4. _Il est comme ça, c'est son caractère_, est une expression française.

=Cabaret=, s. m.: faites le premier _a_ bref.

=Cabas=, s. m., petit panier; l'_s_ ne se prononce pas.

2. _Aller à cabasse_, est une locution wallonne; dites, _aller bras

dessus, bras dessous_.

=Cabeliaud=, n'est pas français; dites _cabillaud_ (_ll_ mouill.)

=Cabus=, adj. m., sans féminin, pommé; il ne se dit qu'avec le mot

_chou_: _des choux cabus_; on ne prononce pas l'_s_.—_Cabusette_

n'est pas français; dites _laitue pommée_.

=Cacao=, s. m., amande du cacaoyer, base du chocolat; prononcez

_caca-o_.

=Cachément, Cachettement=: ces mots ne sont pas français; dites _en

cachette, secrètement, en secret_.

=Cacis= ou =Cassis=, s. m., arbuste, liqueur; prononcez _câci-ce_.

=Cacophonie=, s. f., son ou accord désagréable; ne dites pas

_cacaphonie_.

=Cadastre=, s. m.; prononcez _cadas-tre_ et non _cadasse_ ni

_ca-das-tère_.

=Cadavre=, s. m., corps mort; prononcez _cada-vre_ et non _cada-fe_ ni

_cada-vère_: _cadavre inanimé_ est un pléonasme ridicule.

=Cadeau=, s. m.—Ne dites pas: _j'ai reçu ce livre en cadeau_; dites,

_on m'a fait cadeau de ce livre_.

=Cadenas=, s. m., serrure mobile; ne dites pas _loquet_ pour _cadenas_;

le loquet en effet est une fermeture très-simple que l'on met aux

portes qui n'ont pas de serrure et à celles dont le pêne est dormant;

il correspond assez bien au mot wallon _cliche, clichette_.

2. Ne confondez pas non plus le _loquet_ ou le _cadenas_ avec la

_targette_, qui est une petite plaque de métal, portant un verrou

plat, et qu'on met aux portes, aux fenêtres, etc., pour servir à les

fermer.—Prononcez _ca-d'-na_ et non _ca-ne-na_.

=Cadre=, s. m.—Ne dites pas: _j'ai acheté de beaux cadres_, pour

_de beaux tableaux_: un _cadre_ n'est que la bordure du tableau, de

l'estampe. Voyez _quadre_.

=Café=, s. m.; prononcez _café_ et non _cafet_.

2. On ne dit pas, _boire le café_, mais _prendre le café_: _boire_ ne

se dit que des liqueurs faites pour servir de boisson, pour désaltérer,

comme _l'eau, le vin, la bière_, etc. Voyez _boire_.

=Cafouiller= ou =Fafouiller=, pour =Farfouiller=, sont des barbarismes:

_farfouiller_ signifie fouiller dans quelque chose avec désordre.

=Cahier=, s. m.; prononcez _ca-ié_, (_h_ muette) et non _ca-iet_ ni

_ca-hier_, en aspirant l'_h_.

=Cahotement=, s. m.—Ce mot n'est pas français; dites _cahot_, pour

exprimer les sauts que fait une voiture sur un chemin raboteux; et

_cahotage_, pour marquer l'effet, le mouvement que produisent les

_cahots_.

=Cahotte=, s. f., mot wallon, morceau de papier roulé en pointe de

manière à pouvoir contenir quelque chose, se traduit en français par

_sac, sachet, cornet_ et _rouleau_ qu'il ne faut pas confondre; on dit:

_un cornet de tabac, de café_; _un rouleau de pièces de cinq francs_.

=Caillé=, part.; dites, _du lait caillé_ et _une dent cariée_.

=Caisse=, s. f.—Ne dites pas, _une caisse de montre_; dites, _une

boîte de montre_.

=Câlin=, adj. (l'_a_ est long).—Ce mot signifie _flatteur, cajoleur_:

_un petit câlin, cet homme a l'air câlin; prendre un ton câlin_; mais

il ne faut pas l'employer dans le sens de _méchant_ ou de _saligaud,

salaud, crapuleux_. (Wall.)

=Caleçon=, s. m., sorte de culotte; ne dites pas, _caneçon_.

=Calendrier républicain.=—Pendant la révolution française, la

Convention voulant faire commencer l'année au jour où la république

avait été proclamée, abolit l'ère vulgaire, et data l'ère républicaine

du 22 septembre 1792, le jour même de l'équinoxe d'automne. Les

mois, au nombre de douze, se composaient uniformément de 30 jours,

et étaient rangés dans l'ordre suivant: _vendémiaire, brumaire,

frimaire_,—_nivôse, pluviôse, ventôse_,—_germinal, floréal,

prairial_,—_messidor, thermidor_ et _fructidor_. L'année était

complétée par des jours épagomènes au nombre de 5, et de 6 dans

les années _sextiles_. Au lieu de la division du mois en semaines,

on adoptait une division en 3 décades, dont les jours s'appelaient

_primidi, duodi, tridi, quartidi, quintidi, sextidi, septidi, octidi,

nonidi, décadi_. Le jour était divisé en 10 parties ou heures. Les

noms des saints et des fêtes du calendrier grégorien étaient remplacés

par une série de noms de plantes, de métaux, d'animaux, d'instruments

aratoires. Exemple: vendémiaire, primidi, _raisin_; duodi, _safran_,

etc. Le 1er des jours complémentaires fut consacré à la vertu, le 2e

au génie, le 3e au travail, le 4e à l'opinion; le 5e était la fête des

récompenses; le 6e, dans les années sextiles, la fête de la révolution.

La période de 4 ans, au bout de laquelle avait lieu cette addition du

6e jour, formait une _franciade_.—Le _Calendrier républicain_ avait

été imaginé par Romme. La signification de ces mois n'était vraie que

pour le climat de Paris. Il a duré moins de 14 ans; sa 14e année,

commencée le 23 septembre 1805, finit le 31 décembre suivant: sur un

rapport de Laplace au Sénat, un sénatus-consulte du 21 fructidor an

XIII rétablit le calendrier grégorien à compter du 1er janvier 1806.

(_Dictionnaire_ de DEZOBRY et BACHELET).

=Calotte=, _gifle, pétard_, coup donné sur la tête ou au visage avec

la main; remplacez ces mots par _taloche, claque, soufflet_: _gifle_

et _calotte_ pourtant figurent dans les dictionnaires, mais ils sont

populaires.

=Calque=, s., est masculin: _un beau calque_.

=Calquer, Décalquer=, v. n.—_Calquer_, c'est transporter les traits

d'un dessin sur un papier: _calquer un dessin, un plan_.—_Décalquer_,

c'est reporter le calque d'un dessin sur du papier, sur une toile, sur

une planche, etc.

=Calville= (pomme).—Dites _pomme calville_ ou _pomme de calville_ et

non _calvine_ ni _calvi_.

=Camail=, s., vêtement ecclésiastique, et des chanoines ainsi que des

évêques en particulier; ce mot est masculin; le pluriel est _camails_.

=Cambouis=, s. m., graisse noire formée du vieux oing, dont on a enduit

les roues; écrivez et prononcez _cambouis_ et non _cambuis_.

=Campagne.=—_Être à la campagne_, c'est être en promenade à la

campagne ou être dans une maison de campagne, pour y passer quelque

temps; _être en campagne_, c'est être en mouvement, hors de chez soi,

qu'on voyage pour son plaisir ou pour ses affaires: _quand il est à

la campagne, il met tous ses gens en campagne, pour lui procurer des

vivres_. Ces observations s'appliquent également aux locutions: _aller

à la campagne_ et _aller en campagne_.

=Canaille=, s. f.—Ne dites pas: _cette personne est une canaille;

ce commissaire est une canaille qui mérite la potence_. Ce mot n'est

pas français dans ce sens; remplacez-le selon le sens par: _un gueux,

coquin, fripon; un bandit, malfaiteur, vagabond; un drôle, un maraud,

un gredin, un pied-plat, un infâme, un chenapan_.—_Canaille_ est un

terme de mépris qui se dit de la plus vile populace: _il fut insulté

par la canaille_.—Il se dit aussi des gens de toute condition pour

lesquels on veut témoigner du mépris: _il nous traite de canaille_.—Il

se dit quelquefois, par plaisanterie, des petits enfants qui font du

bruit, qui importunent: _faites taire cette petite canaille_.

=Cangrène=: voyez _gangrène_.

=Caout-chouc=, s. m., résine élastique; prononcez _caoute-chouke_.

=Capable=, adj.—On dit: _cet homme est capable de bien se battre_, et

non, _à, pour se battre_; _capable_ n'est jamais suivi des prépositions

_à_ ou _pour_.—Voyez _susceptible_ et _assez_.

=Capillaire=, _capillarité, capillation, capillature_: prononcez les

deux _ll_ sans les mouiller.

=Capitaine=: prononcez comme c'est écrit, _capitaine_ et non _captaine_.

=Capot=, adj., 1º confus, interdit; 2º terme de jeu, qui n'a fait

aucune levée; cet adjectif est des deux genres et des deux nombres;

ne dites donc pas d'une femme: _elle est demeurée capote_; mais

_capot_.—Prononcez _capo_ (_o_ bref).

2. N'employez pas _capot_ dans le sens de _frit, fricassé, cassé,

brisé, perdu_: _cet homme est frit; cet argent est fricassé; tout est

frit; ce vase est cassé; cette canne est brisée; cet homme est perdu_

(et non _capot_ ni _capote_). (Fland.)

=Capote=, ne se dit proprement que d'une espèce de redingote à l'usage

des soldats; dans tout autre cas, servez-vous des mots _redingote,

frac_ (s. m. _un frac_).

=Caprice=, est masculin: _un caprice bizarre_.

=Capuce=, s. m.; ne dites pas: _il rabattit sa capuche sur son visage_;

dites, _son capuce_, ou bien, _son capuchon_, (couverture de tête qui

fait partie de l'habillement de certains religieux.)—_Capuche_ n'est

pas français.

=Car en effet=, pléon. vicieux; dites seulement, _car_ ou bien _en

effet_; ces deux locutions signifient la même chose.

=Caracole=, est un mot wallon; dites _limaçon_ ou _colimaçon_.

=Caramel=, bonbon, est un s. m.: _aimez-vous le caramel? le caramel est

bon pour le rhume; mettre du caramel dans une sauce_. (Acad.) Quoique

l'Académie ne donne pas d'exemple de ce mot employé au pluriel, nous

croyons pourtant qu'on peut dire _des caramels_, pour désigner les

petits bonbons sucrés, de forme carrée ou oblongue, renfermés dans du

papier: _cet enfant aime mieux les caramels que les dragées_.

=Carbonaro=, s. m., au pl., _carbonari_, nom des membres d'une société

secrète d'Italie; ce mot signifie proprement _charbonnier_.

=Caresse=, s. f.—Ne dites pas: _donner des caresses_; dites, _faire

des caresses_.

=Carolus=, s. m., ancienne monnaie: prononcez _caroluce_ et non

_carluce_.

=Carotte=, s. f.—_Tirer une carotte_ à quelqu'un, c'est-à-dire,

obtenir adroitement d'une personne ce qu'elle n'avait nulle envie de

donner, est une locution basse et populaire.

=Carpette=, mot anglais qui n'est pas francisé; dites, _tapis de pied_,

comme on dit, _tapis de table, tapis de billard_: _carpette_ se dit en

français d'un gros drap rayé pour emballage.

=Carré=, ne peut pas s'employer pour _quadrille_ (sorte de

danse).—_Carré_ ne se dit pas non plus pour _palier_: _nous logeons

sur le même palier_ et non, _sur le même carré_.

=Carreau=, s. m.—On doit dire un _carré de papier_ ou un _quart

de feuille_, et non un _carreau de papier_: _écrire une note sur un

carré de papier_; mais on dit, _un carreau de vitre_ ou simplement _un

carreau_.

=Carrosse=, voiture suspendue, est masculin: _un beau carrosse_.—Ne

dites pas: _il roule carrosse, il roule en carrosse_; dites, _il a un

carrosse, il a un équipage_.

=Carrousel=, s. m., tournois: prononcez _carou-zèle_ et non _caroucèle_.

=Cartabelle=, s. f., le petit livre qui indique la manière de réciter

l'office, se nomme, en français, _un directoire_; _cartabelle_ ne

figure pas dans les dictionnaires, mais il est usité en Belgique.

=Carte=, s. f.—Ne dites pas _une carte de mort_, mais _un billet de

part, un billet d'enterrement_.

2. Ne dites pas: _ce professeur donne des leçons à un franc la carte_;

dites, _à un franc le cachet_.

=Carter=, dans le sens de _mêler_ ou de _faire les cartes_, n'est pas

français; _écarter_ (et non _carter_) est un terme du jeu de piquet.

=Cas.=—_En cas que, au cas que_, se disent indifféremment et sont des

locutions conjonctives qui régissent le subjonctif.

2. On dit _en cas d'empêchement, en cas de malheur_; et non, _au cas

d'empêchement_, etc.

3. _Cas_ (_faire_): on dit, _faire cas, faire grand cas_, ou _ne faire

nul cas de quelqu'un_ ou _de quelque chose_; on ne dit pas, _faire du

cas, faire un grand cas de..._; toutefois, on dit très-bien: _j'en fais

beaucoup de cas_.

=Casaque=, habillement dont on se sert comme d'un manteau, et qui a

ordinairement les manches fort larges: ce mot est féminin.

=Casemate=, s. f., souterrain voûté d'une citadelle: prononcez

_cazemate_ et non _cacemate_ ni _casemaque_.

=Casino=, s. m., société de jeu, de danse: prononcez _cazino_ et non

_cacino_.

=Cassonade=, s. f., sucre non raffiné: prononcez _cassona-de_ et non

_cassona-te_ ni _castonnade_.

=Casuel= (accidentel), ne doit pas s'employer pour _cassant, fragile_;

il faut dire: _la porcelaine est cassante, fragile_, et non _casuelle_.

=Cataplasme=, est masculin: _appliquer un cataplasme_; prononcez

_cataplas-me_ et non _catapla-me_. Voyez _asme_.

=Catéchisme=, s. m.: prononcez _catéchis-me_ et non _catéchime,

catéchisse, catéchim-se, catégisme_.

=Catherine=, n. pr.: écrivez et prononcez _Catherine_ et non

_Cathérine_.

=Cause= (_à_).—_A cause que_, signifiant _parce que_, est français,

quoi qu'en disent MM. Chapsal et Poitevin; au mot _par_, l'Académie

dit: _parce que, à cause que_; et au mot _cause_, elle dit: _à cause

que, parce que_.

2. Ne dites pas: _c'est cause de vous que j'ai perdu mon livre_; dites,

_c'est à cause de vous_.

3. Ne dites pas non plus: _je suis tombé, c'est vous la cause_; mais,

_c'est à cause de vous_ ou _c'est vous qui en êtes la cause_.

=Causer=, dans le sens de _parler_; ne dites pas: _je lui ai causé

longtemps_; mais, _j'ai causé longtemps avec lui; j'ai causé avec lui

de cette affaire_ (et non _je lui ai causé de cette affaire_).

2. Ne dites pas: _nous nous causerons une autre fois_; dites, _nous

causerons..._—_Se causer_ n'est pas français.

=Causette=, n'est pas français; dites _causerie_ ou _conversation_,

selon le sens.

=Causeur=, fait au féminin _causeuse_ et non _causeresse_.

=Cave=, _Esclave, Rave_, etc.: prononcez comme c'est écrit, et non

_ca-fe, escla-fe, ra-fe_. Voyez _v final_.

=Ce, Cela.=—Ne dites pas: _cela ne vient pas à huit jours_; dites,

_huit jours de plus ou de moins n'y font rien_ ou _ne font rien à

l'affaire_. (Fland.)

2. Ne dites pas: _c'est ce que je me plains_; mais, _c'est ce dont je

me plains_.

3. Ne dites pas: _c'est moi qui a, c'est moi qui est; c'est vous qui

a, c'est vous qui est_; dites, _c'est moi qui ai, c'est moi qui suis;

c'est vous qui avez, c'est vous qui êtes; c'est nous qui avons, qui

sommes_, etc.

4. _Ça_ ou _cela voulait bien tomber que telle ou telle chose était

arrivée_.—Quand on veut parler d'une circonstance favorable, d'un

heureux hasard, qui arrive dans un certain temps, on dit en flamand:

_ça voulait bien tomber que..._ Cette expression ne peut pas s'employer

en français; il faut dire par exemple: _c'était une circonstance

favorable, un heureux hasard que votre frère aîné fût là pour prendre

votre défense_. (Fland.)

5. Ne dites pas: _cela m'étonne que, cela ne me surprend pas que..._

dites, _je m'étonne que_ ou _je suis étonné que; je ne suis pas surpris

que..._

Dictionnaire du bon langage Contenant les difficultés de la langue française, les règles et les fautes de prononciation, les locutions vicieuses, les wallonnismes, les flandricismes, etc. · 第 23 / 164 题