4. _Nous autres, vous autres_: voyez _autre_.

=Nouveau, Nouvel, elle=, adj.—_Un habit nouveau_, est un habit à la

mode nouvelle; _un nouvel habit_, est un habit nouvellement fait ou

nouvellement porté.—_Un habit neuf_ est un habit qui vient d'être

fait.

2. L'adjectif _nouveau_, placé devant le substantif, éveille l'idée

de certains objets analogues à ceux que va désigner le substantif; il

exprime un rapport d'ordre, de succession, de nombre.—Placé après le

substantif, il équivaut à _récent_, ou spécifie une chose inconnue

jusque-là dans son genre.—On va chercher dans une bibliothèque de

_nouveaux_ livres; on reçoit d'un auteur un livre _nouveau_.—_Une

nouvelle faute_, c'est une dernière faute ajoutée à des fautes

antérieures;—_une faute nouvelle_, c'est une faute dans un genre

nouveau.

3. Un _nouveau vin_ est un vin mis nouvellement en perce; un _vin

nouveau_ est un vin de l'année.

=Noyau=, s. m., partie dure et ligneuse d'un fruit, abricot,

cerise, etc., qui contient une _amande_;—_l'amande_, est la graine

contenue dans _le noyau_; on mange _l'amande_ et non _le noyau_ de

la noisette, de l'aveline, etc.—Les wallons disent souvent _noyau_

pour _amande_.—_Pierre, pierrette, pirette_, dans le sens de

_noyau_, ne sont pas français.—Prononcez _noi-ieau_ et non _no-ieau,

noi-au_.—Voyez _noix_.

=Nu, nue=, adj.—Il est invariable, lorsqu'il précède le substantif:

_nu-tête, nu-jambes, nu-pieds_.—Cependant en terme de jurisprudence,

on dit _la nue propriété_, c'est-à-dire, la propriété du fonds dont un

autre a l'usufruit.—_Nu_, placé après le substantif, prend le genre

et le nombre du nom: _la tête nue, les pieds nus_.

=Nuit=, s. f., _nuitée, nuitamment, nuire, nuisible_;—_ui_ forme

une diphthongue, laquelle ne compte dans les vers que pour une

syllabe;—prononcez donc _nuit, nuire_, etc., et non _nouit, nouire_ ni

_nu-it, nu-ire_.—V. _ui_.

2. Ne dites pas: _il était dix heures à la nuit ou de la nuit_; dites,

_il était dix heures du soir_.

3. Ne dites pas: _j'ai rêvé, je me suis éveillé de la nuit_; dites,

_pendant la nuit_ ou _la nuit_.

4. Dites, _bonne nuit_ et non _bon soir_, lorsque vous prenez congé de

quelqu'un au moment d'aller vous coucher, autrement dites _bonsoir_ et

non _bonne nuit_: _la bonne nuit_, ne se dit pas.

=Nul, nulle=, adj.; voyez _aucun_.

=Nullité=, s. f., défaut qui rend nul: prononcez _nul'lité_ (en faisant

sentir les deux _ll_).

=Numéro=, s. m., plur. _numéros_: prononcez _numéro_ et non _numèro,

numero_.

O

=O.=—L'_o_ marqué de l'accent circonflexe, est toujours long:

_alcôve, côte, diplôme, hôte_, excepté dans _hôtel, hôtellerie, rôti_

et autres dérivés de _rôt_, lequel a conservé l'_ô_ long, ainsi que

dans _prévôtal, prévôtale, prévôtalement, hôpital_.—Voici la liste

d'un certain nombre de mots qui se prononcent avec l'_o_ long, bien que

la plupart d'entre eux ne portent pas toujours l'accent circonflexe:

_atome, axiome, enjôleur, fosse, fossé, geôle, godron, grosil, idiome,

motus, odeur_ (mais non _odorat_, _odoriférant_), _ôter, prône, prôner,

rapsode, rapsodie, symptôme, tome, zone_.—Les noms propres _Ancône,

Brantôme, Cobourg, Durosoy, Joseph, Rhône, Saône_, et les dérivés,

suivent la même prononciation. (HENNEBERT.)—Ajoutons que plusieurs

grammairiens prononcent _Joseph_, _o_ bref.

=Oasis=, s. f., espace qui dans un désert de sable, offre de la

végétation; ce mot est féminin: _la grande oasis_.—Prononcez _oazice_

et non _owazice, oazi_.

=Obéissance, Soumission.=—La première est une conséquence de la

seconde;—la _soumission_ est dans la volonté et _l'obéissance_,

dans l'action: _celui qui se soumet à Dieu, obéit à sa volonté_:

—_obéissance_ ne s'emploie pas au pluriel.—Prononcez _obé-issance,

obé-ir_ et non _obéi-issance, obéi-ir_.

=Obéré de dettes=, (pléon.)—_Obéré_ est tiré d'un mot latin qui

signifie _endetté_; il faut donc dire _obéré_ tout simplement, ou

_perdu de dettes, chargé de dettes_: _ce négociant est fort obéré_.

=Obit=, s. m., service pour le repos de l'âme d'un mort: prononcez

_obite_.

=Obliger=, devant un infinitif, demande _à_ ou _de_, lorsqu'il signifie

engager, contraindre: _l'envie de parvenir l'a obligé d'étudier;

vous m'obligerez à me fâcher_.—Il prend _de_, lorsqu'il veut dire,

rendre service, et lorsqu'il est employé au passif: _vous m'obligeriez

beaucoup d'aller lui parler; il fut obligé de sortir; je serai obligé

de vous punir_,—_S'obliger_ demande _à_: _prêtez-moi ce livre, je

m'oblige à vous le rendre_ (et non _de vous le rendre_) _dans deux

jours_.

=Obliquité=, s. f., inclinaison; prononcez _oblikité_ et non

_oblikuité_.

=Obsèques=, s. f. pl., funérailles solennelles.—Ce mot est féminin et

n'a pas de singulier; dites donc, _on lui a fait de belles_ (et non _de

beaux_) _obsèques; on a célébré des obsèques solennelles_ (et non _un

obsèque solennel_ ni _des obsèques solennels_.)

Dictionnaire du bon langage Contenant les difficultés de la langue française, les règles et les fautes de prononciation, les locutions vicieuses, les wallonnismes, les flandricismes, etc. · 第 90 / 164 题