3. Ne dites pas: _de tous côtés_ ou _de tous les côtés_ pour _partout_,
à la manière des wallons: _on rencontre des injustices de tous côtés ou
de tous les côtés_; dites, _partout_.
4. N'employez pas non plus _côtés_ pour pays, environs: _il demeure de
vos côtés, ce malheur est arrivé de ses côtés_; dites: _il demeure dans
vos environs, dans votre pays; ce malheur est arrivé dans son pays_.
Cependant on dit très-bien: _il demeure du côté de Verviers; il est du
côté de Namur_. (Acad.)
=Côte, Côtelettes=: prononcez l'_ô_ long et non _cote, cotelettes_.
=Cou=, s. m.—Quelquefois on dit par euphonie _col_, surtout en
poésie. (Acad.)
2. Ne dites pas: _quelle belle cravate vous avez dans le cou_; mais,
_quelle belle cravate vous avez au cou_.
3. _Cou-de-pied_, s. m., haut du pied; ne dites pas: _coude-pied,
coup-de-pied, cou-du-pied_.—Le pluriel est _cous-de-pied_.
=Coucher, Promener, Baigner.=—Ces verbes, employés _pronominalement_,
doivent toujours être accompagnés de _me, te, se, nous, vous, se_;
ainsi ne dites pas: _je vais coucher, promener, baigner_, mais, _je
vais me coucher, me promener, me baigner_.
=Coudre=, v. a., fut., _je coudrai_, (et non _je couserai_); cond. _je
coudrais_; impératif, _couds, cousons, cousez_; prés. du subj., _que
je couse, que tu couses_; ind. prés., _je couds, nous cousons, vous
cousez, ils cousent_; passé déf., _je cousis, tu cousis_, etc., (et
non _je cousus_, etc.); imparf. du subj., _que je cousisse, que tu
cousisses_, etc. (et non _que je coususse_, etc.)
=Couenne=, s. f., peau de porc; écrivez et prononcez _couenne_ (_ou en_
diphthongue) et non _couanne_ ni _couaine_.
=Couler, Courir.=—En parlant des liquides, il faut se servir du
verbe _couler_: _cette fontaine coule doucement; ce tonneau, ce baril
coule de toutes parts_. Cependant, lorsqu'il s'agit d'un liquide qui
marche régulièrement et précipitamment, on emploie quelquefois le verbe
_courir_: _le ruisseau qui court dans la prairie; l'eau qui court; le
sang court dans les veines_. Mais il n'est jamais permis de dire: _ce
vase court; le lait court dans le feu_; il faut dire, _ce vase coule;
le lait coule dans le feu_.
2. Le verbe _courir_ se conjugue avec l'auxiliaire _avoir_: ne dites
donc pas, _je suis couru_, mais _j'ai couru_. Mais il prend l'auxil.
_être_ quand il signifie _être suivi, être recherché_: _cet ouvrage est
fort couru; ce prédicateur est fort couru_.
3. _Je cours à la ville; il court à perdre haleine; il part avec lui_:
prononcez _je cour à la ville; il cour à perdre haleine; il par avec
lui_. Mais au pl. _ils courent avec lui_ (_il cour-tavec_), etc.; il en
est de même dans les cas analogues.
=Couleur d'isabelle=, couleur mitoyenne entre le blanc et le jaune,
mais dans laquelle le jaune domine; dites, _couleur isabelle_,
quoiqu'on dise également bien, _couleur de rose_ et _couleur rose_.
2. _Couleurs_ (_peindre sous des_).—«On ne peint pas plus sous des
couleurs que l'on ne dessine sous un crayon. Ce contre-sens, ou plutôt
ce non-sens, provient de la confusion qui s'est faite à la longue entre
deux locutions analogues: _peindre avec des couleurs_;—_voir_ ou
_peindre sous un jour_.» (Francis WEY). Il est donc plus correct de
dire: _peindre avec des couleurs_.
3. _Couleur_, est féminin: _une couleur changeante_; il est masculin,
lorsque, avec le nom qui le suit, il désigne une couleur particulière
ou une chose ayant cette couleur: _le couleur de feu, le couleur de
rose, un beau couleur de feu, un joli couleur de rose_, comme on dit,
_le rouge, le rose, un joli rose_, etc.
=Coup.=—Ne dites pas: _cet homme a fait les cent coups_ (locution
populaire); dites, _a fait mille folies, mille excès_.
2. _Boire un coup d'eau, un coup de vin; au coup de midi, au coup de
trois heures_, sont des expressions françaises.
=Couper=, v. a.—Ne dites pas: _le vent, la grêle, la neige coupent le
visage_; dites, _... cinglent le visage_.
=Couperose=, s. f., vitriol; ne dites pas _comperose_.
=Couple=, est féminin, lorsqu'il signifie simplement le nombre _deux_,
sans idée d'union, d'assortiment, d'assemblage: _une couple d'œufs,
une couple de pigeons, une couple de serviettes_.—Il est _masculin_
1º quand il désigne le mâle et la femelle: _un couple de pigeons suffit
pour peupler une volière_; 2º quand il désigne des êtres animés, unis
par un sentiment ou pour toute autre cause qui les rend propres à agir
de concert: _un couple d'amis; un couple de fripons; un beau couple de
chiens_. (Acad.)—Prononcez _cou-ple_ et non _coupe, coupèle_.
=Courant.=—On doit dire, _le cinq, le six, le dix du courant_. Ici
on ne pourrait pas supprimer l'article, parce que le mot _mois_ est
sous-entendu; c'est comme si l'on disait _le cinq, le six, le dix du
mois courant_.
=Courrier=, s. m., se dit de la totalité des lettres qu'on écrit ou
qu'on reçoit par un seul ordinaire: _lire son courrier, faire son
courrier_.
(BESCHERELLE, POITEVIN).
=Courroie=, lien de cuir, est féminin; n'écrivez pas _corroi_.—Prononcez
_courroî_ et non _courroiïe_.
=Cours=, s. m., flux, course, étude; prononcez _cour_ (_ou_ long) même
devant une voyelle et non _cource_.
2. Ne dites pas: _il donne un cours d'italien; le professeur donne son
cours_; dites, _il fait un cours, il fait son cours_.—Mais on dit,
_donner des leçons_, (quand il s'agit de leçons particulières): voyez
_leçon_.
=Court, e=, adj.—Ne dites pas: _je suis à court d'argent; le
prédicateur est resté à court_; dites, _je suis court d'argent; le
prédicateur est resté court_.
=Coûter.=—Ne dites pas, _coûte qui coûte_, mais, _coûte que coûte_ ou
_quoi qu'il en coûte_; prononcez _coûter_ (_oû_ long) et non _couter_
(_ou_ bref).
2. _Coûter gros_:—_cela doit vous coûter gros, ce n'est pas le
Pérou_, sont des expressions populaires dont il faut éviter l'emploi;
dites, _coûter beaucoup, bel et bon_.
3. Ne dites pas: _les leçons de mon fils me coûtent dans les cent
francs par mois_; dites, _à peu près cent francs par mois; me
reviennent à près de cent francs par mois_. Voyez _cher_.
=Coutil=, s. m., toile forte; prononcez _couti_ et non _coutile_.
=Couturière.=—_Tailleuse_ est un mot provincial qui n'est pas admis
par l'Académie.
=Couvent=, s. m. Ne dites pas: _elle est entrée dans le couvent à 18
ans_, dites, _au couvent_, comme on dit _entrer au service_ pour se
faire soldat. _Entrer dans le couvent_, c'est y aller pour le visiter,
pour y voir quelqu'un.
=Couvert= pour _couvercle_; =Couverte= pour _couverture, malle,
mallette_.—On ne dit point le _couvert_, mais le _couvercle_ d'une
tabatière, d'une cafetière, d'un vase quelconque; on ne dit pas la
_couverte_, mais la _couverture_ d'un lit, d'une chaise, d'un livre (ce
qui sert à couvrir le lit, la chaise, le livre).
2. On ne dit point _la couverte_ d'un écolier, mais _la malle_ et
mieux _la mallette_ pour désigner le sac, ordinairement en cuir, où il
renferme ses livres et ses papiers et qu'il porte suspendu à son dos à
l'aide d'une courroie.
=Couvi=, adjectif, qui ne s'emploie qu'au _masculin_; il se dit, d'un
œuf à demi couvé ou gâté pour avoir été gardé trop longtemps: _un œuf
couvi, des œufs couvis_. Prononcez _couvi_ et non _couvice_.
=Crabe=, poisson qui ressemble à une écrevisse et dont on mange la
chair; ce mot est masculin: _un gros crabe_. Prononcez _crâbe_ (_â_
long).
=Crachat=, s. m., dans le sens de décoration, est de mauvais ton.
=Craie=, s. f.: prononcez _craî_ (_aî_ long) et non _craiïe_.
=Craindre=, v. a.—Ne dites pas: _je crains qu'il tombe_; dites, _je
crains qu'il ne tombe_.
=Crainte.=—Ne dites pas: _je n'irai pas, crainte d'être entraîné_;
dites, _de crainte d'être entraîné_.
=Cran=, s. m., entaille qu'on fait à un corps dur pour accrocher ou
arrêter quelque chose: _craner_, faire un cran.—Ne dites pas _crain,
crèner_.
=Crâne=, s. m., tapageur, homme qui fait le rodomont: _c'est un crâne,
faire le crâne_; on l'emploie quelquefois adjectivement: _il est crâne,
il a l'air crâne_: ce mot est très-familier. (Acad.) C'est à tort que
les wallons donnent à ce mot d'autres acceptions.