=Nouveau, Nouvel, elle=, adj.—_Un habit nouveau_, est un habit à la
mode nouvelle; _un nouvel habit_, est un habit nouvellement fait ou
nouvellement porté.—_Un habit neuf_ est un habit qui vient d'être
fait.
2. L'adjectif _nouveau_, placé devant le substantif, éveille l'idée
de certains objets analogues à ceux que va désigner le substantif; il
exprime un rapport d'ordre, de succession, de nombre.—Placé après le
substantif, il équivaut à _récent_, ou spécifie une chose inconnue
jusque-là dans son genre.—On va chercher dans une bibliothèque de
_nouveaux_ livres; on reçoit d'un auteur un livre _nouveau_.—_Une
nouvelle faute_, c'est une dernière faute ajoutée à des fautes
antérieures;—_une faute nouvelle_, c'est une faute dans un genre
nouveau.
3. Un _nouveau vin_ est un vin mis nouvellement en perce; un _vin
nouveau_ est un vin de l'année.
=Noyau=, s. m., partie dure et ligneuse d'un fruit, abricot,
cerise, etc., qui contient une _amande_;—_l'amande_, est la graine
contenue dans _le noyau_; on mange _l'amande_ et non _le noyau_ de
la noisette, de l'aveline, etc.—Les wallons disent souvent _noyau_
pour _amande_.—_Pierre, pierrette, pirette_, dans le sens de
_noyau_, ne sont pas français.—Prononcez _noi-ieau_ et non _no-ieau,
noi-au_.—Voyez _noix_.
=Nu, nue=, adj.—Il est invariable, lorsqu'il précède le substantif:
_nu-tête, nu-jambes, nu-pieds_.—Cependant en terme de jurisprudence,
on dit _la nue propriété_, c'est-à-dire, la propriété du fonds dont un
autre a l'usufruit.—_Nu_, placé après le substantif, prend le genre
et le nombre du nom: _la tête nue, les pieds nus_.
=Nuit=, s. f., _nuitée, nuitamment, nuire, nuisible_;—_ui_ forme
une diphthongue, laquelle ne compte dans les vers que pour une
syllabe;—prononcez donc _nuit, nuire_, etc., et non _nouit, nouire_ ni
_nu-it, nu-ire_.—V. _ui_.
2. Ne dites pas: _il était dix heures à la nuit ou de la nuit_; dites,
_il était dix heures du soir_.
3. Ne dites pas: _j'ai rêvé, je me suis éveillé de la nuit_; dites,
_pendant la nuit_ ou _la nuit_.
4. Dites, _bonne nuit_ et non _bon soir_, lorsque vous prenez congé de
quelqu'un au moment d'aller vous coucher, autrement dites _bonsoir_ et
non _bonne nuit_: _la bonne nuit_, ne se dit pas.
=Nul, nulle=, adj.; voyez _aucun_.
=Nullité=, s. f., défaut qui rend nul: prononcez _nul'lité_ (en faisant
sentir les deux _ll_).
=Numéro=, s. m., plur. _numéros_: prononcez _numéro_ et non _numèro,
numero_.
O
=O.=—L'_o_ marqué de l'accent circonflexe, est toujours long:
_alcôve, côte, diplôme, hôte_, excepté dans _hôtel, hôtellerie, rôti_
et autres dérivés de _rôt_, lequel a conservé l'_ô_ long, ainsi que
dans _prévôtal, prévôtale, prévôtalement, hôpital_.—Voici la liste
d'un certain nombre de mots qui se prononcent avec l'_o_ long, bien que
la plupart d'entre eux ne portent pas toujours l'accent circonflexe:
_atome, axiome, enjôleur, fosse, fossé, geôle, godron, grosil, idiome,
motus, odeur_ (mais non _odorat_, _odoriférant_), _ôter, prône, prôner,
rapsode, rapsodie, symptôme, tome, zone_.—Les noms propres _Ancône,
Brantôme, Cobourg, Durosoy, Joseph, Rhône, Saône_, et les dérivés,
suivent la même prononciation. (HENNEBERT.)—Ajoutons que plusieurs
grammairiens prononcent _Joseph_, _o_ bref.
=Oasis=, s. f., espace qui dans un désert de sable, offre de la
végétation; ce mot est féminin: _la grande oasis_.—Prononcez _oazice_
et non _owazice, oazi_.
=Obéissance, Soumission.=—La première est une conséquence de la
seconde;—la _soumission_ est dans la volonté et _l'obéissance_,
dans l'action: _celui qui se soumet à Dieu, obéit à sa volonté_:
—_obéissance_ ne s'emploie pas au pluriel.—Prononcez _obé-issance,
obé-ir_ et non _obéi-issance, obéi-ir_.
=Obéré de dettes=, (pléon.)—_Obéré_ est tiré d'un mot latin qui
signifie _endetté_; il faut donc dire _obéré_ tout simplement, ou
_perdu de dettes, chargé de dettes_: _ce négociant est fort obéré_.
=Obit=, s. m., service pour le repos de l'âme d'un mort: prononcez
_obite_.
=Obliger=, devant un infinitif, demande _à_ ou _de_, lorsqu'il signifie
engager, contraindre: _l'envie de parvenir l'a obligé d'étudier;
vous m'obligerez à me fâcher_.—Il prend _de_, lorsqu'il veut dire,
rendre service, et lorsqu'il est employé au passif: _vous m'obligeriez
beaucoup d'aller lui parler; il fut obligé de sortir; je serai obligé
de vous punir_,—_S'obliger_ demande _à_: _prêtez-moi ce livre, je
m'oblige à vous le rendre_ (et non _de vous le rendre_) _dans deux
jours_.
=Obliquité=, s. f., inclinaison; prononcez _oblikité_ et non
_oblikuité_.
=Obsèques=, s. f. pl., funérailles solennelles.—Ce mot est féminin et
n'a pas de singulier; dites donc, _on lui a fait de belles_ (et non _de
beaux_) _obsèques; on a célébré des obsèques solennelles_ (et non _un
obsèque solennel_ ni _des obsèques solennels_.)