6. _Droits mortuaires_, droits perçus pour les cérémonies funèbres.

7. _Mortuaire_, comme substantif, n'est pas français; ne dites donc pas

_la mortuaire_, pour _la maison, le domicile_ du défunt, de la défunte.

=Mot=, s. m.: prononcez _mô_ et non _mote_.

=Mote=, s. f., petit insecte; ce mot n'est pas français; dites _mite_,

s. f: _ce fromage est plein de mites_.

=Motus=, interj., silence!—prononcez _motuce_.

=Moucher=, v. a. et pr.—Ne dites pas: _je mouche vingt fois en une

heure_, mais, _je me mouche_.

2. Ne dites pas non plus: _mouchez votre nez_, mais simplement,

_mouchez-vous_.

3. Pourtant, on peut dire absolument, dans le même sens que s'il

était accompagné du pronom: _si cet enfant pouvait moucher, il serait

soulagé; il ne mouche presque point_. (Acad).

4. On peut encore dire dans le sens absolu, _moucher, fatiguer_: _cet

enfant mouche beaucoup; ce cheval fatigue beaucoup_.

5. Ne dites pas: _moucher une lumière_, mais _moucher une

chandelle_;—ne dites pas _émoucher_.

=Moucheron=, s. m., bout de la mèche d'une chandelle allumée;

—_mouchures_, s. f. pl., ce qu'on a retranché ordinairement avec les

mouchettes.—_Moucheron_ se dit aussi de toute espèce de petite mouche,

mais _mouchette_, pour moucheron, n'est pas français.

=Mouchettes=, s. f. pl., n'a pas de singulier: dites donc _les

mouchettes_ et non _la mouchette_ ni _l'émouchette_ ni _les

émouchettes_.

=Mouchoir=, s. m., carré de toile qui sert à se moucher.—_Mouchoir

de cou_ se dit du fichu d'une femme; mais quand on parle d'un homme il

faut dire _cravate_ et non _mouchoir_ ni _mouchoir de cou_.

=Moudre=, v. a.—Dites, _nous moulons, vous moulez, ils moulent, je

moudrai, il faut que je moule, il fallait que je moulusse_.

=Moufle=, s. f., gros gant de cuir ou de laine où il n'y a pas de

séparation pour les doigts, excepté pour le pouce; prononcez _mou-fle_

et non _moufe, moufèle_.

=Moule=, s. f., mollusque bon à manger;—_moule_, s., est masculin,

quand il signifie un modèle creux donnant la forme déterminée à la

matière que l'on moule: _retirer un vase du moule_.

=Moulin=, s. m.—Ne dites pas: _moulin à filer_; dites,

_rouet_:—prononcez _rou-et_ et non _rou-wet_.

=Mourir=, v. n.—Ne dites pas: _il a été fait mourir_; dites, _il a

été exécuté, mis à mort; on l'a fait mourir_.

2. Dites, _je meurs d'envie d'aller revoir mon pays_, et non, _je meurs

d'aller revoir mon pays_.

=Mouron=, s. m., plante que l'on donne aux oiseaux; ne dites pas

_moron_.

=Moussu, Mousseux=, adj.—_Moussu_ se dit de ce qui est couvert de

mousse;—_mousseux_, de ce qui mousse: _il a jeté une bouteille de

champagne mousseux sur ce rocher moussu_.

=Moustache=, s. f.—Ce mot s'emploie généralement au singulier; ne

dites donc pas: _cet homme porte de longues moustaches_, mais, _une

longue moustache_; _il relève sa moustache_ et non _ses moustaches_;

_sa moustache grisonne_ et non _ses moustaches..._

=Moyen=, s. m., se dit, au pluriel seulement, des richesses, des

facultés pécuniaires: _je ne connais pas ses moyens; ses moyens ne sont

pas considérables_. (Ac.)

2. Ne dites donc pas avec les wallons: _ce fermier a bien le moyen;

tu as bien le moyen de faire cette dépense_; dites, _ce fermier est

riche, a de la fortune; tes moyens te permettent de faire cette

dépense_.—Prononcez _moi-ien_ et non _moi-en_ ni _mo-ien_.—Voyez

_fortuné_.

3. Ne dites pas: _les étrangers sont admis au moyen d'une légère

rétribution_; dites, _moyennant une légère rétribution_.

=Moyennant que=, est une mauvaise expression qu'il faut remplacer par

_pourvu que, à condition que_;—_on vous donnera ce livre, pourvu que

vous soyez sage_ et non _moyennant que vous soyez sage_.—Prononcez

_moi-iènant_ et non _moi-ènan_, ni _mo-iènan, moi-ien-nan_.

=Moyenné, ée=, adj.—Ne dites pas _un homme moyenné, un homme qui

n'est pas moyenné_; dites, _un homme riche, qui a de la fortune, qui

n'a pas de la fortune_.—Voyez _fortuné_.

=Muffle=, s. m.—Ne dites pas: _c'est un muffle_; dites, _c'est un

orgueilleux, un vaniteux_.—_Muffle_ est une expression de bas étage.

=Mufti=, s. m., le chef de la religion mahométane; on écrit aussi

_muphti_.

=Mur=, s. m., clôture de pierres: prononcez l'_u_ bref;—_mûr_, adj.

(fruit), bon à cueillir; prononcez l'_u_ long; écrivez et prononcez de

même _mûrir, mûrement_.

=Murailler=: voyez _emmurailler_.

=Mûre=, s. f.—Ne dites pas: _feuilles de mûre_; dites, _feuilles

de mûrier_, comme on dit feuilles de chêne, de noyer, de vigne,

etc.—Voyez _orange_.

=Muséum=, s. m., musée; l'Académie ne donne pas d'exemple du pluriel,

mais nous pensons qu'il faut écrire _des muséums_ avec l'_s_ comme on

écrit _des factums_: prononcez _muséome_ et non _musé-i-ome_.

=Mustache=, n'est pas français; dites, _moustache_: _une moustache

noire_.—Voyez ce mot.

=Mutuellement=, adv.—Ne dites pas: _ils se sont entre-nui, entraidés

mutuellement_; dites simplement, _ils se sont entre-nui, ils se sont

entraidés_. (Pléon. vicieux).

=Myope, Presbyte.=—Une personne qui voit de près et non de loin, est

_myope_;—une personne, au contraire, qui voit de loin et non de près,

est _presbyte_.

N

=N.=—A la fin des mots, on doit faire sentir l'_n_ dans _abdomen,

Éden, hymen, le Tarn_ et dans tous les mots où elle est unie avec le

mot qui le suit, lorsque ce mot commence par une voyelle ou une _h_

muette: ainsi, _ancien ami, vilain homme_ se prononcent _ancien n'ami,

vilain n'homme_.—Mais si l'_n_ se trouvait à la fin d'un _substantif_

suivi immédiatement d'un adjectif commençant par une voyelle ou une _h_

muette, on ne devrait point la prononcer: ainsi l'on dira, _une passion

aveugle_ et non _une passion n'aveugle_ ni _une passio n'aveugle_,

parce que le substantif n'est pas nécessairement lié avec l'adjectif

dans l'ordre grammatical.

2. Il en est de même du mot _en_, soit préposition, soit

adverbe.—L'_n_ finale se fait sentir lorsque ce mot est suivi d'un

autre mot commençant par une voyelle ou une _h_ aspirée avec lequel

il a un rapport nécessaire, comme dans ces phrases: _agir en ami,

voyager en Allemagne_, que l'on prononce comme s'il y avait, _agir

en n'ami, voyager en n'Allemagne_.—Mais on dira: _allez-vous-en au

jardin, donnez-m'en un peu_, sans faire sentir l'_n_, parce que dans

ces phrases, le mot _en_ n'a pas un rapport nécessaire avec le mot qui

le suit.

3. =Nn.=—Les deux _n_ se font sentir dans la prononciation de

_inn_ au commencement des mots, comme dans _inné, innover, innommé,

innombrable_, etc.; excepté _innocent_ et ses dérivés.—Elles se

font également sentir dans tous les mots qui sortent du langage

ordinaire, et dans les noms propres, tels que _annal_, adj., _annales,

annaliste, annate, biennal, bisannuel, conné, décennal, triennal,

vicennal, septennal, surannation; Anna, Annibal, Apennins, Brennus,

Cinna, Enna, Ennius, Porsenna_, etc.; mais _Cincinnatus_ se prononce

plus communément _Cinci-natuce_.—On prononce également les deux _n_

dans _annuaire, annuel, annuité, annexe_, (l'Académie ne dit rien

d'_annexé_), _annihilation, annihiler, annoise, annoter, connexe,

connexion, connexité, annoter, annotation, annotateur, connivence,

ennéagone, henné_; et aussi dans _Jenny, Sennachérib_.—On ne prononce

qu'une _n_ dans les mots suivants: _banne, banneau, banner, banneret,

banneton, bannette, bannière, bannir, bannissable, bannissement_.

(HENNEBERT.)

4. =N=, se redouble: 1º dans les mots commençant par le son _conn_

suivi d'une voyelle, comme _connaître, connétable, connexe,

connivence_: il faut excepter _cône, conoïde_.

2º Dans les terminaisons en _onner_, comme _couronner, tonner,

patronner_, etc.: on écrit cependant _détrôner_.

3º En général _n_ se double devant une voyelle dans les dérivés

des mots terminés en on: _raison, raisonner_; _son, sonner,

résonner_; _pardon, pardonner_; _ton, entonner, détonner_ (sortir

du ton); _bon, bonne, bonnement_; _condition, conditionnel,

conditionnellement_.—Cette règle admet de nombreuses exceptions;

ainsi quoique _don_ fournisse _donner_, on écrit _donataire, donateur,

donation_; on écrit aussi _démoniaque_, qui dérive de _démon_;

_détoner_, (faire explosion) et _détonation_ (explosion); _limonade_

de _limon_; _patronal, patronage_ de _patron_; _colonie, colonisation_

de _colon_; _bonifier, bonification_ de _bon_; _cantonal_ de _canton_;

_national, nationalité_ de _nation_; _septentrional_ de _septentrion_;

_sonore_ de _son_; _bonheur, bonhomme_ de _bon_, etc.

4º _N_ se double presque toujours après les voyelles _a, e, o_, quand

la syllabe est brève: _canne, colonne, méridienne_.

5º Avec le son _en_ prononcé comme dans _moyen_, précédé d'un _i_ ou

d'un _y_, on double l'_n_ lorsqu'elle est suivie du son de l'_e_ muet:

_païen, païenne_; _il tient, ils tiennent_.

5. Quand _n_ est redoublée, elle ne donne jamais à la voyelle

précédente le son nasal, si ce n'est dans _ennobli, ennui_ et leurs

dérivés.—Ainsi deux _nn_ ne servent qu'à rendre brève la syllabe

précédente: _anneau, année, innocent_ se prononcent comme s'il n'y

avait qu'une _n_. (SOULIER et SARDOU.)

=Nacre=, s., matière blanche et brillante qui forme l'intérieur

d'un grand nombre de coquilles; ce mot est féminin: _de la

nacre_.—Prononcez _na-cre_ et non _nake_ ni _nakère_.

=Naguère= ou =Naguères=, adv., il y a peu de temps.

=Nain=, s., qui est d'une taille bien au-dessous de l'ordinaire; le

féminin est _naine_ et non _nine_: prononcez _nène_ et non _nain-ne,

nine_.

=Naphte=, s. masculin, espèce de bitume très-subtil et très-ardent,

qui brûle dans l'eau: _du naphte_.—On le faisait autrefois du

féminin.—Prononcez _naf-te_ et non _nafe_.

=Narrer=, v. a., raconter;—_narration, narratif, narrateur_:—dans

tous ces mots, faites entendre les deux _rr_.

=Nasal, ale=, adj.—Quelques grammairiens disent que le pluriel

masculin est _nasals_; cependant l'Académie dit _os nasaux_.

=Natal, ale=, adj.—Il se dit du lieu et de l'époque de la naissance:

_endroit natal, jour natal_.—Ce mot n'a pas de pluriel masculin

(Acad.); quelques grammairiens ont dit au pluriel _natals_.

=Natif, ive=, adj., se dit des personnes en parlant du lieu où elles

ont pris naissance, et suppose ordinairement l'établissement fixe des

parents, l'éducation, etc.; à la différence de _né_, qui peut supposer

seulement la naissance accidentelle: _Grétry était natif de Liége_;

_Rubens est né_ (accidentellement) _à Cologne_. (Acad.)

2. _Né natif_ est un sot pléonasme qui est assez commun chez les

personnes du peuple, mais qu'il faut éviter: _je suis natif de Namur_

et non, _né natif de Namur_.

=National, ale=, adj.—_Garde nationale_ et _garde national_: voyez

_garde_.—_National_ ne double pas l'_n_.

=Naval, ale=, adj., qui est relatif aux vaisseaux de guerre; il

n'a point de pluriel suivant l'Académie; Laveaux, Levizac, etc.;

MM. Noël et Chapsal disent _navals_; Boinvilliers dit des _combats

navaux_.—Nous sommes de l'avis de l'Académie; on fait disparaître

la difficulté en remplaçant le substantif masculin par un synonyme

féminin: ainsi au lieu de dire _des combats navaux_, dites _des

batailles navales_.

=Navet=, s. m., plante dont la racine sert à la nourriture des hommes

et des bestiaux; écrivez et prononcez _navet_ (_et_ bref) et non

_navai, navau_.

=Navire, Vaisseau=, s. m.—_Vaisseau_ désigne un grand bâtiment de

guerre, un bâtiment de l'État;—_navire_ se dit plutôt des bâtiments

de commerce: on dira donc _un navire de soixante tonneaux, un vaisseau

de quatre-vingt-dix canons_.—Une frégate, un brick de guerre, une

gabarre même, ne sont pas des _vaisseaux_, ce sont des _navires_, ou

mieux des _bâtiments_.

=Nayer= (=se=), =Se Nier=, v. p., ne sont pas français;—ne dites pas _ces

enfants se nayent, cette femme s'est nayée dans l'Ourthe_; dites, _ces

enfants se noient, cette femme s'est noyée..._

=Ne=, adv.—Il faut avoir soin de ne supprimer _ne_ que dans les

locutions reçues et autorisées; partout ailleurs ce sont de grossiers

solécismes.—Ne dites donc pas: _c'est délicat, point tortueux,

point cupide_; dites, _ce n'est point tortueux, ce n'est point

cupide_.—Prononcez _ne_ (_e_ muet) et non _nè_.

Dictionnaire du bon langage Contenant les difficultés de la langue française, les règles et les fautes de prononciation, les locutions vicieuses, les wallonnismes, les flandricismes, etc. · 第 86 / 164 题