7. _Mortuaire_, comme substantif, n'est pas français; ne dites donc pas
_la mortuaire_, pour _la maison, le domicile_ du défunt, de la défunte.
=Mot=, s. m.: prononcez _mô_ et non _mote_.
=Mote=, s. f., petit insecte; ce mot n'est pas français; dites _mite_,
s. f: _ce fromage est plein de mites_.
=Motus=, interj., silence!—prononcez _motuce_.
=Moucher=, v. a. et pr.—Ne dites pas: _je mouche vingt fois en une
heure_, mais, _je me mouche_.
2. Ne dites pas non plus: _mouchez votre nez_, mais simplement,
_mouchez-vous_.
3. Pourtant, on peut dire absolument, dans le même sens que s'il
était accompagné du pronom: _si cet enfant pouvait moucher, il serait
soulagé; il ne mouche presque point_. (Acad).
4. On peut encore dire dans le sens absolu, _moucher, fatiguer_: _cet
enfant mouche beaucoup; ce cheval fatigue beaucoup_.
5. Ne dites pas: _moucher une lumière_, mais _moucher une
chandelle_;—ne dites pas _émoucher_.
=Moucheron=, s. m., bout de la mèche d'une chandelle allumée;
—_mouchures_, s. f. pl., ce qu'on a retranché ordinairement avec les
mouchettes.—_Moucheron_ se dit aussi de toute espèce de petite mouche,
mais _mouchette_, pour moucheron, n'est pas français.
=Mouchettes=, s. f. pl., n'a pas de singulier: dites donc _les
mouchettes_ et non _la mouchette_ ni _l'émouchette_ ni _les
émouchettes_.
=Mouchoir=, s. m., carré de toile qui sert à se moucher.—_Mouchoir
de cou_ se dit du fichu d'une femme; mais quand on parle d'un homme il
faut dire _cravate_ et non _mouchoir_ ni _mouchoir de cou_.
=Moudre=, v. a.—Dites, _nous moulons, vous moulez, ils moulent, je
moudrai, il faut que je moule, il fallait que je moulusse_.
=Moufle=, s. f., gros gant de cuir ou de laine où il n'y a pas de
séparation pour les doigts, excepté pour le pouce; prononcez _mou-fle_
et non _moufe, moufèle_.
=Moule=, s. f., mollusque bon à manger;—_moule_, s., est masculin,
quand il signifie un modèle creux donnant la forme déterminée à la
matière que l'on moule: _retirer un vase du moule_.
=Moulin=, s. m.—Ne dites pas: _moulin à filer_; dites,
_rouet_:—prononcez _rou-et_ et non _rou-wet_.
=Mourir=, v. n.—Ne dites pas: _il a été fait mourir_; dites, _il a
été exécuté, mis à mort; on l'a fait mourir_.
2. Dites, _je meurs d'envie d'aller revoir mon pays_, et non, _je meurs
d'aller revoir mon pays_.
=Mouron=, s. m., plante que l'on donne aux oiseaux; ne dites pas
_moron_.
=Moussu, Mousseux=, adj.—_Moussu_ se dit de ce qui est couvert de
mousse;—_mousseux_, de ce qui mousse: _il a jeté une bouteille de
champagne mousseux sur ce rocher moussu_.
=Moustache=, s. f.—Ce mot s'emploie généralement au singulier; ne
dites donc pas: _cet homme porte de longues moustaches_, mais, _une
longue moustache_; _il relève sa moustache_ et non _ses moustaches_;
_sa moustache grisonne_ et non _ses moustaches..._
=Moyen=, s. m., se dit, au pluriel seulement, des richesses, des
facultés pécuniaires: _je ne connais pas ses moyens; ses moyens ne sont
pas considérables_. (Ac.)
2. Ne dites donc pas avec les wallons: _ce fermier a bien le moyen;
tu as bien le moyen de faire cette dépense_; dites, _ce fermier est
riche, a de la fortune; tes moyens te permettent de faire cette
dépense_.—Prononcez _moi-ien_ et non _moi-en_ ni _mo-ien_.—Voyez
_fortuné_.
3. Ne dites pas: _les étrangers sont admis au moyen d'une légère
rétribution_; dites, _moyennant une légère rétribution_.
=Moyennant que=, est une mauvaise expression qu'il faut remplacer par
_pourvu que, à condition que_;—_on vous donnera ce livre, pourvu que
vous soyez sage_ et non _moyennant que vous soyez sage_.—Prononcez
_moi-iènant_ et non _moi-ènan_, ni _mo-iènan, moi-ien-nan_.
=Moyenné, ée=, adj.—Ne dites pas _un homme moyenné, un homme qui
n'est pas moyenné_; dites, _un homme riche, qui a de la fortune, qui
n'a pas de la fortune_.—Voyez _fortuné_.
=Muffle=, s. m.—Ne dites pas: _c'est un muffle_; dites, _c'est un
orgueilleux, un vaniteux_.—_Muffle_ est une expression de bas étage.
=Mufti=, s. m., le chef de la religion mahométane; on écrit aussi
_muphti_.
=Mur=, s. m., clôture de pierres: prononcez l'_u_ bref;—_mûr_, adj.
(fruit), bon à cueillir; prononcez l'_u_ long; écrivez et prononcez de
même _mûrir, mûrement_.
=Murailler=: voyez _emmurailler_.
=Mûre=, s. f.—Ne dites pas: _feuilles de mûre_; dites, _feuilles
de mûrier_, comme on dit feuilles de chêne, de noyer, de vigne,
etc.—Voyez _orange_.
=Muséum=, s. m., musée; l'Académie ne donne pas d'exemple du pluriel,
mais nous pensons qu'il faut écrire _des muséums_ avec l'_s_ comme on
écrit _des factums_: prononcez _muséome_ et non _musé-i-ome_.
=Mustache=, n'est pas français; dites, _moustache_: _une moustache
noire_.—Voyez ce mot.
=Mutuellement=, adv.—Ne dites pas: _ils se sont entre-nui, entraidés
mutuellement_; dites simplement, _ils se sont entre-nui, ils se sont
entraidés_. (Pléon. vicieux).
=Myope, Presbyte.=—Une personne qui voit de près et non de loin, est
_myope_;—une personne, au contraire, qui voit de loin et non de près,
est _presbyte_.
N
=N.=—A la fin des mots, on doit faire sentir l'_n_ dans _abdomen,
Éden, hymen, le Tarn_ et dans tous les mots où elle est unie avec le
mot qui le suit, lorsque ce mot commence par une voyelle ou une _h_
muette: ainsi, _ancien ami, vilain homme_ se prononcent _ancien n'ami,
vilain n'homme_.—Mais si l'_n_ se trouvait à la fin d'un _substantif_
suivi immédiatement d'un adjectif commençant par une voyelle ou une _h_
muette, on ne devrait point la prononcer: ainsi l'on dira, _une passion
aveugle_ et non _une passion n'aveugle_ ni _une passio n'aveugle_,
parce que le substantif n'est pas nécessairement lié avec l'adjectif
dans l'ordre grammatical.
2. Il en est de même du mot _en_, soit préposition, soit
adverbe.—L'_n_ finale se fait sentir lorsque ce mot est suivi d'un
autre mot commençant par une voyelle ou une _h_ aspirée avec lequel
il a un rapport nécessaire, comme dans ces phrases: _agir en ami,
voyager en Allemagne_, que l'on prononce comme s'il y avait, _agir
en n'ami, voyager en n'Allemagne_.—Mais on dira: _allez-vous-en au
jardin, donnez-m'en un peu_, sans faire sentir l'_n_, parce que dans
ces phrases, le mot _en_ n'a pas un rapport nécessaire avec le mot qui
le suit.
3. =Nn.=—Les deux _n_ se font sentir dans la prononciation de
_inn_ au commencement des mots, comme dans _inné, innover, innommé,
innombrable_, etc.; excepté _innocent_ et ses dérivés.—Elles se
font également sentir dans tous les mots qui sortent du langage
ordinaire, et dans les noms propres, tels que _annal_, adj., _annales,
annaliste, annate, biennal, bisannuel, conné, décennal, triennal,
vicennal, septennal, surannation; Anna, Annibal, Apennins, Brennus,
Cinna, Enna, Ennius, Porsenna_, etc.; mais _Cincinnatus_ se prononce
plus communément _Cinci-natuce_.—On prononce également les deux _n_
dans _annuaire, annuel, annuité, annexe_, (l'Académie ne dit rien
d'_annexé_), _annihilation, annihiler, annoise, annoter, connexe,
connexion, connexité, annoter, annotation, annotateur, connivence,
ennéagone, henné_; et aussi dans _Jenny, Sennachérib_.—On ne prononce
qu'une _n_ dans les mots suivants: _banne, banneau, banner, banneret,
banneton, bannette, bannière, bannir, bannissable, bannissement_.
(HENNEBERT.)
4. =N=, se redouble: 1º dans les mots commençant par le son _conn_
suivi d'une voyelle, comme _connaître, connétable, connexe,
connivence_: il faut excepter _cône, conoïde_.
2º Dans les terminaisons en _onner_, comme _couronner, tonner,
patronner_, etc.: on écrit cependant _détrôner_.
3º En général _n_ se double devant une voyelle dans les dérivés
des mots terminés en on: _raison, raisonner_; _son, sonner,
résonner_; _pardon, pardonner_; _ton, entonner, détonner_ (sortir
du ton); _bon, bonne, bonnement_; _condition, conditionnel,
conditionnellement_.—Cette règle admet de nombreuses exceptions;
ainsi quoique _don_ fournisse _donner_, on écrit _donataire, donateur,
donation_; on écrit aussi _démoniaque_, qui dérive de _démon_;
_détoner_, (faire explosion) et _détonation_ (explosion); _limonade_
de _limon_; _patronal, patronage_ de _patron_; _colonie, colonisation_
de _colon_; _bonifier, bonification_ de _bon_; _cantonal_ de _canton_;
_national, nationalité_ de _nation_; _septentrional_ de _septentrion_;
_sonore_ de _son_; _bonheur, bonhomme_ de _bon_, etc.
4º _N_ se double presque toujours après les voyelles _a, e, o_, quand
la syllabe est brève: _canne, colonne, méridienne_.
5º Avec le son _en_ prononcé comme dans _moyen_, précédé d'un _i_ ou
d'un _y_, on double l'_n_ lorsqu'elle est suivie du son de l'_e_ muet:
_païen, païenne_; _il tient, ils tiennent_.
5. Quand _n_ est redoublée, elle ne donne jamais à la voyelle
précédente le son nasal, si ce n'est dans _ennobli, ennui_ et leurs
dérivés.—Ainsi deux _nn_ ne servent qu'à rendre brève la syllabe
précédente: _anneau, année, innocent_ se prononcent comme s'il n'y
avait qu'une _n_. (SOULIER et SARDOU.)
=Nacre=, s., matière blanche et brillante qui forme l'intérieur
d'un grand nombre de coquilles; ce mot est féminin: _de la
nacre_.—Prononcez _na-cre_ et non _nake_ ni _nakère_.
=Naguère= ou =Naguères=, adv., il y a peu de temps.
=Nain=, s., qui est d'une taille bien au-dessous de l'ordinaire; le
féminin est _naine_ et non _nine_: prononcez _nène_ et non _nain-ne,
nine_.
=Naphte=, s. masculin, espèce de bitume très-subtil et très-ardent,
qui brûle dans l'eau: _du naphte_.—On le faisait autrefois du
féminin.—Prononcez _naf-te_ et non _nafe_.
=Narrer=, v. a., raconter;—_narration, narratif, narrateur_:—dans
tous ces mots, faites entendre les deux _rr_.
=Nasal, ale=, adj.—Quelques grammairiens disent que le pluriel
masculin est _nasals_; cependant l'Académie dit _os nasaux_.
=Natal, ale=, adj.—Il se dit du lieu et de l'époque de la naissance:
_endroit natal, jour natal_.—Ce mot n'a pas de pluriel masculin
(Acad.); quelques grammairiens ont dit au pluriel _natals_.
=Natif, ive=, adj., se dit des personnes en parlant du lieu où elles
ont pris naissance, et suppose ordinairement l'établissement fixe des
parents, l'éducation, etc.; à la différence de _né_, qui peut supposer
seulement la naissance accidentelle: _Grétry était natif de Liége_;
_Rubens est né_ (accidentellement) _à Cologne_. (Acad.)
2. _Né natif_ est un sot pléonasme qui est assez commun chez les
personnes du peuple, mais qu'il faut éviter: _je suis natif de Namur_
et non, _né natif de Namur_.
=National, ale=, adj.—_Garde nationale_ et _garde national_: voyez
_garde_.—_National_ ne double pas l'_n_.
=Naval, ale=, adj., qui est relatif aux vaisseaux de guerre; il
n'a point de pluriel suivant l'Académie; Laveaux, Levizac, etc.;
MM. Noël et Chapsal disent _navals_; Boinvilliers dit des _combats
navaux_.—Nous sommes de l'avis de l'Académie; on fait disparaître
la difficulté en remplaçant le substantif masculin par un synonyme
féminin: ainsi au lieu de dire _des combats navaux_, dites _des
batailles navales_.
=Navet=, s. m., plante dont la racine sert à la nourriture des hommes
et des bestiaux; écrivez et prononcez _navet_ (_et_ bref) et non
_navai, navau_.
=Navire, Vaisseau=, s. m.—_Vaisseau_ désigne un grand bâtiment de
guerre, un bâtiment de l'État;—_navire_ se dit plutôt des bâtiments
de commerce: on dira donc _un navire de soixante tonneaux, un vaisseau
de quatre-vingt-dix canons_.—Une frégate, un brick de guerre, une
gabarre même, ne sont pas des _vaisseaux_, ce sont des _navires_, ou
mieux des _bâtiments_.
=Nayer= (=se=), =Se Nier=, v. p., ne sont pas français;—ne dites pas _ces
enfants se nayent, cette femme s'est nayée dans l'Ourthe_; dites, _ces
enfants se noient, cette femme s'est noyée..._
=Ne=, adv.—Il faut avoir soin de ne supprimer _ne_ que dans les
locutions reçues et autorisées; partout ailleurs ce sont de grossiers
solécismes.—Ne dites donc pas: _c'est délicat, point tortueux,
point cupide_; dites, _ce n'est point tortueux, ce n'est point
cupide_.—Prononcez _ne_ (_e_ muet) et non _nè_.