3. _Un chacun_: voyez _chacun_.

4. _Un._ Ne dites pas: _c'est un de Verviers_; dites, _c'est un

Verviétois, c'est quelqu'un de Verviers_.

5. Ne dites pas: _monsieur Pierre est de ceux qui fut décoré_; dites,

_un de ceux qui furent..._

6. _Un, premier_.—On dit _le premier janvier, le deux, le trois, le

dix janvier_; on dit de même _Léopold premier, Philippe deux, Philippe

trois, Philippe cinq_:—en vers cependant on peut dire _second_ dans

ce dernier cas: _François second_.

7. Ne dites pas: _l'un jour ou l'autre, j'irai vous voir_, dites, _un

de ces jours-ci..._

8. Ne dites pas: _l'un jour il est gai, l'autre jour il est triste_;

dites, _un jour il est gai, l'autre jour il est triste_.

9. Ne dites pas: _j'ai vu un qui était original_; dites, _j'en ai vu

un_ (s'il y a un substantif exprimé précédemment), ou _j'ai vu un

homme, j'ai vu quelqu'un..._

10. Ne dites pas: _je lui ai expédié un cinquante kilogrammes_; ôtez

_un_ et dites, _je lui ai expédié cinquante kilogrammes_.

11. Ne dites pas: _c'est un des plus éloquents prédicateurs que nous

avons_; dites, _... que nous ayons_.

12. Ne dites pas: _il n'y en avait pas un qui comprenait_; dites, _...

qui comprît_.

13. Ne dites pas: _l'un ou l'autre de mes amis vient me prendre_;

dites, _un de mes amis vient me prendre_.

=Uniforme=, s. masculin: _un uniforme neuf_ et non _une uniforme neuve_.

=Union=, s. f.: prononcez _u-nion_ et non _u-gnion_: _l'union fait la

force_.—Voyez _ni_.

=Unir=, v. a.—_Unir_, dans le sens propre, veut la préposition _à_

ou la préposition _avec_: _unir un mot à un autre_ ou _avec un autre_.

(Acad.)—Au figuré, il ne prend que la préposition _à_: _Turenne

unissait la prudence à la hardiesse; ce jeune homme unit la modestie

au mérite_.—Son composé _réunir_ veut la préposition _à_, lorsqu'il

est employé au propre: _le cou réunit la tête au corps_. Mais au

figuré, dans le sens de posséder en même temps, _réunir_ veut que les

différents compléments directs soient joints par la conjonction _et_:

_Turenne réunissait la prudence et la hardiesse; ce jeune homme réunit

la modestie et le mérite_.

=Université=, s. f.—Il n'y a en France qu'une université proprement

dite, et sous ce nom l'on comprend les académies, les facultés (de

droit, de médecine, de belles-lettres, etc., établies dans les

chefs-lieux des cours impériales ou cours d'appel), les colléges

impériaux, les colléges communaux, les pensions et les écoles

primaires;—ne dites donc pas: _ouvrage adopté par les universités de

France_, mais, _par l'Université de France_.

=Us=, s. m. pl., les règles, la pratique qu'on a coutume de suivre en

quelques pays touchant certaines matières; il est presque toujours

joint au mot _coutumes_: _les us et coutumes_.—Prononcez _uce_.

=Usage=, s. m.—En parlant des choses qui durent longtemps, employez

le mot _user_: _cette étoffe de drap est d'un bon user; il y a des

étoffes qui deviennent plus belles à l'user_.—_Usage_, dans ce sens,

n'est pas français.

=User=, v. n.—Ne dites pas: _en usez-vous, je n'en use pas_: dites,

_en prenez-vous, prenez-vous du tabac, je n'en prends pas, je ne

prends pas de tabac_. On peut également se servir du mot _priser_, qui

ne figure pas dans le dictionnaire de l'Académie, mais qu'un usage

universel a consacré depuis longtemps: _prisez-vous? je ne prise pas_.

=Ustensile=, s. masculin: _un ustensile de cuisine_.

=Usufruit=, _usufruitier_.—Gardez-vous bien d'écrire ou de prononcer

_usurfruit, usurfruitier_: _il n'a pas cette terre en propre, il n'en a

que l'usufruit, il n'en est que l'usufruitier_.

=Usurpateur=, s. m.—Le féminin correspondant est _usurpatrice_.

=Utérin, ine=, s. m.: _frères, sœurs utérins, consanguins, germains_:

voyez _germain_.

V

=V.=—Il faut conserver à cette lettre sa prononciation naturelle dans

les mots terminés en _ve_, comme _vive, neuve, brève, brave, cave,

achève, achèvement, prévenir, il est venu, nous venons, manœuvre,

livre, mouvement, bravement_, etc., et ne pas dire _vife, neufe, brèfe,

brafe, cafe, achèfe, achèfement, préfenir, il est fenu, nous fenons,

manœufre, lifre, moufement, brafement_.

2. Il en est de même de _cheville, écheveau, échevin, achever_,

etc., qu'il ne faut pas prononcer _ch'fille, éch'feau, éch'fin,

ach'fer_;—nous conseillons, pour la facilité de la prononciation, de

ne pas élider l'_e_ de _che_, mais d'y appuyer fortement, jusqu'à ce

qu'on soit en état de prononcer _éch'vin, ach'ver_, etc.

3. Un autre défaut propre à certains dialectes wallons, c'est de

prononcer comme _me_ la syllabe muette _ve_ précédée d'une syllabe

sonore: _soumenir, nous menons, prémenir, circonmenir_, etc., au lieu

de _souvenir, nous venons, prévenir, circonvenir_.

=Va.=—_Comme va, comment va-t-il?_—Voyez _aller_.

=Vacances=, s. f. pluriel, temps pendant lequel les études cessent;

dans ce sens il ne s'emploie qu'au pluriel: _les petites, les grandes

vacances; de courtes, de longues vacances_.

=Vacature.=—Ce mot n'est pas français, rendez-le par _vacance_,

temps pendant lequel une place, une dignité, un emploi n'est pas

rempli: _durant la vacance du Saint-Siège; la vacance d'une abbaye,

d'un bénéfice; il y a vacance de la chaire de littérature française

à l'université_;—on peut également faire usage du mot _vacation_,

qui signifie _quelquefois vacance_, dit l'Académie, en parlant de

choses non occupées, des places, des emplois non remplis, vacants: _la

vacation d'un emploi; un bénéfice en vacation; à la première vacation,

ces fonctions seront supprimées_.

2. _Vacation_, se dit ordinairement de chacun des espaces de temps

que des personnes publiques (_notaires, experts_, etc.) emploient à

travailler à quelque affaire: _on paie tant aux experts par chaque

vacation_.

=Vaciller=, v. n., _vacillation_, s. f.—Prononcez les deux _ll_ sans

les mouiller.

=Vade-mecum=, s. m., se dit d'une chose que l'on porte commodément et

ordinairement avec soi; on dit aussi mais plus rarement, _veni-mecum_:

prononcez _vadé-mécome, véni-mécome_.

=Vagabonder=, v. n., errer çà et là; on dit aussi _vagabonner_ (Acad.);

prononcez _vagabond, vagabonder_, etc., et non _vakabond, vakabonder_.

=Vais=, 1re p. s. du prés. de l'ind. du v. _aller_; ne dites pas _je

m'y vais; je m'en y vais_; dites, _j'y vais_.

=Vaisseau=, s. m.: voyez _navire_.

=Val=, s. m., vallée; il n'est plus en usage que dans les noms propres:

_Val-St-Lambert, Val-Benoît, Val-Dieu, le château du Val, l'abbaye du

Val, l'église du Val-de-Grâce_.—Il a un pluriel qui n'est en usage

que dans cette phrase, _par monts et par vaux_, et dans quelques noms

de lieux, comme _les vaux de Cernai_. (Acad.)

=Valet, Laquais=, s. m.—Le premier désigne un homme de service; le

second, un homme de suite; le _valet_ est pour l'utile, le _laquais_,

pour le luxe.

=Valoir=, v. n., fait _valent_ et non _vaillent_ à la 3e pers. du plur.

du prés de l'indic.; de même il fait _vaille_ et non _vale_ au prés. du

subj.: _ils ne valent pas mieux_ (et non _vaillent_) _les uns que les

autres_; _il faut que je vaille_ (et non _vale_) _bien peu de chose à

leurs yeux_.—On dit aussi _vaille que vaille_ et non _vale qui vale_.

2. _Valoir mieux_, suivi d'un infinitif, rejette toute préposition

comme _aimer mieux_: _il vaut mieux attendre_ (et non _d'attendre_)

_un peu_.—L'Académie donne l'exemple suivant: _il y a beaucoup

d'occasions où il vaut mieux se taire que de parler_: d'où nous

concluons que le second infinitif doit être précédé de la préposition

_de_.

3. Dans ce sens ne dites pas: _il faut mieux, il faudrait mieux, il eût

mieux fallu_, etc.; dites, _il vaut mieux, il vaudrait mieux, il eût

mieux valu_.

4. Ne dites pas non plus, _valoir plus_ pour _valoir mieux_: _il vaut

mieux_ (et non _il vaut plus_) _se taire que de parler trop_.

=Vanille=, s. f., _vanillier_, s. m., plante d'Amérique: on mouille les

deux _ll_.

=Vapeur=, s. f., _vapeur_, s. m.—Tout le monde sait ce que c'est _la

vapeur_;—_un vapeur_, c'est un bateau à vapeur: ce masculin n'est pas

encore admis par l'Académie, mais il est employé partout, et ne peut

manquer d'être admis un jour.

=Vaquer=, v. n., =Vaguer=, v. n.—_Vaquer_ se dit proprement

des emplois, des charges, des dignités, et signifie _être

vacant_;—_vaguer_, c'est errer çà et là, aller de côté et d'autre à

l'aventure.

=Variation=, s. f., signifie changement;—ne dites donc pas: _ce

marchand d'estampes a une belle et riche variation de gravures_; dites,

_une belle et riche variété_.

=Vasistas=, s. m., petite partie d'une porte ou d'une fenêtre, laquelle

peut s'ouvrir et se fermer à volonté; prononcez _vazis'tâsse_. (Acad.)

=Vaste=, adj., qui est d'une _fort grande_ étendue: _vastes campagnes,

vaste mer, vastes déserts_, etc.

2. Ne dites donc pas: _vaste jardin, vaste maison à vendre_; dites,

_grand jardin, grande maison..._

=Vaudeville=, s. m., chanson populaire et pièce de théâtre: prononcez

_vôd'ville_ et non _vodéville_.

=Vaux=, s. m., pluriel de _val_: voyez ce mot.

=Vauxhall=, s. m., jardin public: prononcez _vokçal_ (_o_ bref). On

écrit aussi _wauxhall_.

=Veille=, s. f., ne doit pas s'employer comme synonyme de _veillée,

soirée_: _aller tous les jours à la veillée_ (et non _à la veille_);

_les veillées, les soirées sont longues en hiver_.

=Veine=, s. f., canal du sang; prononcez _vène_ et non _vain-ne_.

=Vélin=, s. m., peau de veau préparée: _reliure en vélin, papier

vélin_:—écrivez et prononcez _vélin_ et non _velin_.

=Vendange= et =Vidange=: voyez _vidange_.

=Vendition=, _vendue_: ces mots ne sont pas français; c'est _vente_

qu'il faut dire: _vente de bois, vente de meubles_.

=Vendre=, v. a.—On dit _vendre, acheter à bon marché_ et non, _bon

marché_; on dit également _acheter, vendre telle chose dix francs,

cent francs_ et non, _pour dix francs, pour cent francs_.—Prononcez

_ven-dre_ et non _ven-te_ ni _ven-dère_.—Voyez _acheter_.

=Venimeux=, _vénéneux_, adj.—_Vénéneux_ ne se dit que des plantes, des

végétaux: _la ciguë est une plante vénéneuse_;—_venimeux_ ne se dit

que des animaux: _la dent de la vipère est fort venimeuse_.—Écrivez

et prononcez _venimeux, venin, envenimer_ et non _vénimeux, vénin,

envénimer_.

=Venir=, v. n.—Ne dites pas: _je ne puis pas venir à son nom_;

dites, _son nom ne me vient pas, je ne puis pas trouver son nom, me

rappeler son nom_.

2. _Venir à rien_, ne peut pas s'employer dans le sens de _se

réduire à rien_; ne dites donc pas: _cette eau est venue à rien par

l'évaporation_; mais, _cette eau s'est réduite à rien..._

3. Ne dites pas: _je viens, je sors de monsieur le curé; je vais au

juge de paix_; dites, _je viens, je sors de chez M. le curé; je vais

chez le juge de paix_. (Fland. et Wall.)

4. Ne dites pas non plus: _je vous paierai bientôt.—Bien, cela ne

vient pas à huit jours_;—dites, _ce ne sont pas huit jours qui font

l'affaire_; ou bien, _huit jours de plus ou de moins n'y font rien_.

(Fland.)

5. Ne dites pas: _on vous attend, Monsieur.—Dites que je viens tout

de suite_; il faut dire: _dites que j'y vais tout de suite_. (Fland.)

6. Ne dites pas: _je l'ai attendu inutilement, il avait pourtant dit

de venir_; il faut dire _... il avait pourtant dit qu'il viendrait_.

(Fland.)

7. Ne dites pas: _cela ne vient pas encore au marché_; dites, _cela ne

se vend pas encore au marché_. (Fland.)

8. Ne dites pas: _cela vient dans la grammaire à telle page; cette

scène vient dans tel acte_; dites, _cela se trouve dans..._ (Fland.)

9. Ne dites pas: _ce chapeau vient roux; cet homme vient maigre_;

dites, _... devient roux, devient maigre_.

10. Ne dites pas: _il n'y a pas d'apparence que cette ferme vienne à

louer_; dites, _il n'y a pas d'apparence que cette ferme se loue_.

11. Ne dites pas: _la semaine qui vient, le mois qui vient, l'année

qui vient_; dites, _la semaine prochaine, le mois prochain, l'année

prochaine_.—Voyez _passé_.

12. Ne dites pas: _nous vien-de-rions, vous vien-de-riez_, mais _nous

vien-drions, vous vien-driez_.

13. N'employez pas _venir_ pour _provenir_: _le papier de Chine vient

du mûrier_; dites, _... provient du mûrier_.

=Ventre=, s. m.—Dites, _avoir mal au ventre, avoir des maux de

ventre_ ou mieux, _des coliques_, et non _avoir mal de ventre_.

Prononcez _ven-tre_ et non _ven-te_ ni _ven-tère_.

=Ventriloque=, adj. des deux genres et s. m.; il se dit d'une personne

ayant la voix sourde et caverneuse: _ventroloque_ n'est pas français.

=Vêpres=, s. f. plur., office divin qu'on chante après midi;—on dit

_aller à vêpres_ et non _aller aux vêpres_; ont peut dire également

sans article: _chanter vêpres en musique; il est à vêpres_. Prononcez

_vê-pres_ et non _vé-pes_ ni _vêpères_.—Voyez _messe_.

=Véreux, euse=, adj.—Ce mot est français, et se dit au propre des

fruits dans lesquels se trouvent des vers, et au figuré d'une personne

ou d'une chose suspecte: _pomme véreuse, prune véreuse; il y a quelque

chose de véreux dans cette affaire; créance véreuse_.

=Vergettes=, s. f. pl., brosse pour les habits; on dit aussi _une

vergette_. (Acad.)

=Verglas=, s. m., pluie qui se glace sur le sol: on ne prononce pas

l'_s_: _verglâ_.

=Vermicelle=, ou _vermicel_, s. m., _violoncelle_, s. m.—On prononce

aujourd'hui ces mots à la française: _vermicelle, violoncelle_ et non

_vermichelle, violonchelle_.

=Verre=, s. m.—Dites _un verre de montre_ et non _une glace de

montre_.

=Vers=, s. m., terme de poésie: prononcez _vère_ et non _verse_.

2. =Vers=, prép.—Ne dites pas: _j'irai vers quatre heures_, mais,

_vers les quatre heures_. (Acad.)—Ne dites pas non plus, _se

retourner sur quelqu'un_, mais, _vers quelqu'un_.—Prononcez _vèr_ et

non _verse_.

3. Prononcez _vers Audenaerde_ (vèr Audenaerde); _il est allé je ne

sais vers où_ (ver où). Il en est de même du substantif _vers_: _vers

alexandrin_ (vèr alexandrin).

4. L'_s_ finale sonne dans _Anvers_. En France on prononce quelquefois

_Anvère_; il est muet dans _envers_ (anvèr), _tiers, thiers, travers,

univers_ et dans les verbes _je sers, je perds_, etc.

5. La finale _ers_ se prononce _é_ dans _Angers, Villiers, Louviers,

Noirmoutiers, Tiviers, Tilliers_, noms de villes.—Dans tous ces mots

l'_s_ ne sonne jamais, même devant une voyelle: _ver à soie_ et _vers à

soie_ se prononcent également _vèr à soie_.

=Verse= (_à_), loc. adv.; on ne l'emploie que dans cette phrase: _il

pleut à verse_.

=Verso=, s. m., la seconde page, le revers d'un feuillet; on le dit par

opposition à _recto_, la première page du feuillet: _vous trouverez ce

passage folio 42 verso_.

=Vésicatoire=, s. m., médicament externe: prononcez _vézicatoire_ et

non _vécicatoire, visicatoire, virsicatoire_.

=Vétille=, s. f., bagatelle: les _ll_ sont mouillées ainsi que dans

_vétiller, vétilleux_.—_Vétille de rien_ est un pléonasme vicieux.

=Vêtir=, _revêtir_, font au prés. de l'ind.: _nous vêtons, vous vêtez,

ils se vêtent; nous revêtons, vous revêtez, ils revêtent_;—_vêtissent,

revêtissent_ sont la 3e pers. plur. du prés. du subj.

=Veto=, mot emprunté du latin et qui signifie _je m'oppose_: _le roi

a mis le veto, son veto à cette loi_;—ce mot ne s'emploie pas au

pluriel et se prononce _vèto_. (Acad.)

=Vêtu, Habillé.=—_Vêtu_ signifie simplement couvert de

vêtements;—_habillé_ ajoute à l'idée de vêtu celle d'une certaine

recherche, d'un certain goût, d'un certain ordre dans la mise.

=Veuille, Veuillez=, _veux, voulez_: voyez _vouloir_.

=Viande=, s. f., chair dont on se nourrit: _ian_ est diphthongue.

=Vicaire=, s. m.: voyez _sous-curé_.

=Vice=, dans la composition des mots, reste invariable au pluriel: _des

vice-amiraux, des vice-présidents_.

=Vice-versâ=, mots latins dont on se sert adverbialement pour signifier

_réciproquement_: _il y a des personnes dont la figure attire et le

caractère repousse, et vice-versâ_.—On prononce _vicé_. (Acad.)

=Vicoter=, vivre petitement, subsister avec peine; ce mot n'est pas

français; dites _vivoter_: _il ne fait que vivoter_. (Wall.)

=Vidange, Vendange=, s. f.—La _vidange_ est l'action de vider;—la

_vendange_ est la récolte du raisin pour faire le vin.

=Vider=, v. a.—_Vider_, c'est faire le vide, c'est rendre vide; ainsi,

_vider son verre_, c'est le boire; c'est donc à tort que quelques

personnes emploient ce mot dans le sens de _verser_; ainsi vous ne

direz pas, _quand j'aurai débouché la bouteille, je vous en viderai un

verre_; dites, _je vous en verserai un verre_. (Wall.)—_Vide, vider_

s'écrivent et se prononcent _vide, vider_ et non _vuide, vuider_.

=Vieil= ou =Vieux=, adj. m., =Vieille=, adj. f.—Lorsque cet adjectif

est employé au masculin après son substantif, on doit toujours se

servir de _vieux_. On dit plus ordinairement _vieil_ devant un

substantif commençant par une voyelle ou une _h_ muette; l'Académie

pourtant donne les exemples: _un vieil homme_ et _un vieux homme_.

2. L'_l_ est mouillée dans _vieil, vieillir_ et dans leurs composés;

mais elle ne l'est pas dans _vielle_, instrument de musique, que l'on

prononce _vièle_.

3. _Vieux_, signifiant avancé en âge; ne dites pas à un enfant: _vous

paraissez plus vieux que votre frère_, puisque ni l'un ni l'autre ne

sont vieux; dites, _vous paraissez plus âgé que votre frère_.

4. Ne dites pas d'un homme âgé, _c'est un vieux_; dites, _c'est un

homme âgé, sur l'âge, un vieillard_ ou _un vieil homme_.

=Vieillard=, s. m., =Vieillesse=, s. f. (_ll_ mouill.)—Ne dites pas

_vieulard, vieulesse_, ni _vièlard, vièlesse_.

=Vieillir=, v. n.—Il suit les mêmes règles pour le choix des

auxiliaires que le verbe _grandir_: voyez ce mot.

=Vif, vive=, adj.—_Je le lui dirai de vive voix_ (_vive_ et non

_vif_), veut dire, _je le lui dirai en parlant, en employant la

parole_, c'est-à-dire, je ne le dirai pas par intermédiaire ou personne

tierce ou par lettre.—Mais si vous vouliez signifier que vous le

diriez _franchement, catégoriquement, formellement_, il faut vous

servir d'une des expressions suivantes: _je le lui dirai nettement,

carrément, franchement, sans détours, en face_.

=Vigne=, _vigneron_: _gn_ est mouillé; ne prononcez donc pas _vine,

vineron_.

=Vignoble=, s. m., territoire planté de vignes; ce mot est masculin:

_un riche vignoble_.

=Vilain, aine=, adj., laid, sale, tout ce qui déplaît à la vue.—_Un

vilain homme_ est un homme dont les mœurs, la conduite sont honteuses;

_un homme vilain_ est un homme laid, ladre, avare.

=Vilenie=, s. f., action basse et vile; prononcez _vilenî_ et non

_vilénie_ ni _vilènie_.

=Ville= (=à la=), =en Ville=.—_A la ville_ signifie _dans la ville_,

par opposition à la campagne; _il a passé l'été dans son château, il

va revenir à la ville_.—_En ville_ se prend par opposition à la

maison qu'on habite: _vous êtes venu pour me voir, j'étais en ville_,

c'est-à-dire, je n'étais pas chez moi.

2. Ne dites donc pas: _il est venu en ville, il a son bureau en ville_;

dites, _à la ville_.

=Villers=, nom propre.—En France, on prononce _Vilère_ et en Belgique

_Vilé_.—_Villerse_ est donc une prononciation qui ne se justifie

aucunement et qui ressemble plutôt à du flamand qu'à du français ou à

du wallon.

=Vin=, s. m.—On dit mieux, _du vin de Bordeaux, de Bourgogne, du

Rhin_, etc., que _du Bordeaux, du Bourgogne, du Rhin_.—On ne dit pas

_du vin de pays_, mais _du vin du pays_.—Voyez _cru_.

=Vingt=, adj. num.—Prononcez _vin_ devant une consonne, excepté si

le mot qui suit _vingt_ est lui-même un nom de nombre: _vingt-deux,

vingt-trois_ (_vinte-deux, vinte-trois_).

2. _Vingt et un_: prononcez _vinté-un_ et non _vinté-iun_.—Voyez

_cent_.

=Violoncelle=, s. m.: voyez _vermicelle_.

=Virus=, s. m., t. de médecine, venin, agent de contagion; prononcez

_viruce_.

=Vis=, s., pièce de bois ou de métal, cannelée en spirale; ce mot est

féminin et se prononce _vice_: _une forte vis_.—Prononcez de même

_tournevis_.

=Vis-à-vis=, loc. prép.—Quoique la plupart des grammairiens

condamnent cette expression employée dans le sens de _envers, à

l'égard_, nous ne pouvons pas nous ranger à leur avis, attendu

qu'un usage, à peu près universel aujourd'hui, nous paraît l'avoir

suffisamment consacrée. Nous dirons donc indifféremment et sans

scrupule: _il est fier vis-à-vis de ses inférieurs ou envers ses

inférieurs_; _il a été ingrat vis-à-vis de moi_ ou _envers moi_.

=Visite=, s. f.—_Rendre visite à quelqu'un_, c'est l'aller visiter,

et _rendre à quelqu'un sa visite_, c'est faire à quelqu'un une visite

après en avoir reçu une de lui. (Acad.)

=Vite=, adj., des deux genres, qui se meut, qui court avec célérité,

avec grande promptitude; il ne se dit que des animaux et de certaines

choses dont le mouvement est rapide: _cheval vite, fort vite, comme le

vent; mouvement très-vite; il a le pouls fort vite; un copiste qui a la

main fort vite_. (Acad.)

2. Les flamands font en général un usage trop fréquent de l'adjectif

_vite_: _vous êtes trop vite_;—il faut dans ce cas employer l'adverbe

et le joindre à un autre verbe que le verbe _être_: par exemple, _vous

allez trop vite, vous me pressez trop_, etc.

3. Ainsi ne dites pas: _vous avez été trop vite à parler_; dites, _vous

avez parlé trop vite_ ou _vous avez été trop prompt à parler, trop

empressé à parler_.

4. _Vite_, adv., avec vitesse.—_Dépêchez-vous vite_ est un

pléonasme vicieux.—_Vitement_, adv., vite: _aller vitement, courez

vitement_:—il est familier. (Acad.)

=Vitre=, s., pièce de verre qui se met à une fenêtre: _carreau de

vitre; il manque là une vitre_; ce mot est féminin.—Prononcez _vitre_

et non _vite_ ni _vitère_.

=Vitrine=, s. f., ne figure pas dans le dictionnaire de l'Académie;

selon Bescherelle, il se dit, dans quelques provinces, du vitrage d'une

boutique.

=Vitriol=, s.—Ce mot est masculin: _du vitriol blanc_.

=Vivat=, s. m., acclamation, applaudissement; il est invariable au

pluriel: _des vivat_.—Prononcez _vivate_. (Acad.)

=Vivre=, v. n.—Ne dites pas: _cette propriété me rapporte assez pour

vivre_; dites, _pour me faire vivre_. (Wall.)

2. Ne dites pas: _vivre sur ses rentes, il vit avec des pommes de

terre_, mais _vivre de ses rentes, il vit de pommes de terre_. (Wall.)

3. _Vivre_, s. m., nourriture: _le vivre et le vêtement_. (Acad.) On

l'emploie surtout au pluriel, et alors il signifie toutes les choses

dont une personne peut se nourrir: _les vivres sont fort chers dans

cette ville; de bons vivres, des vivres frais_.

4. L'_i_ est long dans le substantif _vivre_, tandis qu'il est bref

dans le verbe _vivre_.

=Vlà= ou =V'là=, mauvaise construction de _voilà_.

=Voie= (=en=).—Cette expression qui est toute wallonne et quelquefois

aussi flamande, se traduit de différentes manières suivant le verbe

auquel elle est jointe.

2. _Aller en voie_, s'en aller, se retirer, s'ôter, s'éloigner:

_ôtez-vous de mon soleil; allons-nous-en d'ici_.

Dictionnaire du bon langage Contenant les difficultés de la langue française, les règles et les fautes de prononciation, les locutions vicieuses, les wallonnismes, les flandricismes, etc. · 第 151 / 164 题