2. Ne dites pas: _de l'autre de côté_; dites, _de l'autre côté_.

3. Ne dites pas: _de tous côtés_ ou _de tous les côtés_ pour _partout_,

à la manière des wallons: _on rencontre des injustices de tous côtés ou

de tous les côtés_; dites, _partout_.

4. N'employez pas non plus _côtés_ pour pays, environs: _il demeure de

vos côtés, ce malheur est arrivé de ses côtés_; dites: _il demeure dans

vos environs, dans votre pays; ce malheur est arrivé dans son pays_.

Cependant on dit très-bien: _il demeure du côté de Verviers; il est du

côté de Namur_. (Acad.)

=Côte, Côtelettes=: prononcez l'_ô_ long et non _cote, cotelettes_.

=Cou=, s. m.—Quelquefois on dit par euphonie _col_, surtout en

poésie. (Acad.)

2. Ne dites pas: _quelle belle cravate vous avez dans le cou_; mais,

_quelle belle cravate vous avez au cou_.

3. _Cou-de-pied_, s. m., haut du pied; ne dites pas: _coude-pied,

coup-de-pied, cou-du-pied_.—Le pluriel est _cous-de-pied_.

=Coucher, Promener, Baigner.=—Ces verbes, employés _pronominalement_,

doivent toujours être accompagnés de _me, te, se, nous, vous, se_;

ainsi ne dites pas: _je vais coucher, promener, baigner_, mais, _je

vais me coucher, me promener, me baigner_.

=Coudre=, v. a., fut., _je coudrai_, (et non _je couserai_); cond. _je

coudrais_; impératif, _couds, cousons, cousez_; prés. du subj., _que

je couse, que tu couses_; ind. prés., _je couds, nous cousons, vous

cousez, ils cousent_; passé déf., _je cousis, tu cousis_, etc., (et

non _je cousus_, etc.); imparf. du subj., _que je cousisse, que tu

cousisses_, etc. (et non _que je coususse_, etc.)

=Couenne=, s. f., peau de porc; écrivez et prononcez _couenne_ (_ou en_

diphthongue) et non _couanne_ ni _couaine_.

=Couler, Courir.=—En parlant des liquides, il faut se servir du

verbe _couler_: _cette fontaine coule doucement; ce tonneau, ce baril

coule de toutes parts_. Cependant, lorsqu'il s'agit d'un liquide qui

marche régulièrement et précipitamment, on emploie quelquefois le verbe

_courir_: _le ruisseau qui court dans la prairie; l'eau qui court; le

sang court dans les veines_. Mais il n'est jamais permis de dire: _ce

vase court; le lait court dans le feu_; il faut dire, _ce vase coule;

le lait coule dans le feu_.

2. Le verbe _courir_ se conjugue avec l'auxiliaire _avoir_: ne dites

donc pas, _je suis couru_, mais _j'ai couru_. Mais il prend l'auxil.

_être_ quand il signifie _être suivi, être recherché_: _cet ouvrage est

fort couru; ce prédicateur est fort couru_.

3. _Je cours à la ville; il court à perdre haleine; il part avec lui_:

prononcez _je cour à la ville; il cour à perdre haleine; il par avec

lui_. Mais au pl. _ils courent avec lui_ (_il cour-tavec_), etc.; il en

est de même dans les cas analogues.

=Couleur d'isabelle=, couleur mitoyenne entre le blanc et le jaune,

mais dans laquelle le jaune domine; dites, _couleur isabelle_,

quoiqu'on dise également bien, _couleur de rose_ et _couleur rose_.

2. _Couleurs_ (_peindre sous des_).—«On ne peint pas plus sous des

couleurs que l'on ne dessine sous un crayon. Ce contre-sens, ou plutôt

ce non-sens, provient de la confusion qui s'est faite à la longue entre

deux locutions analogues: _peindre avec des couleurs_;—_voir_ ou

_peindre sous un jour_.» (Francis WEY). Il est donc plus correct de

dire: _peindre avec des couleurs_.

3. _Couleur_, est féminin: _une couleur changeante_; il est masculin,

lorsque, avec le nom qui le suit, il désigne une couleur particulière

ou une chose ayant cette couleur: _le couleur de feu, le couleur de

rose, un beau couleur de feu, un joli couleur de rose_, comme on dit,

_le rouge, le rose, un joli rose_, etc.

=Coup.=—Ne dites pas: _cet homme a fait les cent coups_ (locution

populaire); dites, _a fait mille folies, mille excès_.

2. _Boire un coup d'eau, un coup de vin; au coup de midi, au coup de

trois heures_, sont des expressions françaises.

=Couper=, v. a.—Ne dites pas: _le vent, la grêle, la neige coupent le

visage_; dites, _... cinglent le visage_.

=Couperose=, s. f., vitriol; ne dites pas _comperose_.

=Couple=, est féminin, lorsqu'il signifie simplement le nombre _deux_,

sans idée d'union, d'assortiment, d'assemblage: _une couple d'œufs,

une couple de pigeons, une couple de serviettes_.—Il est _masculin_

1º quand il désigne le mâle et la femelle: _un couple de pigeons suffit

pour peupler une volière_; 2º quand il désigne des êtres animés, unis

par un sentiment ou pour toute autre cause qui les rend propres à agir

de concert: _un couple d'amis; un couple de fripons; un beau couple de

chiens_. (Acad.)—Prononcez _cou-ple_ et non _coupe, coupèle_.

=Courant.=—On doit dire, _le cinq, le six, le dix du courant_. Ici

on ne pourrait pas supprimer l'article, parce que le mot _mois_ est

sous-entendu; c'est comme si l'on disait _le cinq, le six, le dix du

mois courant_.

=Courrier=, s. m., se dit de la totalité des lettres qu'on écrit ou

qu'on reçoit par un seul ordinaire: _lire son courrier, faire son

courrier_.

(BESCHERELLE, POITEVIN).

=Courroie=, lien de cuir, est féminin; n'écrivez pas _corroi_.—Prononcez

_courroî_ et non _courroiïe_.

=Cours=, s. m., flux, course, étude; prononcez _cour_ (_ou_ long) même

devant une voyelle et non _cource_.

2. Ne dites pas: _il donne un cours d'italien; le professeur donne son

cours_; dites, _il fait un cours, il fait son cours_.—Mais on dit,

_donner des leçons_, (quand il s'agit de leçons particulières): voyez

_leçon_.

=Court, e=, adj.—Ne dites pas: _je suis à court d'argent; le

prédicateur est resté à court_; dites, _je suis court d'argent; le

prédicateur est resté court_.

=Coûter.=—Ne dites pas, _coûte qui coûte_, mais, _coûte que coûte_ ou

_quoi qu'il en coûte_; prononcez _coûter_ (_oû_ long) et non _couter_

(_ou_ bref).

2. _Coûter gros_:—_cela doit vous coûter gros, ce n'est pas le

Pérou_, sont des expressions populaires dont il faut éviter l'emploi;

dites, _coûter beaucoup, bel et bon_.

3. Ne dites pas: _les leçons de mon fils me coûtent dans les cent

francs par mois_; dites, _à peu près cent francs par mois; me

reviennent à près de cent francs par mois_. Voyez _cher_.

=Coutil=, s. m., toile forte; prononcez _couti_ et non _coutile_.

=Couturière.=—_Tailleuse_ est un mot provincial qui n'est pas admis

par l'Académie.

=Couvent=, s. m. Ne dites pas: _elle est entrée dans le couvent à 18

ans_, dites, _au couvent_, comme on dit _entrer au service_ pour se

faire soldat. _Entrer dans le couvent_, c'est y aller pour le visiter,

pour y voir quelqu'un.

=Couvert= pour _couvercle_; =Couverte= pour _couverture, malle,

mallette_.—On ne dit point le _couvert_, mais le _couvercle_ d'une

tabatière, d'une cafetière, d'un vase quelconque; on ne dit pas la

_couverte_, mais la _couverture_ d'un lit, d'une chaise, d'un livre (ce

qui sert à couvrir le lit, la chaise, le livre).

2. On ne dit point _la couverte_ d'un écolier, mais _la malle_ et

mieux _la mallette_ pour désigner le sac, ordinairement en cuir, où il

renferme ses livres et ses papiers et qu'il porte suspendu à son dos à

l'aide d'une courroie.

=Couvi=, adjectif, qui ne s'emploie qu'au _masculin_; il se dit, d'un

œuf à demi couvé ou gâté pour avoir été gardé trop longtemps: _un œuf

couvi, des œufs couvis_. Prononcez _couvi_ et non _couvice_.

=Crabe=, poisson qui ressemble à une écrevisse et dont on mange la

chair; ce mot est masculin: _un gros crabe_. Prononcez _crâbe_ (_â_

long).

=Crachat=, s. m., dans le sens de décoration, est de mauvais ton.

=Craie=, s. f.: prononcez _craî_ (_aî_ long) et non _craiïe_.

=Craindre=, v. a.—Ne dites pas: _je crains qu'il tombe_; dites, _je

crains qu'il ne tombe_.

=Crainte.=—Ne dites pas: _je n'irai pas, crainte d'être entraîné_;

dites, _de crainte d'être entraîné_.

=Cran=, s. m., entaille qu'on fait à un corps dur pour accrocher ou

arrêter quelque chose: _craner_, faire un cran.—Ne dites pas _crain,

crèner_.

=Crâne=, s. m., tapageur, homme qui fait le rodomont: _c'est un crâne,

faire le crâne_; on l'emploie quelquefois adjectivement: _il est crâne,

il a l'air crâne_: ce mot est très-familier. (Acad.) C'est à tort que

les wallons donnent à ce mot d'autres acceptions.

Dictionnaire du bon langage Contenant les difficultés de la langue française, les règles et les fautes de prononciation, les locutions vicieuses, les wallonnismes, les flandricismes, etc. · 第 34 / 164 题