2. Ne dites pas: _j'ai n'y crois rien_; dites, _je n'en crois rien_.

3. Ne dites pas: _j'ai cru être malade_; mais, _j'ai pensé, j'ai failli

être malade_.

=Croisée, Fenêtre.=—L'Académie définit ainsi le mot _croisée_:

fenêtre, ouverture qu'on laisse dans le mur d'un bâtiment pour donner

du jour à l'intérieur et qui est quelquefois divisée par un montant et

par une ou plusieurs traverses.—Il se prend aussi pour le châssis

vitré (la fenêtre proprement dite) qui sert à fermer cette ouverture.

Les gens de bonne compagnie disent toujours _fenêtre_, à moins qu'ils

ne veuillent parler d'une ancienne espèce de fenêtre à montants et à

traverses en maçonnerie ou en bois.

=Croître=, v. n.—Écrivez _je croîs, tu croîs, il croît_ (accent

circonfl. pour distinguer ces personnes des personnes correspondantes

du prés. de l'ind. de _croire_); _nous croissons_, etc.; passé déf.,

_je crûs, tu crûs, il crût_, (nous crûmes, vous crûtes), _ils crûrent_

(accent circ. pour la même raison); fut., _je croîtrai, tu croîtras_,

etc. (accent circ. à toutes les personnes de même qu'au cond.); _je

croîtrais_, etc.; part. passé, _crû, crûe_.

=Croix=, s. f.—Ne dites pas _faire une croix_, pour _faire le signe

de la croix_; voyez _pile_.

=Crolle=, ne se trouve pas dans les dictionnaires; il faut dire,

_boucle, anneau, cheveux frisés_: _une boucle de cheveux; friser à

boucles; être frisé par anneaux_.—_Croller_ n'est pas français non

plus; dites, _boucler, friser, crêper_.

2. _Crolle_ ne s'emploie pas non plus pour _copeau_ (éclat, morceau de

bois que la hache, le rabot, etc., font tomber du bois): _gros copeaux,

menus copeaux; brûler des copeaux_; le mot _crolle_, dans cette

acception, est flamand.

=Cron= ou =Cromp=, pour _tortu, courbé, arqué, voûté, de travers_

et _crombain_, pour _bancal, bancroche_, ne sont pas français, mais

flamands.

=Croque-noix, Croque-noisettes=, ne sont pas français; dites,

_casse-noix, casse-noisettes_.

=Croquer=, v. a., ne s'emploie pas dans le sens d'_offenser_, de

_piquer, piquer au vif_.

=Croup=, s. m., maladie, espèce d'angine; prononcez _croupe_.

=Croustillant.=—Ne dites pas: _cette pâtisserie est croustillante_;

dites, _est croquante_.

2. N'employez pas non plus ce mot pour _plaisant, drôle_: _des contes

croustillants_; dites, _croustilleux_; ce dernier mot est familier et

signifie plaisant, libre, graveleux. (Acad.)

=Croûte=, s. f., en style d'atelier, se dit des tableaux sans valeur:

_ce peintre ne fait que des croûtes_.—Mais il ne s'applique pas aux

personnes; ne dites donc pas: _ce peintre n'est qu'une croûte_.

=Cru=, s. m., terroir où quelque chose croît; il n'est guère usité

qu'en parlant des produits agricoles et surtout du vin: _ces foins, ces

denrées sont de mon cru; du vin de mon cru, de son cru, de votre cru;

ce vin-là est d'un bon cru_.—_Vin du cru_ se dit du vin fait avec le

raisin recueilli dans l'endroit même où on le consomme: _nous voulûmes

goûter du vin du cru; il faut se défier du vin du cru_; on peut dire

également _du vin du pays_ (et non _de pays_).

=Crucifix=, s. m.; prononcez _crucifi_ et non _crus'fi_.

=Cruel, elle, Cruauté=; prononcez _cru-el, cru-auté_ et non _cru-wel,

cru-wauté_.

2. _Un cruel enfant_ est un enfant insupportable; _un enfant cruel_ est

un enfant porté à la cruauté.

=Ct.=—Ces deux consonnes finales se prononcent dans _tact, exact,

contact, correct, direct, infect, abject, strict_; mais il y a

exception pour _amict, district_ et pour toutes les terminaisons

_pect_, tels que _respect, aspect, suspect, circonspect_, etc.;

prononcez _ami, distrik, respèk, aspèk, suspèk_, etc.—Bien qu'on

entende souvent dire _respè, aspè, suspè_, pour _respèk_, etc., cette

prononciation n'est pas généralement admise par les grammairiens.

(HENNEBERT.)

=Cueillir=, v. a., détacher de la tige; ne dites pas, _cueiller_;

prononcez _keuillir_.

=Cuiller=, s. _féminin_; on prononce et quelques-uns écrivent

_cuillère_. (Acad.)

=Cuire=, v. a.—On _cuit_ les aliments et l'on fait _bouillir_ les

liquides; ne dites donc pas _l'eau est cuite; faites cuire le lait_;

dites, _l'eau a bouilli, est bouillante; faites bouillir le lait_.

=Cul=, s. m., derrière d'une charrette, d'un tombereau: _mettez cela

au cul de la charrette; mettre une charrette à cul_ (les timons en

l'air).—On ne prononce point l'_l_ et quelques-uns la suppriment dans

l'écriture; prononcez de même _cul-de-jatte_ (estropié), _cul-de-lampe_

(ornement d'architecture), _cul-de-sac_ (impasse).

2. _Cul de chandelle_ pour _bout de chandelle_ et _hochecul_ pour

_hochequeue_ (oiseau), ne sont pas français: _hochequeue_ est masculin.

=Culotte.=—On peut dire indifféremment _une culotte, des culottes,

une paire de culottes_; il n'en est pas de même du mot _pantalon_, qui

dans ce sens ne s'emploie qu'au singulier: _j'ai mis un pantalon neuf_

et non, _des pantalons neufs_.

=Cumulet=, n'est pas français dans le sens de _culbute_; dites donc,

_faire des culbutes_ et non, _des cumulets_.

=Curée=, dans le sens de _charogne_, n'est pas français.

=Curer, Écurer.=—_Curer_, c'est nettoyer quelque chose de creux:

_curer un fossé, un égoût, un étang_, etc.—_Écurer_, c'est

nettoyer avec du sablon ou quelque chose de semblable: _écurer la

vaissette_.—Voyez _récureur_.

=Curieux.=—Ne dites pas: _il est si curieux pour sa toilette, pour

les livres_; dites, _il a tant de soin de sa toilette; il aime tant les

livres_.

Ne dites pas: _je suis curieux comment cela tournera_; dites, _je suis

curieux de voir, de savoir comment cela tournera_.

=Cutée= ou =Cuitée=, la quantité de pains qu'on fait cuire à la

fois dans un four; ces mots ne sont pas français; dites, _cuite_ ou

_fournée_.

=Cutter=, s. m., petit navire de guerre; on prononce et plusieurs

écrivent _cotré_.

=Cuvelle=, n'est pas français; dites, _cuve, cuvier, cuveau,

cuvette_.—La _cuve_ est un vaisseau de grande dimension; le _cuvier_,

est la cuve où l'on fait la lessive; le _cuveau_, est une petite cuve;

la _cuvette_, est un vase dont on se sert pour se laver les mains;

prononcez _cuve_ et non _cufe_.

=Czar=, souverain, _Czarine_, impératrice de Russie; prononcez _Czar,

Czarine_; quelques-uns écrivent et disent, _tzar_. (Acad.)

D

=D.=—C'est à tort que l'on prononce souvent le _d_ des syllabes

en _de_ comme un _t_: _timite, timitement, raite, ronte, corte,

humite, Enéite_, au lieu de _timi-de, timi-de-ment, rai-de, ron-de,

cor-de, humi-de, Enéi-de_. Cependant à la fin d'un adjectif, suivi

immédiatement de son substantif commençant par une voyelle ou une _h_

muette, _d_ a le son de _t_: _un grand ignorant, la grande armée_;

prononcez _gran-t-ignorant, la gran-te-armée_. Il en est de même,

lorsque cette lettre est à la fin d'un verbe suivi de _il, elle_:

_répond-il, entend-elle_? (_répon-t-il, enten-t-elle_.)

2. On ne prononce pas le _d_ final dans les adjectifs qui ne sont

pas suivis immédiatement de leur substantif. _Un abîme profond

effraie_ (_profon effraie_). On ne le prononce pas non plus dans les

substantifs, même lorsqu'ils sont suivis de leur adjectif: on dira

donc _un froid_ (_froi_) _excessif_, _un bord_ (_bor_) _escarpé_, sans

aucune liaison. Mais il faut excepter le _d_ final dans les locutions

suivantes: _de pied en cap, de fond en comble_, où le _d_ prend le son

de _t_.

3. Prononcez les deux _d_ dans _addition, additionnel, additionner,

adducteur, adduction_ et _reddition_.

4. _D'à moi, d'à toi, d'à lui_, etc.; les personnes peu instruites

disent seules: _ce livre est d'à moi, d'à toi, d'à lui_, etc.; il faut

dire, _ce livre est à moi, à toi, à lui_, etc.

=D'abord que=, ne peut pas s'employer pour, _puisque_ ou _aussitôt

que_; ne dites donc pas: _d'abord que je suis innocent, je ne dois pas

être puni; d'abord que vous aurez fini vos devoirs, vous apprendez vos

leçons_; dites, _puisque je suis innocent...; aussitôt, dès que vous

aurez fini vos devoirs..._ (Wall.)

=Dada=, est un terme enfantin qui signifie _cheval_; mais il ne faut

pas le confondre avec _dadais, dandin_, qui veulent dire _niais_:

_c'est un grand dadais, un vrai dandin_.

=Dahlia=, s. m., plante d'ornement; prononcez _dalia_.

=Daigner=, ne doit jamais être suivi de la préposition _de_; ainsi ne

dites pas: _daignez de m'accorder votre protection_, mais, _daignez

m'accorder..._—Prononcez _dai-gner_ et non _dai-gne-ner_; il en est

de même de _dédaigner, enseigner_, etc. Voyez _gne_.

=Daim=, s. m., bête fauve qui tient le milieu entre le cerf et le

chevreuil; la femelle s'appelle _daine_, que l'on prononce _dine_.

=Daler, Thaler, Taler=, s. m., monnaie d'Allemagne; prononcez _dalère,

thalère, talère_; on dit plus souvent _thaler_ que _taler_ ou _daler_.

=Damas=, ville de Syrie; prononcez _Damâce_; _damas_, s. m., étoffe,

fruit, acier; prononcez _damâ_.

=Dame=: voyez _monsieur_ et _époux_.

=Damner, Damnation, Damnable=; prononcez _dâner, dânation, dânable_, en

supprimant l'_m_ et en allongeant l'_a_: voyez _condamner_.

=Danger.=—Ne dites pas: _il n'y a pas de danger que j'aille jouer,

car mes parents me l'ont défendu_; dites, _je me garderai bien; je n'ai

garde; je ne veux pas aller jouer_;—_ne pouvoir mal_, dans ce sens,

est également un wallonisme.

=Dangereux= et _dangereusement_, employés pour _probable,

vraisemblable_ et _probablement_, _vraisemblablement, apparemment_,

sont de véritables barbarismes. Ainsi ne dites pas: _cela est

bien dangereux; cela arrivera dangereusement demain_; mais dites,

_cela est bien probable, vraisemblable; cela arrivera probablement,

vraisemblablement demain_—Prononcez _danj'reux_ et non _danchereux_

ni _dangéreux, dangèreux_; item, _dangereusement_.

=Dank.=—C'est une expression qu'il faut laisser aux flamands, puisque

nous pouvons dire _merci_.

=Dans.=—Ne dites pas: _j'ai beaucoup voyagé dans les flamands, dans

les wallons_; dites, _chez les flamands, chez les wallons_, ou _dans le

pays flamand, dans le pays wallon_.

2. Ne dites pas: _je vais m'asseoir dans le soleil; je me promène dans

le soleil; il est agréable de se réchauffer dans le soleil_; mais

dites, _je vais m'asseoir au soleil; je me promène au soleil; il est

agréable de se réchauffer au soleil_.

3. Ne dites pas: _je suis dans un grand mal de tête_; dites, _j'ai un

grand mal de tête_.

4. Ne dites pas: _s'il était dans mon pouvoir_ ou _dans ma puissance

de vous rendre service_; mais dites, _s'il était en mon pouvoir, en ma

puissance..._

5. Ne dites pas: _il a fait ce voyage dans deux heures_; dites, _en

deux heures_.

6. Ne dites pas: _il y a dans les quarante ans_; dites, _il y a à peu

près_ ou _environ quarante ans_. (Wall.)

7. Ne dites pas: _cela coûte dans les trois cents francs_; dites,

_environ, à peu près trois cents francs_. (Wall.)

8. Ne dites pas: _je me trouvais dans la place Saint-Lambert_; dites,

_sur la place..._ (Fland.)

9. Ne dites pas: _j'étais dans la fenêtre, dans la pluie_; dites, _à la

fenêtre, à la pluie_; on dit, _se tenir, se mettre à la fenêtre, à la

pluie, au vent_.

10. Ne dites pas: _je serai, j'irai dans l'hôtel d'Angleterre à 4

heures_; dites, _à l'hôtel d'Angleterre..._

11. Ne dites pas: _l'un dans l'autre_; mais, _l'un portant l'autre_:

_les différents vols qu'on m'a faits, m'ont causé, l'un portant

l'autre, une perte de mille francs_. (Wall.)

=Dante=, célèbre poète italien, auteur de la _Divine Comédie_: on dit

_Dante_, et non _le Dante_; mais on dit _le Tasse_ et non _Tasse_.

=Dartre=, s. f., maladie de peau; écrivez et prononcez _dar-tre_, et

non _dar-te_ ni _dar-tère_.

=Date= (époque), _dater, datif_.—Gardez-vous bien de marquer l'_a_

d'un accent circonflexe: _une vieille date_ (et non _dâte_); _ce décret

est daté de telle ville_ (et non _dâté_). On prononce pourtant _dâte_,

(_â_ long).—Ne confondez pas _date, époque_, avec _datte_, fruit du

_dattier_.

=Davantage=, adv. (et non d'avantage), s'emploie toujours sans

complément; ainsi on ne dira pas: _il a davantage de livres; il en a

davantage que son frère_; mais il faudra dire: _il a plus de livres; il

en a plus que son frère_.

2. Il ne faut pas le confondre avec _plus_: celui-ci s'emploie pour

exprimer directement une comparaison: _votre sœur est plus âgée

que vous_; mais on dira fort bien: _elle a vingt ans, vous en avez

davantage_. _Davantage_ ne doit pas non plus être suivi d'un adjectif;

on ne doit pas dire: _il est davantage âgé, davantage estimé_; il faut

dire _plus âgé, plus estimé_.

3. Les grammairiens prétendent que _davantage_ ne doit jamais être

suivi de la préposition _de_ ni de la conjonction _que_. Cette

règle est vraie, si _de_ ou _que_ forment, avec ce qui les suit, un

_complément_ de l'adverbe _davantage_: _il a davantage de livres;

il en a davantage que son frère_. Mais si _de_ ou _que_ et les mots

qui suivent, sont un complément du _verbe_ de la proposition, il n'y

a point de faute à les placer après _davantage_. Ainsi la phrase

suivante est correcte: _ne nous étonnons donc pas et ne nous effrayons

pas davantage des reproches que nous avons encourus_: dans cette

phrase, _des reproches_ sont le complément des verbes _étonnons_ et

_effrayons_.

4. Les bons grammairiens condamnent l'emploi de _davantage_ dans le

sens de _le plus_; ne dites donc pas: _de tous les jeux celui des

barres est celui qui me plaît davantage_: dites _le plus_. En général,

_davantage_ ne doit se placer que là où le sens permet l'emploi des

locutions équivalentes à _de plus, en outre, de surcroît_ et toutes

les fois qu'il n'a pas de complément.—Voyez SOULICE et SARDOU,

_Dictionnaire_, etc.

=De=, syllabe muette, dans le corps ou au commencement d'un mot;

doit se prononcer _de_ et non _ne_: _command'-ment, man-d'-ment,

ma-d'-moiselle, len-d'-main, je lui ai d'-mandé; panier d'-noix_, etc.,

et non _comman-n'-ment, man-n'-ment, ma-n'-moiselle, len-n'main; je lui

ai n'-mandé; panier n'noix_, à moins toutefois qu'on ne veuille faire

sentir l'_e_ de _de_ et prononcer: _comman-de-ment, ma-de-moiselle; je

lui ai de-mandé, j'irai de-main, lendemain_, etc.—Prononcez de même

_ad-mettre, ad-ministrer, ad-mission, ad-ministration_, etc.

2. Ne dites pas: _j'ai rêvé de la nuit, du jour_, dites: _j'ai rêvé la

nuit, le jour_.

3. Faut-il dire: _quel est le plus habile de cet homme-ci ou de

celui-là?_ ou bien: _quel est le plus habile, cet homme-ci ou

celui-là?_ L'Académie adopte la première orthographe; elle ne partage

donc pas l'opinion des grammairiens qui suppriment _de_.

4. Dites: _le livre de mon frère, la maison de mon cousin_, et non, _le

livre à mon frère_ ou _d'à mon frère_; _la maison à mon cousin_ ou _d'à

mon cousin_.

5. On dit, _le deux janvier, le trois février_, etc., et _le deux de

janvier, le trois de février_, etc. (Acad.) Cependant la première

manière de s'exprimer nous paraît plus usitée.

6. Ne dites pas: _il est le quart de huit heures_; dites, _il est huit

heures moins un quart_. Voyez _quart_.

7. Ne dites pas: _mon frère est le 5e de 36 dans sa classe_; dites,

_... sur 36..._

8. Ne dites pas: _d'un coup de massue il cassa la tête de son ami_;

dites, _il cassa la tête à son ami_.

9. Ne dites pas: _cela ne me fait de rien, ne m'est de rien_; dites,

_cela ne me fait rien, ne m'est rien_.

10. Ne dites pas: _j'y penserai de la nuit, j'y travaillerai du matin,

du jour_; dites, _... pendant la nuit, dans la matinée, pendant la

journée_.

11. La particule _de_, devant les noms propres de noblesse, s'écrit

avec un petit _d_ et non avec le _D_ majuscule: _de Montmorency, de

Ligne, d'Oultremont, d'Orléans_. On écrit _De_ avec une majuscule,

lorsque ces noms ne sont pas nobles, alors même qu'on sépare la

particule du nom.

12. Après les verbes _espérer, souhaiter, désirer_, on peut exprimer

ou sous-entendre la préposition _de_ devant l'infinitif: _j'espère

réussir_ ou _de réussir_; _je désire aller_ ou _d'aller avec vous_,

etc.—_Compter_, dans le sens de, _se proposer, croire_, ne prend

point la préposition _de_ devant un infinitif; ainsi vous direz: _il

compte partir demain_ et non _de partir_. (Acad.)

13. Dans la conversation et le style familier, _de_ se supprime souvent

après les prépositions _hors, près, vis-à-vis_, lorsqu'elles sont

suivies d'un nom de chose: _il est logé hors la barrière, il demeure

près la porte Saint-Antoine, vis-à-vis l'église_. (Acad.) Mais devant

un nom de personne ou un pronom, on doit employer _de_: _il était près

de Paul, vis-à-vis de vous_, et non _près Paul, vis-à-vis vous_.

14. L'emploi de la préposition _de_ est vicieux dans cette phrase: _la

moitié de huit est de quatre_; dites, _est quatre_.

15. On peut exprimer ou sous-entendre la préposition _de_ devant un

infinitif après _c'est... que, mieux... que, plutôt que_: ainsi vous

pouvez dire: _c'est quelque chose que faire_ ou _que de faire un beau

rêve_; _il vaut mieux étudier que de_ ou _que jouer_; _plutôt que de_

ou _que m'exposer à une correction, je préfère faire mes devoirs_.

Néanmoins l'usage général est d'exprimer la préposition _de_.

16. _Il ne fait que sortir_, signifie, il sort à chaque instant; _il ne

fait que de sortir_, veut dire, il vient de sortir.

17. L'usage permet également de dire: _on dirait un fou_, et _on dirait

d'un fou_.

18. Ne dites pas: _si j'étais toi, si j'étais lui, si j'étais vous; si

j'étais à la place de_, etc., _je ferais telle chose_; mais dites, _si

j'étais que de toi, de lui_, etc., et mieux, _si j'étais de toi, de

lui_, etc.

19. On emploie ordinairement la préposition _de_, devant un participe

passé précédé d'un adjectif numéral ou d'un nom collectif; on dit: _il

y eut cent hommes de tués et un grand nombre de femmes de blessées_,

plutôt que: _il y eut cent hommes tués et un grand nombre de femmes

blessées_;—mais on doit la supprimer devant un adjectif qualificatif:

_dans cette ville il n'y a pas quatre monuments remarquables_.

Cependant lorsque le nom qui précède le participe ou l'adjectif, est

représenté par le pronom _en_, on exprime la préposition: _sur mille

hommes, il y en eut cent de tués; parmi tant de monuments, il n'y en a

pas un de remarquable_.

=Débâcle=, rupture et descente de glaces, est féminin; prononcez

_débâ-cle_.

=Déballer.=—Ne dites pas: _ce marchand est déballé à l'hôtel

de l'Europe_; dites, _... a déballé_, car il n'a déballé que ses

marchandises, et il ne s'est pas déballé lui-même.

=Débine=, s. f.—_Être dans la débine_, c'est-à-dire, dans la gêne;

cette expression est triviale et même tout-à-fait populaire. Voyez

_blaguer_.

=Débiser.=—Ne dites pas: _j'ai les mains et les lèvres toutes

débisées_; dites, _toutes gercées par la bise, par la gelée, par le

froid; le froid gerce les lèvres, les mains_.

=Débit=, s. m., vente, trafic; le _t_ ne se prononce pas.—Ne dites

pas: _vendre en gros et en débit_; dites, _... en détail_.

=Débiteur=, qui doit, fait au féminin _débitrice_.

=Débours=, argent qu'on a avancé pour le compte de quelqu'un; ce mot a

vieilli; dites _déboursés_ (au plur.) et non _débourses_. (Acad.)

=Décaméron=, s. m., ouvrage contenant le récit des événements de dix

jours; prononcez _décamérone_.

=Décanat, Doyenné.=—Le _décanat_ est la dignité du doyen: _ce curé a

été promu à un décanat_. Le _doyenné_ est le pays qui ressortit à un

doyen: _le doyenné de Sprimont se compose de vingt paroisses_.

=Décéder=, v. n., prend le verbe _être_ dans ses temps composés. Ce

mot n'est guère usité, dit l'Académie, qu'en termes de jurisprudence

et d'administration, et en parlant des personnes; il s'emploie aussi

au participe passé dans les inscriptions; dans tout autre cas on se

sert du verbe _mourir_. Ces observations s'appliquent également au

substantif _décès_.

=Décemment=, adv., d'une manière décente; prononcez _déçaman_;

prononcez de même, _apparemment, prudemment, négligemment_.

=Décemvir=, s. m., l'un des dix magistrats de Rome; prononcez

_décèm'vir, décèm'virat_.

=Décennal=, adj., qui dure dix ans: prononcez _décèn'nal_.

=Décesser=, n'est plus en usage; il faut dire _cesser, discontinuer_.

=Décider=, devant un infinitif, demande la préposition _à_: _cette

raison m'a décidé à partir_ (et non _de_ partir); _je me suis décidé

à rester_. Cependant lorsqu'il signifie, prendre une résolution,

déterminer ce que l'on doit faire, il prend _de_: _nous nous décidâmes

de partir sur-le-champ_.

=Décime= (pièce de dix centimes), _centime, cents_, sont _masculins_:

_un décime, un centime, un cents_. Voyez _centime_ et _cents_.

=Déclicher=, est un mot wallon: dites, _lever la clenche, le loquet_.

=Décombres=, débris, est un substantif _masculin_ pluriel sans

singulier: _il faut faire enlever ces décombres_.

=Décommander=, révoquer un ordre, n'est pas français; dites

_contremander_.

=Décorum=, s. m., bienséance; il n'est guère usité que dans ces

phrases: _garder, observer le décorum_, garder les bienséances;

_blesser le décorum_, choquer les bienséances; prononcez _décorome_; il

n'a point de pluriel.

=Découcher= (_se_), n'est pas français; dites _se lever_.—_Découcher_,

v. n. et a., signifie, coucher hors de chez soi, ou être cause que

quelqu'un quitte le lit où il couche: _depuis huit jours, il a découché

trois fois; le maître de la maison m'avait offert son lit, mais je n'ai

pas voulu le découcher_.

=Décrémer= le lait, ôter la crème de dessus le lait; ce mot n'est pas

français; il faut dire _écrémer_. Voyez _chrême_ et _crémer_.

=Décret=, s. m., loi, ordonnance; prononcez _décrè_ et non _decrè_.

=Décrottoir=, s. m., est une lame de fer destinée à décrotter la

chaussure; _décrottoire_, s. féminin, est une brosse ronde pour

décrotter la chaussure.

=Dedans=, adv. de lieu, ne prend pas de complément; ainsi ne dites pas,

_dedans la maison, dedans ma chambre_, mais, _dans la maison, dans ma

chambre_.

2. _Donner dedans_, c'est se laisser tromper comme un sot; _mettre

quelqu'un dedans_, c'est le tromper: ces locutions sont populaires.

(Acad.)

=Défaufiler= et =Défiler=, (défaire un tissu fil à fil) ne sont pas

français; dites _éfaufiler_ et _effiler_.

=Déficeler=, ôter la ficelle, n'est pas français.

=Déficit=, s. m., ce qui manque; prononcez _déficite_. Quoique

l'Académie dise qu'il est invariable au pluriel, nous pensons que

_déficit_, qui a un accent sur l'_e_, est un mot tout-à-fait français,

et qu'il doit par conséquent être soumis aux règles de la grammaire;

ainsi nous écririons plutôt _des déficits_, avec une _s_ que sans _s_.

=Défier=, v. actif: _je l'en défie_ et non, _je lui en défie_.

=Définitive= (=en=), loc. adv., en résumé; ne dites pas et ne prononcez

pas _en définitif_.

=Dégommer=, v. a., dans le sens de destituer, ruiner, déconsidérer, est

français, mais il est populaire.

=Dégouttant=, signifie qui dégoutte: _ce linge n'est pas sec, il est

encore tout dégouttant_. Ne confondez pas ce mot avec _dégoûtant_, qui

donne du dégoût: _malpropreté dégoûtante_; prononcez _oû_ long dans

_dégoûtant_ et _ou_ bref dans _dégouttant_.

=Dégrafer=, détacher une agrafe; ne dites pas _désagrafer_.

=Dégriffer=, n'est pas français; c'est _égratigner_ qu'il faut dire.

=Déguisé.=—Ce mot ne s'emploie pas comme substantif; ne dites donc

pas: _j'ai vu plus de trente déguisés pendant le carnaval_; dites,

_plus de trente masques_.

2. Ne dites pas: _la petite vérole l'a déguisé_; dites, _l'a

défiguré_.—_Déguiser_ signifie masquer, travestir.

=Déhonté=, adj., éhonté; ce mot, rejeté par quelques grammairiens, est

admis par l'Académie: _un homme déhonté, une femme déhontée_.

=Dehors=, adv. de lieu, opposé à _dedans_, comme _hors_ est opposé à

_dans_; _dehors_ doit toujours être employé sans complément: _restez

dedans, j'irai dehors_.

2. Il est ridicule de mettre _dehors_ après les verbes _boire, aller,

tomber_, etc.; ainsi ne dites pas: _buvez votre verre dehors; le feu va

dehors; la bouteille est dehors_; dites tout simplement, _buvez, videz

votre verre; le feu s'éteint; la bouteille est vide_.

3. Ne dites pas non plus: _je sais ma leçon dehors_; dites, _je sais ma

leçon par cœur_. (Fland.)

4. Ne dites pas: _quelques historiens racontent qu'il tomba autrefois

des pluies de sang dehors le ciel_; dites, _qu'il tomba du ciel..._

(Fland.)

5. Ne dites pas: _on a sonné dehors que le pain est baissé_; dites, _on

a annoncé au son de la clochette que..._ (Fland.)

6. Ne dites pas: _il m'a donné cela dehors; j'ai eu ma carte dehors_

(t. de jeu de cartes); dites, _il m'a donné cela; j'ai eu ma carte_ (en

retranchant _dehors_). (Fland.)—Prononcez _dehors_ et non _déhors_.

=Déjà=, adv.: prononcez _déjà_ (_é_ fermé) et non _dejà_ ni _dèjà_.

_Déjeter_.—Ce verbe ne s'emploie que pronominalement et signifie

se courber, se contourner: _le bois de cette table s'est déjeté; sa

colonne vertébrale s'est un peu déjetée_.

2. Mais il ne faut pas l'employer dans le sens de bouleverser,

déranger, mettre en désordre, bousculer, agiter, secouer: _bouleverser

tout dans une chambre; on a bousculé mes livres; nous fûmes

horriblement bousculés dans la foule_. _Se déjeter_ ne doit pas non

plus s'employer au lieu de, _se débattre, s'agiter_: _se débattre comme

un possédé; un oiseau qui se débat quand on le tient; ce malade s'agite

continuellement_.—Prononcez _déj'ter_ et non _déch'ter_.

=Déjeuner, Dîner, Souper, Goûter.=—Ces verbes veulent la préposition

_de_ devant le nom de la chose dont on déjeune, dîne, soupe, etc.:

_déjeuner de chocolat, dîner de cotelettes, souper de fruits_.

Cependant on peut aussi employer _avec_: _il déjeune tous les matins

avec du chocolat; déjeuner avec du beurre et des radis_. (Acad. aux

mots _matin_ et _radis_.) Nous ferons remarquer du reste que de bons

écrivains n'ont pas craint de dire _déjeuner avec_, etc., devant le nom

de la chose mangée.

2. Il est à remarquer que l'_u_ de _déjeuner_, s. ou v., n'est pas

marqué d'un accent circonflexe, quoiqu'il soit formé de la particule

_de_ et du verbe _jeûner_. Prononcez _déjeuner_ et non _d'jeuner_.

=Délabrement=, s. m., état délabré; l'_a_ est long de même que dans

_encadrement_ et dans tous les autres mots où se retrouvent les

syllabes _abre, adre, avre_. Voyez _abre_.

=Délibérer=, v. a.—Ne dites pas: _ce soldat est délibéré du service_;

dites, _est quitte, délivré, libéré du service_.

=Délice= et =Orgue= sont masculins au singulier et féminins au pluriel:

_un grand délice, de grandes délices; un bon orgue, de bonnes orgues_.

Cependant ils sont masculins au pluriel lorsque dans une même phrase,

ils s'emploient au singulier et au pluriel: _un de mes plus grands

délices était d'étudier; cet orgue est un des meilleurs que j'aie

entendus et un des plus beaux que j'aie jamais vus_.

=Déloger= et =Découcher.=—_Déloger_ signifie quitter le logement,

décamper; _découcher_ veut dire, coucher hors de chez soi: _il déloge à

la fin du mois; je vous ferai bien déloger de là; depuis huit jours il

a découché trois fois_. Voyez _découcher_.

=Demain.=—On peut dire _demain au matin et demain matin_; mais cette

dernière locution est préférable. (Acad.)

=Demander=, v. a.—_Demander excuse_ est une expression incorrecte;

dites, _je vous fais, je vous offre, je vous présente mes excuses_.

2. Ne dites pas: _mon maître vous demande de venir_; dites, _vous prie

de venir_ ou _d'aller le trouver_.

3. Ne dites pas: _demander après quelqu'un_ ou _après quelque chose_;

mais, _demander quelqu'un, demander quelque chose_.

4. Après _demander_, il faut _que_ et non _à ce que_: _je demande qu'on

répare mon honneur_, et non, _à ce qu'on répare...._

5. _Demander_, suivi d'un infinitif, régit les prépositions _à_ et

_de_, suivant le sens: la prép. _à_, lorsque l'action, exprimée par

chacun des deux verbes est faite par la même personne: _il demande à

entrer; Philoclès demanda au roi à se retirer_.—La prép. _de_, dans

le cas contraire: _je vous demande de m'écouter_.

=Déméfier= (=se=), barb.; dites, _se défier_ ou _se méfier_.

=Démêler=, v. a.—On ne dit pas, _démêler les cartes_, mais, _mêler_

ou _battre les cartes_.

=Demeurer=, prend _avoir_ quand il signifie: 1º _habiter_: _il a

demeuré trois ans à Bruxelles; il demeure dans telle rue_ (plutôt

que, _il reste_); 2º _tarder_: _il a demeuré longtemps en chemin_; 3º

_employer plus ou moins de temps à quelque chose_: _il n'a demeuré

qu'une heure à faire cela_.—_Rester_ prend également _avoir_ dans le

sens de _séjourner_: _il a resté deux jours à Lyon_. (Acad.) Dans tout

autre sens, _demeurer_ et _rester_ prennent l'auxiliaire _être_: _il

est demeuré, il est resté mille hommes sur la place; elle est demeurée,

elle est restée court, seule, veuve_, etc.

=Demi, ie=, placé devant un substantif, reste invariable: _une

demi-heure, des demi bouteilles_; il reste également invariable

lorsqu'il entre dans la composition d'un mot: _des demi-heures, des

demi-lunes, des demi-tons, des demi-dieux, des demi-frères_.—Placé

après son substantif, il en prend le genre, mais il s'écrit toujours au

singulier: _deux kilo et demi, deux livres et demie_.—_Demi, demie_

s'emploient substantivement, le premier pour désigner _une moitié

d'unité_, le second pour signifier _demi-heure_: _quatre demis valent

deux unités; cette pendule sonne les heures et les demies_. (Acad.)

Prononcez _demi_ et non _démi_ ni _dèmi_.

2. _Deux heures et demie, deux heures et un quart_; ne faites pas la

liaison de l'_s_ finale du mot _heures_ avec le mot suivant. Voyez

_liaisons affectées_.

=Demi-frère=, s. m., celui qui n'est frère que du côté paternel ou du

côté maternel; les expressions _frère germain, frère consanguin_ et

_frère utérin_ ne sont guère usitées qu'en jurisprudence. (Acad.)

=Démission=, s. f.—Ne dites-pas: _dès que j'aurai ma démission, je

me retirerai à la campagne_; dites, _dès que j'aurai ma retraite, ma

pension..._ La _démission_ est l'acte par lequel on se démet d'une

dignité, d'un emploi: _démission volontaire, démission forcée; donner

sa démission_.

2. N'employez pas non plus le mot _démission_, dans le sens de

_destitution_, qui est la privation _forcée_ d'une charge, d'un emploi,

etc.: _prononcer la destitution d'un fonctionnaire_.

=Demoiselle.=—Une dame, faisant allusion à ses jeunes années, dit

ordinairement: _quand j'étais demoiselle_; il serait mieux de remplacer

_demoiselle_ par le mot _fille_; mais il est encore mieux de dire

_avant mon mariage_, ou d'employer quelque tour analogue à celui-là.

Voyez _monsieur_ et _époux_.

2. Ne dites pas: _comment se porte votre demoiselle_ (en parlant à son

père ou à sa mère)? dites, _comment se porte mademoiselle votre fille_

ou _mademoiselle N.?_ Il en est de même des mots _dame, madame_, quand

on s'adresse au mari.

=Denier=, s. m., petite monnaie; ne dites pas _dernier à Dieu_,

mais _denier à Dieu_: prononcez _de-nié_ et non _dé-nié_ ni

_degnier_.—Voyez _ni_.

=Dénouement, dénouer, déjouer, jouer=, etc.; prononcez _dénoû-ment,

dénou-er, déjou-er, jou-er_, et non _dénou-we-ment, denou-wer,

déjou-wer, jou-wer_.

=Dent=, s. féminin: _une dent, de belles dents_.

2. On dit très-bien d'un enfant, _qu'il fait ses dents, qu'il fait des

dents_, pour signifier que les dents lui viennent. (Acad.)

3. Ne dites pas: _j'ai les dents longues quand je mange du fruit

vert_; dites, _j'ai les dents agacées, quand..._ ou bien, _ces fruits

m'agacent les dents..._ Voyez _long_.

4. Ne dites pas: _se laisser tirer une dent_; dites, _se faire arracher

une dent_. (Fl.)—Prononcez _dan_ et non _dante_.

=Dentelle=, disposition des dents, n'est pas français; dites _denture_.

=Denture=, s. f., ordre dans lequel les dents sont rangées; ce mot est

français: _ce jeune homme à une belle denture_.

=Dépareiller, Déparier.=—_Dépareiller_, c'est ôter ou perdre une ou

plusieurs choses pareilles; un ouvrage est _dépareillé_ par un seul

volume égaré ou perdu, même quand on a remplacé ce volume, s'il n'est

pas en tout semblable aux autres. _Déparier_, c'est ôter l'une des deux

choses qui font la paire: _déparier des gants, des souliers; déparier

des pigeons_, c'est séparer le mâle de la femelle. Il en est de même de

_appareiller_ et _apparier_.

=Déparler=, cesser de parler, ne s'emploie qu'avec la négative; on ne

doit donc pas dire: _il déparle_, mais on dit, _il ne déparle pas_ (il

ne cesse pas de parler.)

=Dépêcher= (=se=), devant un infinitif, veut la préposition _de_:

_dépêchez-vous de partir_ (et non _à partir_).

2. Gardez-vous de dire: _dépêchez-vous vite_; dites simplement

_dépêchez-vous_.

=Dépendre=, doit être suivi de la préposition _de_ et non de _à_: _cela

ne dépend que de vous_, et non, _cela ne dépend qu'à vous_. (Fland.)

=Dépenses.=—Ne dites pas; _il a fait beaucoup de dépenses autour de

sa maison_; dites, _à sa maison_.

=Dépenseur=, n'est pas français; dites _dépensier_.

=Dépersuader=, n'est pas français; dites _dissuader, déconseiller_.

=Déplorable=, adj., se dit des choses: _un événement déplorable_;

et quelquefois des personnes dans le style soutenu: _une famille

déplorable_. (Acad.)

=Dépositaire=, subst. des deux genres, celui ou celle à qui on confie

un dépôt; _déposant_ est celui qui confie le dépôt. Prononcez _dépô_

(_ô_ long) et non _dépo_ (_o_ bref). Voyez _légataire_.

=De profundis=, s. m.; prononcez _de profondice_.

=Depuis=, prép. et adv.—Ne dites pas: _il nous arriva hier plusieurs

accidents, depuis que nous fûmes sortis_; dites, _après que nous..._

2. Ne dites pas non plus: _depuis Liége jusqu'à Huy il y a six lieues_;

dites, _de Liége à Huy_.... _Depuis_ indique un certain espace de temps

et non la distance.

3. Prononcez _depui_ (_ui_ diphthongue) et non _dépui_ ni _depoui_;

prononcez de même, je _suis_, je _puis, lui, aujourd'hui, ensuite,

puissant, puits, Huy_, etc. Voyez _ui_.

=Déranger=, dans le sens de déranger la santé, indisposer, incommoder,

est français, quoi qu'en disent certains grammairiens: _j'ai mangé hier

un peu plus qu'à l'ordinaire, et cela m'a dérangé_. (Acad.)

=Dernier, ière=; prononcez _der-nier_ et non _der-gnier_.

2. _La dernière année de sa vie_, est l'année où il est mort; _l'année

dernière_, est l'an qui vient de s'écouler. Voy. _ni_.

=Derrière.=—Ne dites pas: _il me loue en ma présence, et, derrière

moi_ ou _en arrière, il me déchire_; dites, _en mon absence, quand je

suis absent, il me déchire_; ou bien, _par derrière il me déchire_.

2. Ne dites pas: _il est caché par derrière la porte_; dites, _...

derrière la porte_.

3. Ne dites pas non plus: _il loge par derrière_; dites, _... sur le

derrière_.

=Des, Les, Mes, Tes, Ses.=—Prononcez _dè, lè, mè, tè, sè_, et non

_dé, lé, mé, té, sé_.

=Descendre=, v. a. ou n., se conjugue avec l'auxiliaire _avoir_ et avec

l'auxiliaire _être_, selon que l'on considère l'action ou le résultat,

ou selon que l'on peut répondre à l'une où à l'autre de ces questions:

_qu'a-t-il fait?_—_où est-il? qu'est-il devenu_? _il a descendu_

(_qu'a-t-il fait?_) _la montagne au galop_; _votre père est-il en

haut? non, il est descendu_ (_où est-il?_); _j'ai descendu_ (_qu'ai-je

fait?_) _l'escalier en moins d'une minute_; _il y a plus de dix minutes

que je suis descendu_ (_où suis-je, que suis-je devenu?_).

2. Ne dites pas, _descendre en bas, monter en haut_; dites simplement

_descendre, monter_: il est clair en effet qu'on ne peut pas _descendre

en haut_ ni _monter en bas_; voyez _haut_. Prononcez _dècen-dre_ et non

_d'cendre_.

=Désagrafer=, n'est pas français; dites _dégrafer_.

=Déshonnête, Malhonnête=, adj.—Ces mots n'ont pas la même

signification: _une action déshonnête_ est une action contraire à la

pureté; _une action malhonnête_ est contraire à la civilité, à la bonne

foi, à la droiture.

=Désir=, s. m.: prononcez _désir_ et non _desir_ ni _d'sir_; il en est

de même de _désirer, désireux_.

=Désirer=, v. a.—_Désirer de faire_ ou _désirer faire_.—On doit

le faire suivre de la préposition _de_, lorsqu'il exprime un désir

dont l'accomplissement est incertain, difficile ou indépendant de la

volonté: _désirer de réussir; il y a longtemps que je désirais de vous

rencontrer; je désirerais bien d'en être débarrassé_. (Acad.)—Quand,

au contraire, ce verbe exprime un désir dont l'accomplissement est

certain ou facile et plus ou moins dépendant de la volonté, il

s'emploie sans la préposition _de_: _je désire le voir; il désire vous

parler_. (Acad.)

2. Nous ferons remarquer que l'on emploie l'infinitif quand le verbe

régi se rapporte au sujet du verbe _désirer_, et que l'on se sert de

_que_ avec le subjonctif, quand il ne s'y rapporte pas: _je désire

partir; je désire que vous partiez_. (LAVEAUX).

3. Prononcez _désirer_ et non _desirer_ ni _dèsirer_: anciennement on

écrivait néanmoins _desir, desirer, desireux, desirable_, et l'Académie

dit que plusieurs écrivent et prononcent de la sorte, mais dans tous

les exemples qu'elle donne elle écrit _désir, désirer, désireux,

désirable_.

=Désister.=—Ce verbe est essentiellement pronominal; on doit dire

_se désister_ et non _désister de quelque chose_; _se désister d'un

procès_. Ce serait une faute tout aussi grave d'employer ce verbe dans

le sens de _cesser, discontinuer_.

=Dès lors=: prononcez _dès lor_ et non _dès lorse_.

=Dessein= et =Dessin=.—Écrivez sans _e_ devant l'_i_, quand il s'agit

du travail d'un dessinateur: _dessin_, d'où vient le mot _dessiner_.

=Dessert=, s. m. et non _desserf_, ce qu'on sert à la fin d'un repas:

prononcez _dessère_.

=Desserte=, s. f., ce qui reste d'un repas, ce qu'on a ôté de dessus

la table.—Ce mot se dit aussi des fonctions attachées au service

d'une cure, d'une chapelle: _le prêtre chargé de la desserte de cette

chapelle_.

=Dessous, Dedans=, sont des adverbes comme _dedans, dehors,

auparavant_; d'où il suit qu'ils ne peuvent être suivis d'un

complément; vous ne direz donc pas, _dessous la table; dessus le

bureau_, mais, _sous la table, sur le bureau_.—Prononcez _deçu,

deçou_ et non _déçu, déçou_ ni _dèçu, dèçou_.

2. Cependant _dessus, dessous_ s'emploient comme prépositions: 1º

lorsqu'ils sont liés par une des conjonctions _et, ni, ou_: _j'ai

cherché inutilement dessus et dessous le lit_; (Acad.) 2º lorsqu'ils

sont précédés d'une autre préposition: _ôtez cela de dessous moi_.

3. _Dessous de tasse._—Cette expression n'est pas française; il faut

dire _soucoupe_.

=Dessus=, adv.—Ne dites pas: _la roue lui a passé dessus_; dites,

_lui a passé sur le corps_, comme on dit, _le boulet lui a passé bien

près de la tête; le coup lui a passé sous les bras, entre les jambes_.

Voyez _sens_.

=De suite= et =Tout de suite.=—Ne confondez pas ces deux

expressions: _de suite_ signifie ce qui se fait l'un après l'autre

sans interruption: _il ne saurait dire deux mots de suite_;—_tout

de suite_, ce qui a lieu sans délai, sur-le-champ: _il faut que

les enfants obéissent tout de suite_. Prononcez _de suite_ (_ui_

diphthongue) et non _de souite_.

Dictionnaire du bon langage Contenant les difficultés de la langue française, les règles et les fautes de prononciation, les locutions vicieuses, les wallonnismes, les flandricismes, etc. · 第 37 / 164 题