3. Prononcez _restitu-er_ et non _restitu-wer_.—Voyez _ue_.

=Résulter=, v. n. s'ensuivre, ne s'emploie qu'à l'infinitif et à la 3e

personne des autres temps: _il résulte de cette discussion; les maux

qui résultèrent de la guerre_.

2. Il se conjugue avec _avoir_ ou avec _être_: _qu'a-t-il résulté de

là_? ou _qu'en est-il résulté_?

=Résurrectionner=, n'est pas français: dites _ressusciter_.

=Rétamer=, enduire la surface intérieure d'une couche d'étain fondu; ce

mot n'est pas français; dites _étamer_.

=Rétention=, s. f.: dites _une rétention_ d'urine, et non _une

détention..._

=Retirer=, v. a.—Ne dites pas: _cette entreprise était difficile,

mais il s'en est bien retiré_; dites, _il s'en est bien tiré_.

=Retour=, s. m.—_Avoir de retour, donner de retour_, dans le sens de

rendre, remettre, faire remettre, renvoyer, n'est pas français;—dites

donc, _prêtez-moi ce livre, je vous le renverrai ce soir_, etc., et

non, _vous l'aurez de retour..._

2. Ne dites pas: _il y a longtemps qu'il garde mon livre; tâchez de

l'avoir de retour_; dites, _tâchez de le ravoir_.

3. Ne dites pas: _il a quitté le pays et demeure de tour chez ses

parents_; dites, _est retourné chez ses parents_.

4. Ne dites pas non plus: _je lui ai envoyé un chien, et il m'enverra

de retour, un dindon_; dites, _il m'enverra un dindon en échange_.—_De

retour_, dans le cas précédent, signifierait ce qu'on ajoute, ce qu'on

joint à la chose qu'on troque contre une autre pour rendre le troc

égal: _voulez-vous troquer votre dictionnaire contre le mien? je vous

donnerai cinq francs de retour_.

=Retourner=, v. n.—Pour savoir si l'on doit dire _retourner_ ou

_s'en retourner_, il suffit de voir si l'on dirait _aller_ ou _s'en

aller_:—_il est temps que nous nous en retournions_ (et non _que nous

retournions_); _il s'en retourna comme il était venu; elle s'en est

retournée; retourne-t-en; retournez à l'ouvrage_.

2. On ne dit pas se retourner _sur_ quelqu'un, mais _vers_

quelqu'un.—Comme on ne dit pas, _avancez en avant_, on ne doit pas

dire, _retournez en arrière_; il en est de même du verbe _reculer_.

=Retrancher.=—_Retrancher de_, c'est ôter quelque chose d'un tout:

_retrancher un couplet d'une chanson_;—_retrancher à_, c'est priver

quelqu'un de quelque chose: _retrancher le vin à un malade; on lui a

retranché sa pension_.

=Rets=, s. m., filet pour prendre des poissons, des oiseaux; ce mot

s'écrit au singulier comme au pluriel.—Prononcez _rè_.

=Réunir=, v. a., dans le sens de posséder en même temps, n'admet qu'un

complément direct composé, et ne doit jamais être suivi de _à_ ni de

_avec_: _Turenne réunissait la prudence et la hardiesse_.—_Unir_

veut un régime direct et un régime indirect précédé de _à_: _Turenne

unissait la prudence à la hardiesse_. Voyez _unir_.

=Revanche=, s. f.—Écrivez et prononcez _revanche_ et non _revange_

ni _revenge_;—dites de même _revancheur, revancher, se revancher_

et non _revengeur, revenger, revanger, se revenger_ ni _se

revanger_:—_courage, je vais te revancher; pourquoi ne te revanches-tu

pas?_

=Revenir=, v. n., retourner à l'endroit d'où on était sorti: _je

reviens au gîte; je reviens d'un long voyage_.—Mais on ne peut pas

dire: _je reviens de la messe, je reviens de Bruxelles_; dites, _je

viens de la messe, je viens de Bruxelles_.

2. Ne dites pas: _revenir sur l'eau, sur la terre_ pour, _revenir par

eau, par terre_.

3. Ne dites pas non plus: _je ne puis revenir sur son nom_; dites, _je

ne puis me rappeler son nom_.

=Rêver à, Rêver de, Rêver sur.=—_Rêver à_, c'est penser à quelque

chose étant éveillé: _rêver à une affaire_;—_rêver de_, c'est penser

à quelque chose étant endormi: _rêver de combats, de naufrages, de

quelqu'un_;—_rêver quelqu'un_ n'est pas français;—on dit _j'ai

rêvé de vous_ et non _je vous ai rêvé_; cependant on peut dire: _vous

avez rêvé cela, rêver combats, rêver naufrages_.—_Réver sur_, c'est

méditer profondément sur quelque chose: _rêver longtemps sur une

affaire_.—On ne dit pas _rêver après les honneurs_, pour, désirer

vivement, avec passion; on dit _rêver les honneurs, la fortune_.

=Réverbère=, s. m., lanterne; prononcez _réverbère_, et non _reverbère_.

=Revêtir=, se conjugue comme _vêtir_; il faut donc dire: _les formes

dont la pensée se revêt_ et non, _se revêtit_.

=Reviser=, v. a., examiner de nouveau.—On écrit _reviser_, mais

_révision, réviseur_ ont un accent aigu.

=Revoici, Revoilà=, prép.—Ces mots sont français: _le revoici, le

revoilà_.

=Revoir=, v. a.—_A revoir_ est une locution dont on se sert pour dire

qu'il faut faire un nouvel examen d'un compte, d'un écrit, etc.: _à

côté de chaque article douteux de ce compte, j'ai mis: à revoir; revoir

un manuscrit, revoir des épreuves_.—_Au revoir_ (adieu), est une

expression de civilité dont on se sert en prenant congé de quelqu'un et

alors le mot _revoir_ est pris substantivement: _au revoir, jusqu'au

revoir_; _il ne lui a pas seulement dit au revoir_:—_à revoir_ dans

ce cas n'est pas français.

=Rez=, prép. qui signifie, tout contre, joignant; il ne se dit plus que

dans ces locutions, _rez pied, rez terre_, à fleur de terre, au niveau

du sol: _couper des arbres rez terre_.—_Au rez_:—cette expression

n'est pas française, et se traduit par _contre, jusque contre, jusque,

joignant, rasibus_: _le coup lui passa rasibus du nez_.

=Rh.=—Ces deux lettres se prononcent comme s'il n'y avait qu'une _r_:

le _h_ qui suit l'_r_ est purement étymologique.

=Rhum=, s. m., eau-de-vie de sucre; quelques-uns écrivent _rum_, dit

l'Académie, qui cependant dans tous les exemples qu'elle donne, écrit

_rhum_.—Prononcez _rome_.

=Rhumatique=, n'est français qu'en style de médecine et est synonyme

de _rhumatismal_: _goute rhumatique_;—dites donc, _cette maison est

insalubre, malsaine, humide_ et non _rhumatique_.

=Rhume=, s. m.—Dites, _j'ai un rhume_, ou _je suis enrhumé_ et non

_j'ai le rhume_;—dites de même _j'ai un rhume_ et non _j'ai un froid_.

=Ric-à-ric=, signifie tout juste, rigoureusement: _je le ferai payer

ric-à-ric; on lui a payé ric-à-ric tout ce qu'on lui devait; compter

ric-à-ric_.

=Richard=, s. m., celui qui, dans une condition médiocre, a fait

fortune; ce mot n'a pas de correspondant féminin.

=Ride=, pli qui se fait sur le front, sur le visage; ce mot est

féminin: _il a soixante ans et il n'a pas encore une seule ride_.

=Ridicule=, adj., ne peut pas s'employer pour, _entêté, d'un avis

différent, difficile à contenter_:—_allons, ne soyez pas entêté_ (et

non _ridicule_) _et entendez raison_. (Fland.)—Prononcez et écrivez

_ridicule_ et non _rédicule_.—Voyez _rédicule_.

=Rien=, s. m.—Ne dites pas: _cela n'est de rien, ne me fait de rien_;

dites, _cela n'est rien, ne me fait rien_. (Fland.)

2. Ne dites pas: _je n'ai rien d'autre à lui dire_; dites, _je n'ai

rien autre chose à lui dire_. (Wall.)

3. Ne dites pas, _il passe le jour à rien faire_, mais, _à ne rien

faire_.

4. _Rien moins_, précédé du verbe _être_ et suivi d'un adjectif, a

le sens de la négation: _il n'est rien moins que sage_ (il n'est pas

sage).—Suivi d'un substantif ou accompagné d'un verbe, il peut avoir

le sens positif ou négatif, selon la circonstance: _vous lui devez de

la reconnaissance, car il n'est rien moins que votre bienfaiteur_ (il

est votre bienfaiteur); _il n'aspire à rien moins qu'à prendre votre

place_ (il aspire à prendre votre place ou bien il n'aspire pas le

moins du monde à prendre votre place). (Acad.)

Dictionnaire du bon langage Contenant les difficultés de la langue française, les règles et les fautes de prononciation, les locutions vicieuses, les wallonnismes, les flandricismes, etc. · 第 130 / 164 题