7. Ne dites pas: _y avait-il beaucoup d'invités?—oui, passé les
quarante_;—dites, _plus de quarante_.
=Passoire=, s. f., ustensile percé de petits trous pour passer le jus
des légumes ou des fruits écrasés:—_une passoire_ et non _un passoir_
ni _une passerette_.
=Pasteur=, s. m., titre des ministres protestants;—il ne s'emploie
pas dans le langage ordinaire comme synonyme de _curé catholique_; mais
dans le style relevé (oratoire, poétique), c'est une expression reçue:
_c'est un vieux pasteur qui n'est connu que sous le nom de curé_.
(CHATEAUB.)
=Patarafe=: voyez _parafe_.
=Patard=, s. m., petite monnaie ancienne; il ne s'emploie plus que dans
ces phrases familières: _je n'en donnerais pas un patard; cela ne vaut
pas un patard; il n'a pas un patard_. (Acad.)—Le mot wallon _patard_
se rend par sou: _ce cahier coûte cinq sous_.
=Patatras=, figure pour exprimer le bruit que fait un corps qui tombe
avec fracas: _il pose le pied maladroitement, et, patatras, le voilà
par terre_.
=Pâté=, s. m., =Pâtée=, s. f.—Un _pâté_ est une sorte de
pâtisserie;—une _pâtée_ est une sorte de pâte pour engraisser les
dindons, une sorte de soupe pour nourrir les chiens, les chats,
etc.—Prononcez _pâté_ (_â_ long);—prononcez de même _pâte, pâtée,
pâtisserie, pâture, pâturage, pâturon_.
=Patenôtre=, s. f. (et non _patenote, patenosse_), l'oraison dominicale
ou le _Pater noster_;—on comprend aussi sous ce nom l'_Avé_ et les
autres premières prières qu'on apprend aux enfants: _cet enfant sait
sa patenôtre_ (il est populaire).—Il se dit aussi de toute sorte
d'autres prières chrétiennes: _avez-vous achevé vos patenôtres?_ il est
familier et ne se dit qu'en plaisantant.
2. _Patenôtres_, au pluriel, se dit populairement des grains d'un
chapelet, et d'un chapelet tout entier.—Prononcez _pâtenôtre_ (_ô_
long) et non _pâtenote, patenotère_.
=Pater= (prière chrétienne), est masculin et invariable: _dire cinq
Pater et cinq Avé_.
2. _Pater_ et _Avé_ s'écrivent avec une majuscule. (Acad.) Prononcez
_pâtère_ (_â_ long).
=Patère=, s. f., ornement en cuivre ou en tout autre métal qui supporte
les rideaux d'une croisée; dites _une patère_ et non _un patère_.
=Pathos=, s. m., élévation de style affectée, boursoufflure: _c'est du
pathos_.—Prononcez _patôce_.
=Patience=, s'emploie quelquefois absolument et en manière d'adverbe:
_si on lui laissait quelque chose, patience, mais on lui ôte tout;—eh
bien, patience_.
=Pâtir=, v. n., souffrir;—on pâtit _de_ et non _à_ quelque chose:
_il a fait la faute et j'en pâtis_ (et non _j'y pâtis_).—Prononcez
_pâtir_ (_â_ long).
=Pâtis=, s. m., terrain vague, friche où l'on met paître les
bestiaux;—_pâture, pâturer, pâturage_;—dans ces mots l'_â_ est
long;—l'_s_ de pâtis ne se prononce point.
=Patois=, s. m., langage du peuple et des paysans, particulier à chaque
province; _chaque province a son patois; patois namurois, montois,
liégeois_.
=Patraque=, s. f., machine usée ou mal faite et de peu de valeur;
personne faible et débile: _cette montre n'est qu'une patraque, une
vieille patraque; votre voiture est une patraque_;—_je ne suis plus
qu'une vieille patraque_. Ces expressions, quoique françaises, sont
triviales.—Ne dites pas _patracle_.
=Patres= (=ad=), expression latine qui s'emploie dans ces phrases
familières: _aller ad patres_, mourir;—_envoyer ad patres_, faire
mourir.—Prononcez _ad'patrèsse_.
=Patron, Patronne=, _Patronage_ (une _n_) _patronner_ (deux _n_),
_patronal_ (une _n_), _patronnesse_ (deux _n_):—une _patronnesse_,
dame qui dirige une fête ou une œuvre de charité: _une dame
patronnesse_.—Voyez la lettre _n_ pour les cas où l'_n_ se redouble.
=Pâture=, s. f.—N'employez pas ce mot dans le sens de _fourrage_:
_donner du fourrage au bétail_ (et non _de la pâture_).
=Pause=, s. f., cessation, intervalle: _faire une pause_: prononcez
_pôze_ (_ô_ long) et non _pôce_.
=Pauvre=, adj. et subst.; le substantif _pauvre_ a pour féminin
correspondant _pauvresse_ (femme pauvre qui mendie).—Dans le sens
ordinaire, l'adjectif _pauvre_ se met devant ou après le substantif:
_un pauvre homme, une pauvre femme, un pauvre artisan_ (Acad.); ou
bien, _un homme pauvre, une femme pauvre, un artisan pauvre_.—Dans
le sens de chétif, mauvais dans son genre, il se place ordinairement
devant le substantif: _il a fait un pauvre discours; c'est un pauvre
esprit, un pauvre poète; un pauvre musicien_. (Acad.)—Devant les
substantifs exprimant une idée de profession, d'attribution, il
se prend toujours dans ce dernier sens, c'est-à-dire, en mauvaise
part:—_un pauvre peintre_, c'est un mauvais peintre;—_un peintre
pauvre_, c'est un peintre sans fortune.—Prononcez _pau-vre_ et non
_paufe, pauvère_.
2. Ne dites pas: _cela est pauvre, c'est pauvre_; dites, _cela
est misérable, c'est pitoyable_, ou bien, _disgracieux, triste,
déplorable_, selon le sens. (Fland.)
=Pauvret, ette=, adj., diminutif de pauvre; terme de commisération,
d'affection: _le pauvret, la pauvrette ne sait où aller_; il est
familier. (Acad.)
=Pauvreté=, s. f., ne s'emploie au pluriel que dans le sens de choses
sans valeur, basses, viles: _c'est un diseur de pauvretés; ce livre est
rempli de pauvretés_.
=Pauvreteux=, n'est pas français; dites _chétif, pauvre, souffreteux,
malheureux_.
=Pavage=, s. m., ouvrage fait avec des pavés: _un pavage bien fait;
pavage de grès, de pierre dure, de lave_;—il se dit aussi du travail
du paveur et des matériaux fournis par lui: _j'ai payé tant pour le
pavage de ma cour; un mémoire de pavage_.
=Pavé=, s. m. morceau de grès, de pierre dure, de marbre, etc., dont on
se sert pour paver;—assemblage de pavés qui couvrent une aire, une
surface;—il se dit particulièrement en parlant d'un chemin, d'une
rue, etc.: _ne quittez pas le pavé; entretenir le pavé_.—Le mot
_pavée_ n'est pas français.
=Pavement=, s. m., se dit de l'action de paver et des matériaux qu'on
emploie pour cet effet: _il a coûté tant pour le pavement de cette
cour_.—Il se dit plus particulièrement des ouvrages de luxe et de
goût qui forment les pavages intérieurs: _le pavement en mosaïque d'une
église; le pavement des édifices grecs et romains étaient souvent de
marbre de couleur_. (Acad.) Prononcez _pavement_ et non _pafement_.
=Paver=, v. a., couvrir le terrain, le sol d'un chemin, d'une rue,
d'une cour, d'une écurie, d'une salle, etc., avec du grès, de la pierre
dure, du caillou, du marbre, de la brique, etc.—(Acad.)
2. Il suit de là qu'on ne peut pas dire, _mettre un pavé en planches_;
on doit dire, _mettre un plancher ou planchéier_;—on ne peut pas dire
non plus _un pavé en planches_; dites un _plancher_.—Voyez _parquet_
et _plancher_.