretagne,
France, Allemagne, Russie même)[49].
[Note 49: Voir là comte de Takisé, la fille de graisse qui fond au
soleil comme Sneegoroutchka, la fille de neige.]
Je vais indiquer ces rencontres. Il s'en trouve même sur le terrain de
la légende historique. Sous ce dernier rapport, j'appellerai l'attention
sur les détails ci-après:
_Procédé de Sévi_ écrasant le tas de pagnes et de bijoux apporté en
tribut par le tounka (La geste de S.-G. Diêgui) Cf. Brennus jetant son
épée dans la balance où se pèse le tribut libérateur de Rome et Noménoé
faisant le poids avec la tête de l'envoyé du roi frank.
_Procédé de Malick Sy_[50], le rusé marabout obtenant, par sa diligence
entendue, un terrain considérablement plus vaste que celui que comptait
lui concéder le chef du pays. Cf. la ruse de Didon, faisant découper en
lanières la peau de boeuf qui devait contenir la terre accordée pour la
fondation de Carthage.
[Note 50: Conte de Bérenger-Féraud (_op. cit_.).]
_Les serments de bons desseins réciproques_ entre ennemis
irréconciliables: cf. Jean-Sans-Peur et le duc d'Orléans--Le Kitâdo
vengé.
_Procédé de Konkobo Moussa_ (Geste de S.-G. Diêgui) s'emplissant la
culotte de terre afin de s'interdire toute tentative de fuite. Cf.
les milices flamandes s'attachant avec des chaînes dans le même but à
Roosebecque et les Cimbres[51] à Verceil.
[Note 51: Plutarque: In Mario.]
_Les enfants reprochant à un futur héros de n'avoir pas de père_. Cf.
Contes des Sorkos: Farang Nabo. Contes des Gow: Misandé Sambadjo. Cf.
Xénophon Cyropédie: Cyrus enfant et Mandane.
On en trouverait encore sans grand peine un certain nombre d'autres.