5. Ne dites pas: _je vous verrai ce midi_; dites, _à midi_.

6. Ne dites pas: _il rentre toujours sur le midi_; dites _à midi, vers

midi_; dites de même, _avant midi, après midi, avant minuit, après

minuit, vers minuit_.

7. Ne dites pas: _midi et quart, minuit et quart_; dites, _midi et un

quart, minuit et un quart_. Voyez _quart_ et _liaisons affectées_.

8. Ne dites pas: _avez-vous fait midi, avez-vous mangé le midi_, dites,

_avez-vous dîné_?

9. _Après-midi_, s. f.: _je vous ai attendu toute l'après-midi_.

—Plusieurs, dit l'Académie, le font du masculin;—le pluriel s'écrit

comme le singulier: _il passe toutes ses après-midi à étudier_,

c'est-à-dire, toutes ses heures de l'après-midi.

=Mier=, v. a., mettre le pain en miettes, n'est pas français; dites

_émier_ ou _émietter_.

=Miette, Mie=, s. f.—_Miette_ signifie petite partie, petit

morceau;—_mie_ ne se dit que de la partie du pain qui se trouve

entre les deux croûtes: _des miettes_ (et non _des mies_) _de sucre;

donnez m'en une miette; vous ne lui en avez donné qu'une miette_;—_il

n'a plus de dents, il ne mange plus que de la mie_ (et non _de la

miette_).—Prononcez _miette_ (_iette_ diphth.) et non _mi-ette_ ni

_mi-iette_.

=Mieux=, adv. comp.—Dites, _c'est ma mère que j'aime le mieux, le

plus_, et non, _la mieux, la plus_: _le mieux_ est ici superlatif et

conséquemment invariable.

2. Lorsque _mieux_ est suivi de deux infinitifs, on met ou l'on

supprime la préposition _de_ devant le second: _j'aime mieux vous

déplaire que vous tromper_, ou _que de vous tromper_.—L'emploi de la

préposition _de_ est néanmoins préférable.

3. _Aimer mieux_ et _il vaut mieux_, suivis d'un infinitif, ne doivent

pas être suivis des prépositions _de_ ni _à_: _j'aime mieux étudier, il

vaut mieux étudier_, et non _d'étudier_ ni _à étudier_.—Voyez _aimer_

et _valoir_.

4. Ne dites pas: _il chante, il joue des mieux_; dites, _très-bien,

parfaitement_:—_des mieux_ n'est pas français dans ces sortes de

phrases.

5. Ne dites pas: _il chante plutôt mieux que mal_; dites, _bien que

mal_, en opposant l'adverbe positif _bien_ à l'adverbe positif _mal_.

6. Ne dites pas: _le temps s'est radouci, il fait mieux qu'hier_;

dites, _il fait meilleur qu'hier_, en sous-entendant le mot _temps_,

comme on dit, _il fait chaud, il fait froid, il fait bon_, etc.

7. Il ne faut pas employer l'un pour l'autre _mieux_ et _plus_: _mieux_

exprime la perfection, l'idée d'une supériorité de manière;—_plus_

exprime l'extension, l'idée d'une quantité supérieure.—On ne doit pas

dire: _j'ai gagné mieux de cent francs, mieux que cent francs_; il faut

dire, _plus de cent francs_.

8. _Mieux_, se met après les verbes dans les temps simples et entre

l'auxiliaire et le participe dans les temps composés: _j'aime mieux,

j'ai mieux aimé_.

=Mille=, adj. num. card.—Ne dites pas: _le premier mille francs

est le plus difficile à gagner_; dites, _les premiers mille francs

sont..._; _francs_ étant substantif, impose le genre et le nombre.

2. Ne dites pas: _il m'a comblé de mille éloges_; dites simplement,

_... d'éloges_.

3. _Mille_ est adjectif numéral et substantif commun.—Comme

_adjectif_, il s'écrit de deux manières (et est naturellement

invariable): 1º _mille_, pour exprimer le nombre _dix fois cent_:

_mille francs, dix mille francs_. 2º _Mil_, dans l'expression des

dates: _Léopold premier, roi des Belges, est monté sur le trône

l'an mil huit cent trente et un_. Cependant on écrit _mille_ dans

l'expression des dates antérieures à la naissance de Jésus-Christ:

_le temple de Salomon fut achevé l'an mille cinq cent avant

Jésus-Christ_.—Comme _substantif commun_, c'est-à-dire, employé

pour représenter une mesure de chemin, _mille_ s'écrit avec une _s_

au pluriel: _trois milles d'Angleterre font près d'une lieue de

France_.—Ne confondez pas dans la prononciation l'adjectif _mil_ (qui

se prononce _mile_) avec le substantif _mil_ (millet) où l'_l_ est

mouillée comme dans _babil, péril_.

=Millésime=, s. m., date de monnaie; _millénaire_, adj., hérétique

ou qui contient mille; _millimètre_, s. m., millième partie d'un

mètre:—dans ces mots on prononce les deux _ll_.

=Milliaire=, _milliard, milliasse, millième, millier, million,

millionnaire, millionnième, billion, trillion_, etc.:—dans tous ces

mots les _ll_ sont suivies d'un _i_ et on ne prononce qu'une _l_.

=Minable=, adj., misérable, qui fait pitié: _air minable_;—qui

indique une grande misère: _vêtements minables_.—Cette expression

populaire est mauvaise sous tous les rapports, puisqu'elle ne tient à

aucune racine française ni étrangère qui puisse en faire comprendre le

sens et la rendre claire. (BESCHERELLE.)

=Minéral, Minerai, Mine, Minière, Carrière.=—On donne le nom de

_minéraux_ (_é_ fermé) aux substances inorganiques qui entrent dans la

constitution de la terre; ils ne vivent pas et ne se reproduisent pas,

ce qui les distingue des végétaux et des animaux.—On donne le nom de

_minerais_ (_e_ muet) aux minéraux que l'on utilise pour en extraire

les métaux, tels que le fer, le zinc, le cuivre, le plomb, l'argent,

l'or, etc.—On appelle _mines_ les exploitations de minéraux: la loi

distingue les _mines_, les _minières_ et les _carrières_. Les _mines_

s'exploitent dans la profondeur pour l'extraction des minerais et

de quelques autres substances, telles que la houille, le soufre, le

sel, etc. Les _minières_ sont des exploitations superficielles ou

très-rapprochées de la surface, et d'où l'on retire des minerais, de

la tourbe, etc. Les _carrières_ s'exploitent à la surface ou dans la

profondeur pour les matériaux de construction, calcaire, grès, ardoise,

argile, sable, pierre à plâtre, etc.

=Miniature=, s. f., peinture délicate: on prononce ordinairement

_mignature_, dit l'Académie; cette prononciation vicieuse n'est donc

pas de rigueur, et l'on doit approuver ceux qui disent _mi-niature_.

=Minimum=, s. m., le moindre degré: prononcez _minimome_.—Voyez

_maximum_.

=Minou=, _minet, minette_, petit chat: _le minet joue avec le chien;

voilà une jolie petite minette_.—_Minou_ n'est pas français.

=Minuit=: voyez _midi_.

=Minute=, s. f.—Ne dites pas: _en une minute de temps; si vous avez

une minute de temps_; dites simplement, _en une minute; si vous avez

une minute_.—Voyez _heure_.

=Minutie=, s. f., bagatelle; _minutieux_, adj.—Prononcez _minucie,

minucieux_.

=Mi-parti=, _mi-partie_: voyez _mi_.

=Miracle, Miraculeux=: l'_a_ est long dans le premier et bref dans le

second.

=Mirmidon=: voyez _marmiton_.

=Misérable=, adj.—Ne dites pas: _faites-lui l'aumône, c'est une

misérable femme, un misérable homme_; dites, _c'est une femme, un homme

misérable_ et mieux, _malheureux_.—On emploie mieux cet adjectif,

en l'appliquant à la condition: _être réduit à un état misérable; son

sort est misérable_; car, en général, appliqué aux personnes et employé

substantivement, il veut dire malhonnête, vicieux, débauché: _c'est un

misérable, un grand misérable_.—Il n'y a que quelques exemples, pris

dans le style élevé, où il emporte l'idée de _misère_: _il ne se faut

jamais moquer des misérables; les misérables et les malheureux méritent

des secours_.

=Miserere=, s. m., psaume, colique: prononcez _mi-zéréré_.

=Mite= ou =Teigne=, s. f., insecte qui ronge les vêtements: ne dites

pas _motte_.

=Mitouche=: voyez _nitouche_.

=Mixte=, adj., mêlé, mélangé: prononcez _miks-te_ et non _mixe_.

=Mixtion=, s. f., mélange de drogues; _mixtionner_, faire ce

mélange.—Dans ces deux mots, _ti_ conserve sa prononciation naturelle,

c'est-à-dire, celle qu'il a dans les mots _menti, parti_: _miks-thion,

miks-thioner_.

=Mode=, s. f.—Prononcez _mo-de_ et non _mo-te_ ni _môde_: _un habit à

la mode_.

=Modeste=, adj.—Quoi qu'en disent certains grammairiens, _modeste_ se

dit bien des choses et signifie _médiocre, simple, sans éclat_: _avoir

un train, un équipage modeste, une table modeste; faire une dépense

modeste; il s'est borné à conserver le modeste héritage de ses pères_.

(Acad.)—Toutefois, nous croyons qu'on ne peut pas dire _un prix, une

somme, une taxe modeste_, mais bien, _un prix, une somme, une taxe

modique_.

=Moelle=, s. f., substance molle dans les os, dans les bois; _moellon_,

pierre de construction: _moelleux_, rempli de moelle, souple,

gracieux:—dans tous ces mots _oe_ est diphthongue; prononcez _moèle,

moèlon, moèleux_; quelques-uns prononcent _moale, moa-lon_, etc.

=Mœurs=, s. f. pl.; il n'a pas de singulier.—Prononcez _meurce_ et

non _meure_, soit seul, soit devant une consonne.

=Moi=, pr. pers.—Ne dites pas: _donnez-moi-le; donnez-moi-la_; dites,

_donnez-le-moi, donnez-la-moi_.

2. Ne dites pas: _mène-moi-z-y, amuse-toi-z-y; donne-moi-z-en,

sers-toi-z-en_, quoiqu'on puisse dire _mène-nous-y, amusez-vous-y,

donnez-nous-en, servez-vous-en_:—la vraie construction est _mène-m'y,

amuse-t-y, donne-m'en, sers-t'en_.—Cependant, comme ces finales sont

trop dures, il vaut mieux employer une autre tournure: _mène-moi dans

cet endroit, amuse-toi dans cette société_, etc.

3. Ne dites pas: _un ami de moi me l'a assuré_; dites, _un de mes

amis...._

4. Dites, _c'est moi qui ai, qui suis; c'est nous qui sommes, qui

avons; c'est vous qui êtes, qui avez_: et non pas, _c'est moi qui

est, qui a; c'est nous qui sont, qui ont; c'est vous qui est, qui

a, qui sont, qui ont_, etc.

5. Ne dites pas: _il a la jambe plus grosse que moi_; dites, _que la

mienne_.

6. Ne dites pas: _le maître ne me refuserait pas cette permission,

moi_:—_moi_, est ici un régime indirect, il faut donc dire _à moi_ ou

prendre une autre tournure, comme: _quant à moi, le maître_, etc.

7. Ne dites pas: _moi, je me vengerais; moi, je vais jouer_; dites

plutôt: _pour moi, je me vengerais, pour moi, je vais jouer_; ou bien,

_je me vengerais, moi; je vais jouer, moi_.

8. Ne dites pas: _c'est moi, c'est vous la cause de son malheur_;

dites, _c'est moi qui suis, c'est vous qui êtes la cause de son

malheur_.

=Moindre=, est le comparatif de _petit_; ne dites donc pas: _sa

position est plus moindre que la mienne_ ou _est la plus moindre de

toutes_; dites, _sa position est moindre que..., est la moindre de

toutes_.

2. _Le moindre_ est le superlatif de _petit_; vous ne direz donc pas:

_il a relevé le moindre petit de mes défauts_; _petit_ est de trop;

dites, _le moindre de mes défauts_.

3. Ne dites pas: _j'en ai moindre, je ne le donnerai pas à moindre_;

dites, _j'en ai moins, je ne le donnerai pas à moins_.—_Moindre_ est

adj. et ne peut pas s'employer pour _moins_ qui est adverbe.—Prononcez

_moin-dre_ et non _mointe_ ni _moandre, moindère_.

=Moins=, adv.—_Au moins_ signifie pour le moins; _du moins_ exprime

une correction, une restriction: _comment, vous n'êtes pas au moins

général? vous êtes du moins colonel?_

2. Ne dites pas: _vous ne l'aurez pas, à moins que le demander_; dites,

_à moins de le demander_, ou _à moins que de le demander_:—_à moins_

devant un infinitif veut la préposition _de_ seule ou précédée de

_que_; la forme _à moins que de_ est plus ancienne.

3. Ne dites pas: _je ne le ferai pas à moins que de mille francs_;

dites, _à moins de mille francs_.

4. Ne dites pas: _il est moins bon qu'il en a l'air_; dites, _qu'il

n'en a l'air_.

5. Ne dites pas: _le moins que possible, le moins tard que possible_;

supprimez le _que_ et dites, _le moins possible, le moins tard

possible_.

6. Ne dites pas: _à moins que vous jugiez à propos_; dites, _à moins

que vous ne jugiez à propos_:—_à moins que_ est toujours suivi de la

négation.—Prononcez _moins_ et non _moans_.

=Mois=, s. m., douzième partie de l'année.—Les noms des mois

s'écrivent avec une petite lettre: _février, mars, avril_, et non

_Février, Mars, Avril_. (Acad.)

=Moitié=, s. f.—Ne dites pas: _la moitié de six est de trois_; dites,

_est trois_.—Voyez _quart, tiers_.

2. On dit _plus d'à moitié_ et non _plus qu'à moitié_: _ce vase est

plus d'à moitié plein_.—Prononcez _moiti-é_ et non _moi-tchié_.—Voyez

_ti_ et _di_.

=Mon, Ton, Son=, etc., adj. pos.—Ne dites pas: _j'ai mal ma tête_ ou

_à ma tête; Pierre s'est cassé sa jambe_; dites, _j'ai mal à la tête;

Pierre s'est cassé la jambe_.

2. Prononcez _mon, ton, son_, devant une voyelle ou une _h_ muette, en

conservant à ces mots leur prononciation propre et en ajoutant une _n_

au mot suivant: _mon âme_ (_mon n'âme_), _ton âge_ (_ton n'âge_), _son

ouvrage_ (_son n'ouvrage_) et non _mo n'âme, to n'âge, so n'ouvrage_.

=Monnaie=, _monnayer, monnayeur_: on a abandonné l'ancienne

orthographe, _monnoie, monnoyer, monnoyeur_.

=Mons=, s. m., abréviation du mot _monsieur_.—Le roi de France

écrivant à un archevêque ou à un évêque disait: _mons l'Archevêque,

mons l'Évêque_; mais entre particuliers, cette expression est

méprisante: _mons un tel, mons Remy_.—Prononcez _monce_.

=Monseigneur=, s. m., titre d'honneur, s'écrit en un mot.—Le

pluriel est _messeigneurs_; on l'emploie en parlant ou en écrivant

collectivement à plusieurs des personnes qui ont droit au titre de

_monseigneur_.—On disait autrefois _nosseigneurs_ dans les requêtes

présentées au conseil du roi, aux cours du parlement et aux autres

cours souveraines. (Acad.)—Cependant on ne tient généralement

pas compte de cette décision de l'Académie et l'on dit aujourd'hui

_nosseigneurs_ aussi bien et même mieux que _messeigneurs_:

_nosseigneurs les évêques de Belgique_;—on écrit aussi _Nos

Seigneurs_ en deux mots et avec des majuscules.

2. _Mon seigneur_, s'emploie dans les prières: _mon seigneur et mon

Dieu_;—le vassal voulant désigner quel était son suzerain, disait

aussi: _un tel est mon seigneur, vous êtes mon seigneur_.

=Monsieur=, s. m.—Prononcez _mocieu_ (en ne faisant sentir ni l'_n_

ni l'_r_; cependant en poésie on fait quelquefois sentir l'_r_) et non

_m'cieu, mon-cieu_ ni _mon-cieure_;—le pluriel est _messieurs_ qu'on

prononce _mècieu_ (en supprimant l'_r_ et l'_s_) et non _mècheu_ ni

_mècieurce_.

2. Si, vous adressant à un homme, vous lui parlez de sa femme, ne

dites pas simplement _madame_, mais ajoutez le nom de famille: _madame

Durand, madame la comtesse de Vergy_, ou bien dites, _madame votre

femme_.—De même si vous parlez à madame Durand de son mari, ne dites

pas, par exemple: _comment se porte monsieur?_ dites, _comment se porte

monsieur Durand?_—Un enfant, une femme, en parlant de son père ou de

son mari, ne dira pas non plus: _monsieur est sorti_, mais _mon père,

mon mari, est sorti_.

3. Si vous parlez à un domestique de ses maîtres, vous direz simplement

_monsieur, madame, mademoiselle_, sans y ajouter le nom: _monsieur

est-il à la maison?_ et non _monsieur Durand est-il à la maison?_

4. Les mots _monsieur, madame, mademoiselle_, sont de rigueur pour

toutes les célébrités vivantes; on dira donc: _monsieur de Lamartine,

monsieur Guizot_, et non _Lamartine, Guizot_ tout uniment.—Les

acteurs seuls peuvent faire exception.

5. _Ce, cette_, devant _monsieur, dame, demoiselle_, _ce monsieur,

cette dame, cette demoiselle_, est impoli; dites simplement _monsieur,

madame_:—_dites bonjour à monsieur, à madame, à mademoiselle_, et non

_à ce monsieur_, etc.

6. Abstenez-vous de même, quand il s'agit de personnes présentes ou

respectables, de ces locutions: _cet homme, cette femme, cet individu,

celui-ci, celle-ci, cet homme-là, cette femme-là, cet individu-là,

lui, elle_, etc.; les gens bien élevés ne suppriment jamais les mots

_monsieur, madame, mademoiselle_, quand ils parlent d'un tiers, absent

ou présent:—cependant il faut éviter, en écrivant aussi bien qu'en

parlant, de répéter trop souvent ces mots: on se rendrait insupportable.

7. Il est contraire au bon usage d'apostropher une personne par son nom

à la suite du mot _monsieur, madame, mademoiselle_; ainsi en parlant

à monsieur Durand, dites simplement, _monsieur_: _oui, monsieur; non,

monsieur_; dites de même, _oui, madame; oui, mademoiselle_—et non

_oui, monsieur Durand; oui, madame Durand; oui, mademoiselle Durand_.

8. On donnait le titre de _monsieur_ (absolument) au frère du roi

de France qui n'était pas destiné à occuper le trône.—Voyez

_mademoiselle_.

=Monter=, v. n.—Les temps composés se conjuguent avec l'auxiliaire

_avoir_, lorsqu'on veut exprimer l'action, et avec _être_, si l'on

veut exprimer _l'état_, ou bien, en d'autres mots, selon que l'on peut

répondre à l'une ou l'autre de ces questions: _qu'a-il-fait?—où

est-il, qu'est-il devenu?_—_il a monté_ (qu'a-t-il fait) _quatre fois

à sa chambre pendant la journée;—il est monté_ (où est-il) _à sa

chambre depuis une heure et il y est resté_.—Lorsque _monter_ est

employé activement, il prend toujours _avoir_: _il a monté l'escalier

en courant_.

2. _Monter en haut, descendre en bas_, sont généralement des pléonasmes

vicieux; dites simplement _monter_ et _descendre_.—Voyez _haut_.

=Monteuse=, une ouvrière en modes, une modiste: _monteuse de bonnets,

monteuse de modes_. (POITEVIN).

=Monticule=, petite montagne, est masculin: _un monticule_.

=Moquer= (=se=), v. essentiellement pronominal;—ne dites donc pas: _il

me moque toujours_; dites, _il se moque toujours de moi_.

2. On dit indifféremment: _tu te ferais moquer de toi_ ou _tu te ferais

moquer_. (Acad.)

3. Le participe passé _moqué_ s'emploie aussi dans un sens passif avec

le verbe être: _il fut moqué de tout le monde_. (Acad.)

=Mordicus=, adv., avec ténacité:—_soutenir son opinion mordicus_:

prononcez _mordicuce_.

=Mordre=, v. a.—_Il mord à belles dents_: prononcez _il mor à_ et non

_il mor t'à belles dents_.—Dans les mots terminés en _ord_ ou _ort_

le _t_ final ne se lie point avec la voyelle ou l'_h_ muette qui suit.

2. Ne dites pas: _les cousins m'ont mordu à la joue_; dites, _m'ont

piqué..._ (Acad.)

=More=, s. m., peuple africain; _moresque_, adj.; _moricaud, aude_,

adj. et s.;—on écrit aussi _maure, mauresque, mauricaud_.—L'Académie

ne donne point le féminin correspondant de _maure_; quelques-uns

disent, _une maure_, d'autres, _une mauresque_.

=Morigéner=, v. a., corriger;—ne dites pas _moriginer_ ni _morigérer_.

=Mors=, s. m., frein:—on ne prononce pas l'_s_ excepté devant une

voyelle: _prendre le mors aux dents_; cependant beaucoup de personnes

ne font pas cette liaison.

=Mort=, s. m.—Ne dites pas _un billet de mort_; dites _une lettre de

faire part, un billet d'enterrement, un billet d'obsèques_.

2. =Mort, morte=, adj.—Dans quelques locutions, il a un sens différent,

selon qu'il précède ou qu'il suit le substantif.—_Mort-bois_, les

espèces de bois de peu de valeur, comme les ronces, les genêts;—_bois

mort_, arbre séché sur pied, branches qui ne reçoivent plus de sève.

3. _Morte-eau_ se dit des marées les plus faibles;—_eau morte_, qui

ne coule point.

4. _Mort-ivre_ se dit d'un homme; mais en parlant d'une femme, il faut

dire _ivre-morte_: voyer _ivre-mort_.

Dictionnaire du bon langage Contenant les difficultés de la langue française, les règles et les fautes de prononciation, les locutions vicieuses, les wallonnismes, les flandricismes, etc. · 第 82 / 164 题