2. _Justement_ signifie _avec justice_: _il a été condamné justement_.

3. Il signifie aussi la même chose que _précisément_: _je suis arrivé

justement quand on se mettait à table_.

4. Ne dites pas: _vous venez à propos, il est justement arrivé_; dites,

_il vient d'arriver, il ne fait que d'arriver_.—Voyez _faire_.

K

=Kakatoès=, s. m., sorte de perroquet huppé: prononcez _kakatoua_.

(Acad.)

=Karat=, s. m.: on écrit plus souvent _carat_.

=Keepsake=, s. m., souvenir (mot anglais): prononcez _kip'sèke_.

=Kermesse= ou =Karmesse=, s. f., nom qu'on donne en Belgique et en

Hollande aux fêtes annuelles communales ou paroissiales. (Acad.)

2. _Ducace_ ou _dicace_ se dit également pour _kermesse_ dans ces pays;

mais ce mot n'a pas été adopté par l'Académie, attendu qu'il n'est

qu'une corruption du mot _dédicace_, lequel ne se dit que de cérémonies

ou de fêtes religieuses.

=Kilogramme.=—On dit souvent par abréviation, dans le commerce:

_kilo, cinquante kilos_. (Acad.)

2. Quoi qu'en dise l'Académie, le pluriel _kilos_ est un véritable

barbarisme, car il n'est pas permis de mettre la marque du pluriel à

une abréviation, à la moitié d'un mot: on doit donc écrire _cinquante

kilo_, ou mieux _cinquante kilog._ et mieux encore _cinquante

kilogrammes_.—Ne dites pas _kulo_ ni _tilo_ pour _kilo_.

=Kinine=, s. f.: on écrit plus souvent _quinine_.

=Kiosque=, s. m., pavillon de jardin: prononcez _kios-que_ et non

_kiosse_.

=Kip-kap=, mot flamand: dites _mou de veau_.

=Kirsch-wasser= (ou simplement _kirsch_), eau-de-vie de cerises:

prononcez _kirche-ouaceur_ (_eur_ bref), _kirche_.

=Knout=, s. m., supplice du fouet en Russie: prononcez _knoute_.

=Koekebak=, mot flamand estropié, par lequel on désigne souvent des

_crêpes_ (_bouquettes_ en wallon).

=Kopeck=, s. m., monnaie russe d'environ quatre centimes; on écrit

aussi _copeck_.—Prononcez _kopèke_.

=Koran=, s. m.: on écrit plus souvent _Coran_: voyez _Alcoran_.

=Kreutzer=, s. m., monnaie allemande: prononcez _kreutzère_;

quelques-uns prononcent _krètche_.

=Kyrie-eleison=, s. m., prononcez_ ki-ri-é-éleis-sone_, et non

_ki-ri-é-élei-zone_.

L

=L.=—Il y a deux sortes d'_l_: l'_l_ simple et l'_l_ mouillée.—L'_l_

simple est celle qui ne fait entendre qu'une seule articulation,

qu'elle soit simple en effet comme dans _bal, bel, fil, col, nul_,

etc., ou double comme dans _balle, bulle, ville, molle, collége_,

etc.—L'_l_ mouillée, dont la prononciation est particulière à la

langue française, est presque toujours indiquée par la présence d'un

_i_ devant cette consonne; elle se prononce alors, non d'après sa

valeur ordinaire, mais avec une sorte de mollesse, en faisant entendre

un _i_ après elle, indépendamment de celui qui la précède réellement;

ainsi _billard, piller, tilleul, bouillon, mouiller, ailleurs,

bouteille, cueille, meilleur_, etc., se prononcent comme s'il y avait

_biliard, pilier, tilieul, boulion, moulier, alieurs, bouteillie,

cueillie, melieur_.—Plusieurs grammairiens prétendent qu'il faut

prononcer à la manière des wallons et du peuple de Paris: _biïard,

piïer, tiïeul, bouiïon, aiïeurs, bouteiïe, cueiïe, meiïeur, mouiïer_,

etc., en supprimant entièrement l'_l_ et en la remplaçant par deux _i_

ou par un _y_.—Nous pensons que la première prononciation est plus

généralement reçue dans notre pays. Au reste, cette question étant

très-controversée, chacun peut adopter telle prononciation qu'il lui

semblera bon.—Nous ajouterons pourtant que bon nombre de grammairiens

recommandent la première prononciation dans le discours soutenu et la

seconde dans la conversation ordinaire.

2. _L_ finale est mouillée dans les mots suivants: _avril, babil,

cil, fenil, grésil, gril, mil_ ou _millet_ et _péril_. (Acad.)—Elle

ne se prononce pas dans: _baril, chenil, fournil, fusil, outil,

persil, sourcil, coutil, courtil, gentil_ (voyez ce mot), _gril_ (dans

le langage familier), _nombril, soûl, cul-de-jatte, cul-de-lampe,

cul-de-sac_. (Acad.)—_Lle_ finales se mouillent dans les mots

suivants: _aiguille, anguille, bille, cocomille, cédille, charmille,

cheville, coquille, esquille, étrille, famille, faucille, fille,

goupille, grille, guenille, lentille, pacotille, pastille, quille,

roquille, vétille, vrille_, etc.

=La.=—Le pronom _le_ est invariable et s'emploie toujours au masculin

quand il tient la place d'un adjectif: _Madame, êtes-vous malade?

je le suis_ (et non _je la suis_); _Mesdames, êtes-vous contentes

de ce discours? nous le sommes_ (et non _nous les sommes_).—Mais

si l'adjectif est précédé d'un article, _le, la, les_ s'accordent

avec lui en genre et en nombre, parce qu'alors l'adjectif devient

substantif: _Madame, êtes-vous la malade dont on m'a parlé? je la

suis_ (et non _je le suis_); _Mesdames, êtes-vous les parentes de

Monsieur? nous les sommes_ (et non _nous le sommes_).—De même, en

s'adressant à des hommes, vous direz: _êtes-vous soldats, médecins,

avocats, Messieurs?—nous le sommes_: (ces subst. sont pris ici

adjectivement).—Mais vous direz: _êtes-vous les soldats de Sébastopol,

Messieurs?—Nous les sommes_: (le subst. ici est un véritable

substantif).

2. =Là= (avec un accent grave pour le distinguer de l'article _la_)

et =Ci=, adv. dém., se mettent souvent à la suite des pronoms

démonstratifs, et dans ce cas, on doit mettre un trait d'union entre

_là_ et _ci_ et les mots qui les précèdent: _celui-ci, celui-là, ce

temps-là, cet homme-là_.

3. Il s'emploie quelquefois par une sorte de redondance, et pour donner

plus de force à la phrase, et dans ce cas, il ne faut pas de trait

d'union: _c'est là du courage; c'est là ce que vous auriez dû faire_.

4. Ne dites pas: _c'est là où je l'ai vu_; dites, _c'est là que je l'ai

vu_.

5. Ne dites pas: _vous êtes venu chez moi, je n'étais pas là_; dites,

_je n'y étais pas, je n'étais pas à la maison, j'étais absent_.

6. _De là_, sans trait d'union, signifie de ce lieu-là, de ce point-là,

de ce sujet-là, de cette chose-là; _de là à la ville il y a cinq cents

pas; tirez-vous de là; de là sont venues les guerres civiles_.

7. _Delà_, prép., s'écrit en un seul mot, c'est-à-dire, sans trait

d'union entre _de_ et _là_: _delà la rivière, delà les monts; il est

de delà les monts, par delà le cap de Bonne-Espérance_.—Dans ces

derniers cas, toutefois, on dit de préférence _au delà des monts, au

delà du cap de Bonne-Espérance_.

8. _Deçà_ et _delà_, de côté et d'autre: _j'ai perdu ma bourse, je l'ai

cherchée deçà et delà; il était à cheval, jambe deçà, jambe delà_,

c'est-à-dire à califourchon.

Dictionnaire du bon langage Contenant les difficultés de la langue française, les règles et les fautes de prononciation, les locutions vicieuses, les wallonnismes, les flandricismes, etc. · 第 66 / 164 题