MM. Messieurs.—Mme ou M{e} Madame.

Mlle Mademoiselle.—M{d} Marchand.

M{de} Marchande.—N{gt} Négociant.

=Acacia=, s. m., arbre: prononcez _acacia_ et non _acazia_.

=Acalender=, mot wallon; dites: _cette boutique est bien achalandée_,

et non: _acalendée_.

=Accessit=, s. m.—Le _t_ se prononce au singulier et au pluriel:

l'Académie écrit au pluriel _deux accessit_, et fait remarquer que

plusieurs écrivent _des accessits_: nous admettrions volontiers cette

dernière orthographe.

=Accourir, Apparaître, Disparaître= et =Résulter=, prennent

indifféremment _avoir_ ou _être_: _j'ai accouru, je suis accouru

pour la fête; un spectre lui avait apparu, lui était apparu; mon

argent a disparu, est disparu; qu'a-t-il résulté de là? qu'en est-il

résulté?_ (Acad.)—Mais _paraître, comparaître_ et _reparaître_ ne

prennent qu'_avoir_, ainsi que _périr, contrevenir_ et _subvenir_: _la

troisième livraison de ce livre a paru; satan et ses anges ont péri

par orgueil; on a subvenu à ses besoins_. (Acad.)—C'est donc une

faute de dire: _ce livre est paru; cet ouvrage est paru depuis quinze

jours_.

=Accroc=, s. m., déchirure (le _cinq_ des wallons); obstacle, embarras;

on ne prononce pas le _c_ final et on ne fait sentir qu'un des deux

_c_: _acrô_ (_ô_ long).

=Accroche=, dans le sens d'_agrafe_, n'est pas français.

=Acculé.=—Ne dites pas _des souliers acculés_; dites _des souliers

éculés_, pour signifier des souliers qui s'abaissent par derrière sur

le talon.—On dit aussi: _éculer ses souliers, ses bottes s'éculent_.

=A ce que.=—Ne dites pas: _j'arrangerai cette affaire de manière à ce

que tout le monde soit content_; dites simplement, _de manière que tout

le monde soit content_.

=Achéron=, s. m., t. de mythol., fleuve des enfers: prononcez _achéron_

et non _akéron_.

=Acheter=, v. a.—Ne dites pas: _j'ai acheté ma maison pour dix mille

francs; j'ai vendu mon cheval pour huit cents francs_; mais dites:

_j'ai acheté ma maison dix mille francs; j'ai vendu mon cheval huit

cents francs_. (Wall.) Mais on dira bien: _ce négociant a acheté hier

pour mille francs; j'ai vendu des meubles pour deux cents francs_.

=Achever=, v. a.—Prononcez _achever, ach'ver_ et non _ach'fer_; il en

est de même de _échevin, cheville, écheveau_, etc.—Voyez la lettre

_v_.

=Aclaircir, Raclaircir=, ne sont pas français; c'est _éclaircir_ qu'il

faut dire.

=Acolyte=, s. m., clerc qui a reçu un des quatre ordres mineurs, nommé

l'ordre des acolytes; ce mot ne figure pas dans les dictionnaires dans

le sens de _enfant de chœur_; cependant, vu son usage fréquent dans

notre pays, nous n'oserions pas le condamner absolument.—_Choral_,

dans ce sens, n'est pas français.

=Acte=, s. masculin et non féminin; prononcez: _ac-te_, en faisant

sentir le _t_ et non _ake_; _acte de foi_, prononcez de même _pacte,

tact, compact, entr'acte_, etc.

=Actualité=, s. f.—_question palpitante d'actualité_: cette

expression, dit M. Francis Wey, est un des fruits de la révolution de

Juillet; avant 1833, il n'était pas question de cette horrible façon de

parler.

=Addition.=—Écrivez et prononcez les deux _d_.—Lorsqu'une consonne

est doublée dans le même mot, ou se trouve à la fin d'un mot et répétée

au commencement du mot suivant, les flamands n'en font ordinairement

sentir qu'une; c'est une faute qu'ils doivent soigneusement éviter:

ainsi ils prononceront: _adition, alusion, aluvion, acessit,

colaboration, peti table, aide-camp_, au lieu de _ad-dition, al-lusion,

al-luvion, ac-cessit, col-laboration, petite table, aide de camp_.

=Adéquat=, adj., entier, total, complet: prononcez _adekoua_.

=Adjectif=:—(prononcez _ad-jectif_, et non _at-jectif_ ni

_ag'-jectif_). Les wallons placent quelquefois abusivement l'adjectif

devant son substantif; ainsi ils disent: _un neuf chapeau, un blanc

pantalon, une propre chemisette_, etc.; il faut dire: _un chapeau neuf,

un pantalon blanc, une chemisette propre_.

Certains adjectifs pourtant peuvent ou doivent précéder le substantif;

l'essentiel est donc de bien les connaître; par ex.: on dit très-bien:

_une belle maison, un petit livre, un homme grand_ et _un grand homme_,

etc.

=Ad libitum=, loc. adv., à volonté: prononcez _ad libitome_.

=Administration=, s. f.: ne dites pas: _on a porté hier

l'administration à M. Pierre; M. Pierre a reçu hier l'administration_;

dites: _on a administré hier M. Pierre, M. Pierre a été administré

hier_; ou bien, _on a porté hier le viatique, l'extrême-onction,

les derniers sacrements à..... M. a reçu hier le viatique,

l'extrême-onction, les derniers sacrements_. (Fland.)

=Adorer=, v. n.—Ne dites pas: _j'adore la musique; j'adore les

asperges, les petits pois_; dites: _je raffole de la musique, je suis

friand des asperges, des petits pois_.

=Ad patres=, loc. lat., signifiant littéralement, _vers les pères_:

_aller ad patres_, mourir; _envoyer ad patres_, faire mourir: prononcez

_patrèsse_.

=Age=, s. masculin.—Ne dites pas: _c'est à nos âges surtout qu'il

faut éviter les excès_; dites: _c'est à notre âge surtout...._ Cette

faute est assez commune.

2. _Age_, dans le corps ou à la fin des mots, doit se prononcer

_age_ et non _ache_: _âge, fromage, rivage, tapage, ménagement,

déménagement_, etc., et non _ache, fromache, rivache, tapache,

ménachement, déménachement_. (Wall.)—_Ache_, d'un autre côté, doit

se prononcer _ache_ et non _age_: _hache, vache, cravache, il crache,

crachement_, etc., et non _hage, vage, cravage, il crage, cragement_.

(Fland.)

=Aéré=, adj., qui a de l'air, qui est en bel air.—Dites: _cet

appartement est bien aéré_; ne dites pas: _cet appartement est bien

airé_.

=Affaire= (_Avoir_).—_Avoir affaire de_, c'est avoir besoin de:

_j'ai affaire d'argent; j'ai affaire de vous, ne sortez pas_.

2. _Avoir affaire à quelqu'un_, suppose pouvoir, autorité, force,

supériorité de la part de ceux à qui on a affaire; et dépendance,

infériorité, besoin de la part de ceux qui ont affaire; celui qui

veut obtenir une grâce, une faveur, _a affaire au ministre_ ou _à ses

commis_, et non _avec le ministre_, etc.; _il a affaire à un homme dur

et méchant, à un homme plus rusé, plus fort que lui_.

3. _Avoir affaire avec quelqu'un_, suppose concours d'affaires,

discussions, différends, contestations: _un commis a affaire avec le

ministre; un associé a affaire avec son associé; il faut éviter d'avoir

affaire avec les fripons; j'ai eu affaire avec cet homme-là au tribunal

de commerce_. Remarquez qu'_avoir affaire_ s'écrit en deux mots (et non

_avoir à faire_) dans les quatre acceptions qui précèdent.

=Affiler, Effiler.=—_Affiler_, signifie donner le fil à un tranchant;

_effiler_, c'est défaire un tissu fil à fil: _j'ai affilé la lame de

mon canif; j'ai effilé ma cravate_.

=Affligé=, adj.: ce mot ne peut pas s'employer comme synonyme

d'_estropié_: _c'est un estropié_ (et non _un affligé_) _qui demande

l'aumône_.

=Agace=, s. f., oiseau qu'on nomme plus communément _pie_; quelques-uns

écrivent, _agasse_. (Acad.)

=Agenda=, s. m., carnet où l'on inscrit jour par jour ce que l'on doit

faire: le plur. est _agendas_: prononcez _aginda_ et non _agène-da_.

=Ag, Agde, Age, Agme, Agne, Agre, Agru=, toutes finales brèves, excepté

le seul mot _âge_. (M. J. BENOIT, _le Complément des Grammaires_, etc.)

=Agir.=—Ne dites pas: _il en a mal agi avec moi_; dites: _il a mal

agi avec moi_.

2. Ne dites pas: _quand il a s'agi de parler_; dites _quand il s'est

agi_; dites de même: _il se fût agi, il s'était agi, il se sera agi, il

se serait agi, il se fût agi, qu'il se soit agi, qu'il se fût agi_.

=Agonisant=: prononcez _agonizant_ et non _agonis-sant_.

=Ai=, au lieu de _oi_.—Autrefois on écrivait: _connoître, paroître,

j'aimois, il vendroit_, etc.: aujourd'hui on écrit communément:

_connaître, paraître, j'aimais, il vendrait_.

=Ai, Aie, Aye=, (terminaisons en)—Généralement on fait trop sentir

l'_i_ et l'_e_ des syllabes en _ai, aie, aye_. On prononce par exemple,

_que j'aiïe, hai-ïe, clai-ïe, gai-ïe, pai-ïe_, etc., tandis qu'on doit

dire: _que j'aî, haî, claî, gaî, paî_, (_aî long_). Il en est de même

des mots en _oie_ et en _oye_, tels que _soie, voie_, que je _croie_,

etc., qu'il faut prononcer _soî, voî_, que je _croî_, etc., (_oî_ long)

et non: _soi-ïe, voi-ïe_, que je _croi-ïe_. (Wall.)

=Aider=, v. a.—_Aider quelqu'un_, c'est lui prêter plus ou

moins d'assistance: _il faut aider les pauvres; aidez-le à

descendre_.—_Aider à quelqu'un_, c'est, le plus souvent, l'assister en

partageant ses efforts: _aidez à cet homme à soulever ce fardeau_.

=Aide de camp=, s. m.—Ce mot s'écrit sans trait d'union; faites

sentir les deux _d_.

=Aides, Aises.=—_Je connais les aides, les aises d'une maison_, pour

signifier les corridors, les chambres, les escaliers, la distribution

d'une maison, n'est pas français; dites: _je connais les êtres_, subst.

m. pl., et prononcez l'_r_ fortement, ainsi que dans toutes les finales

en _dre, tre, gre, bre, fre, vre, cre_, etc.

=Aigle=, s'emploie au _féminin_, 1º dans le sens d'enseigne militaire:

_les aigles romaines_, (les enseignes des légions romaines); 2º dans

le sens d'armoiries: _l'aigle impériale_ (les armes de l'empire

d'Autriche qui sont _une aigle_ à deux têtes).—Dans tout autre sens,

_aigle_, s'emploie au masculin: _l'aigle fier et courageux, un aigle

femelle_;—_c'est un aigle_, c'est-à-dire, un homme qui a un esprit

supérieur.

=Aiguë=, (tréma), fém. de _aigu_: voyez _gu, guë_.

=Aiguière.=—Prononcez: _aighière_; de même _aiguiérée, anguille_.

Voyez _gu_.

=Aiguiser=, v. a.—Prononcez l'_u_ et l'_i_ séparément: _aighuiser_

et non _aighouiser_, ou _aighiser_. Il en est de même de: _aiguille,

aiguillade, aiguillée, aiguillon, aiguillonner, aiguisement_ et de tous

les dérivés du mot _aigu_. Voyez _gu_.

=Aile= ou =Ale=, s. f., espèce de bière anglaise: prononcez

_èle_:—L'Académie écrit _aile_.

=Aill.=—La syllabe _aill_ est longue au milieu des mots qui expriment

une action, une chose plus ou moins méprisable ou ridicule, tels

que _brailler, bretailler, bretailleur, se chamailler, éraillure,

haillon, railler, railleur, rimailler, rimailleur_. Elle est brève

dans les mots qui n'ont aucune signification désagréable: _ailleurs,

caillou, maillot, paillette, tressaillir, vaillant, vaillance_: le mot

_poulailler_ a l'_a_ long, parce qu'il dérive de l'ancien substantif

féminin _poulaille_.

2. Les substantifs en _aille_, tous du genre féminin, ont généralement

l'_a_ long ainsi que leurs dérivés: _bataille, batailler_, (excepté

_bataillon_); _paille_ (les dérivés _paillasse, paillasson_

exceptés); _taille, tailler_, etc.; excepté _limaille, médaille,

représaille_.—_Versailles, Noailles, la Fouraille, Aywaille_, etc.,

ont aussi l'_a_ long.

3. Les substantifs en _ail_, tous du genre masculin, ont au contraire

l'_a_ doux: _ail, bail, corail, détail, éventail, travail_, et leurs

dérivés; il faut y ajouter les noms propres: _Montmirail, Gail_, etc.

(HENNEBERT.)

=Aimer.= Ce verbe exige la préposition _à_ devant un infinitif: ne

dites pas: _cet enfant aime de jouer, cet élève aime de lire_: dites,

_cet enfant aime à jouer, cet élève aime à lire_.

2. Ne dites pas: _mon professeur aime à ce que mes devoirs soient

bien écrits_; dites: _mon professeur aime que mes devoirs soient bien

écrits_.

3. _Aimer mieux_, devant un infinitif rejette toute préposition: _il

aime mieux jouer, il aime mieux étudier_. Cependant on peut dire

également: _cet enfant aime mieux jouer qu'étudier_, et _cet enfant

aime mieux jouer que d'étudier_. (Acad.)

Aux temps composés, _mieux_ précède le participe passé: _j'ai mieux

aimé_.

4. Prononcez _émer_ et non _èmer_: il en est de même de tous les mots

où _ai_, première syllabe, est suivi d'une syllabe sonore: _aisé,

j'aidai_, etc.

=Ain.=—L'_n_ des substantifs terminés en _ain_ ne se lie pas avec la

voyelle du mot suivant: _le pain est fort cher_ (et non _le pain n'est

fort cher_); _cet homme est vain et fier_ (et non _vain n'et fier_).

=Aine=, _eine_ et _ène_.—Prononcez _vène_ et non _vain-ne_:—_huitaine,

dizaine, douzaine, vaine, certaine, lointaine, veine, il mène, il

amène_, etc. (Wall.)

=Ainsi.=—_Est-ce bien vrai? Oui, c'est ainsi_: on dit plutôt, dans

le style familier: _c'est comme cela_ ou _comme ça_, forme abrégée de

_cela_.

2. _Ainsi_ n'est pas toujours synonyme de _donc_: ne dites pas: _vous

voilà ainsi, vous partez ainsi_; dites: _vous voilà donc, vous partez

donc_.

=Air=, s. m.: _air frais, air chaud, air froid_: v. _avoir l'air_.

=Airer=, pour _aérer_ est un barbarisme: _lieu aéré, aérer une pièce_

et non _lieu airé_, etc.

=Ajamber, Ajambée=, ne sont pas français; dites: _enjamber, enjambée_.

=Ajoute.=—Ce mot n'est pas français, et doit être remplacé par

_allonge, rallonge_, ou _addition_, suivant le sens: _mettre une

allonge_ ou _une rallonge à une jupe; la table est trop petite,

mettez-y une allonge_ ou _une rallonge; l'auteur a fait à son livre

de nombreuses additions_.—Prononcez _allon-ge_, et non: _allon-che_.

Voyez les mots _prononciation_ et _finales_.

=Alargir=, barb.: _alargir une robe, un habit_: dites _élargir_.

=Albinos=, s. m. et f., race d'hommes blafards.—Prononcez _albinoce_.

=Alcoran=, s. m., livre sacré des Mahométans.—Ne dites pas:

_l'Alcoran_, mais _le Coran_. En effet, il est à remarquer que _al_

en arabe correspond à notre article _le, la_; d'où il suit que vous

ne pouvez pas plus dire _l'Alcoran_, que _la labible, le lelivre, la

laplume_.

=Alentour=, autrefois préposition, est devenu adverbe; on dira donc:

_je me promène autour du parc; j'étais dans le parc, et mon ami se

promenait alentour_. _Alentour_ ne peut avoir de complément et doit

toujours s'employer adverbialement.

2. Ne dites pas: _il travaille autour, à l'entour de sa maison, de son

devoir_; dites: _il travaille à sa maison, à son devoir_.

=Alentours=, s. m. pl., n'a pas de sing., et signifie les lieux

circonvoisins: _les alentours de Liége sont très-pittoresques_.

=A l'envi=, expression adverbiale qui signifie _avec émulation, à qui

mieux mieux_: c'est une faute très-commune que d'écrire _à l'envie_.

=Alexandre, Alexandrine, Alexandrie=; l'_x_ est dure dans ces mots:

_Alekçandre_ et non _Aleg-zandre_.

=A l'honneur.=—Ne dites pas: _Liége a érigé une statue à l'honneur de

Grétry_; dites _en l'honneur de Grétry_.

=Aller.=—L'Académie admet _je vais_ et _je vas_, mais elle ajoute que

cette dernière forme s'emploie rarement et seulement dans le langage

familier.

2. _Je fus, tu fus, il fut_, etc., pour _j'allai, tu allas, il alla_,

etc., se disent très-bien, quoi qu'en pensent Lévy, Boinvilliers,

Chapsal, Poitevin, Girault-Duvivier, etc.: cette forme est consacrée

par l'autorité de l'Académie et de plusieurs bons écrivains, notamment

Corneille, M{e} de Sévigné: il ne peut donc rester l'ombre de doute

sur cette question. Voyez la grammaire de M. l'abbé Péters, nº 584, où

l'auteur fait justice des raisons spécieuses de ses contradicteurs.

3. Employez: _a été_, lorsque vous croyez qu'on est de retour: _Pierre

a été à l'église, mais il n'y est resté qu'un instant._ Employez: _est

allé_, lorsque vous croyez qu'on n'est pas de retour. _Mon père est

allé à Paris, et il y séjournera trois mois._ Le wallon ici est un bon

guide.

4. Ne dites pas: _Monsieur le baron a été ici_ (_chez nous_); dites:

_Monsieur le baron est venu ici._

5. Ne dites pas: _je me suis en allé; on les a fait en aller_; dites:

_je m'en suis allé; on les a fait partir_. Ne dites pas: _je m'y vais_,

mais _j'y vais_.

6. Ne dites pas: _mon frère va sur vingt ans_; dites: _mon frère aura

bientôt vingt ans_, ou _est dans sa vingtième année_.

7. Ne dites pas: _aller, voyager, revenir sur la terre, sur l'eau_;

dites: _aller, voyager, revenir par eau, par terre_: _j'ai été à Namur

et j'en suis revenu par eau_.

8. Ne dites pas: _il a voulu me faire aller_; dites: _se jouer de moi,

se moquer de moi, me plaisanter, me faire poser, m'en faire accroire_,

selon le sens.

9. Ne dites pas: _j'ai plusieurs endroits à aller_; dites: _je dois

aller dans plusieurs endroits; j'ai plusieurs endroits à voir, à

visiter; il faut que j'aille dans plusieurs endroits_.

10. _Allez! Allez!_ formule aussi inconvenante que: _vous en avez

menti_; dites: _vous plaisantez sans doute; parlez-vous sérieusement ou

pour plaisanter; apparemment vous plaisantez_.

11. _Aller avec_ veut être suivi d'un régime: ne dites pas: _vous

partez, je m'en vais avec_; dites: _je m'en vais avec vous_: _avec_ est

une préposition et non un adverbe. (Wall.)

12. Ne dites pas: _comment va? comment vous va? comment va-t-il?_

dites: _comment va votre santé? comment vous en va?_ et mieux, _comment

vous portez-vous?_ (Acad.) Ne dites pas non plus: _Comment va-t-il avec

vous?_ dites: _comment vous portez-vous?_ (Fland.)

13. Par raison d'euphonie, on supprime ordinairement la particule _y_

devant le futur _irai, iras, ira_, etc. _Ira-t-il à Rome? Il ira?_ Mais

ce ne serait pas une faute de l'exprimer.

=Allocation, Allocution, Allodial, Allodialité, Alluvion, Allusion=:

dans tous ces mots, prononcez les deux _ll_.

=Allonge=, dans le sens d'_élan_, d'_escousse_, n'est pas français; ne

dites pas _j'ai pris mon allonge pour sauter_; dites: _mon élan, mon

escousse_.

=Allonger= (_s'_).—Ne dites pas: _les jours s'allongent_; dites: _les

jours croissent_.

=Allumer.=—Ne dites pas: _allumez la lumière, le feu_; dites:

_allumez la bougie, la lampe; faites du feu_.

Dictionnaire du bon langage Contenant les difficultés de la langue française, les règles et les fautes de prononciation, les locutions vicieuses, les wallonnismes, les flandricismes, etc. · 第 12 / 164 题