Quelques jours après, l'hiver apporta un nouvel amusement. Il avait
gelé plusieurs jours et plusieurs nuits de suite, et les étangs du bois
étaient couverts d'une épaisse couche de glace.
Jean et Marie ne savaient pas encore patiner: ils étaient si petits.
Mais Louis et Henriette patinaient déjà très bien et Papa avait promis
aux petits qu'il les emmènerait aux étangs pour voir patiner leur
cousin et leur cousine.
Il faisait très froid ce jour-là, mais il n'y avait pas de vent et le
soleil brillait et vous réchauffait. Le papa se mit donc en route avec
les deux enfants, et, comme ils marchaient d'un bon pas, ils arrivèrent
bientôt aux étangs.
«Pouvons-nous aller sur la glace, papa? demanda Jean.
--Sans doute, mon garçon, répondit papa. Venez avec moi.»
Et les voilà qui descendent tous les trois sur la glace. Quelles belles
glissades on pouvait faire! Aussi Jean et Marie ne marchaient pas, ils
glissaient tout le temps.
Que de patineurs sur la glace! Ils se croisaient dans tous les
sens et avaient l'air de voler comme de grands oiseaux. Ils avançaient
si vite, si vite. Il y en avait tant, que papa ne pouvait pas y aller
avec ses deux petits; ils restèrent donc près du bord.
[Illustration]
«Voilà Louis!» cria tout à coup Jean.
Oui, c'était vrai: Louis patinait avec Henriette au milieu de tout ce
monde. Jean et Marie eurent tout à coup bien envie de patiner, eux
aussi.
«Achète-nous des patins, petit père, demanda Marie, j'aimerais tant
patiner!
--Quand tu seras plus grande, chérie. Attends seulement un an ou deux.»
Louis et Henriette avaient vu leur oncle et arrivèrent bien vite
lui dire bonjour. Ils étaient tout rouges, tant ils avaient chaud.
«Bonjour, mon oncle!
--Bonjour, mes enfants, dit l'oncle. Ne vous arrêtez pas trop
longtemps. Vous avez tellement chaud. Vous pourriez attraper froid.
--Un moment seulement, petit oncle, pour nous reposer.»
Jean regardait les beaux patins de Louis.
«Quel âge avais-tu quand tu as reçu tes patins? demanda-t-il.
--Huit ans, dit Louis.
--Comme tu sais déjà bien patiner!» Louis se mit à rire.
A présent, il fallait qu'ils se remettent en marche.
«Au revoir! au revoir!» criaient-ils encore de loin, et bientôt ils
avaient disparu.
Papa fit encore le tour des étangs avec les enfants, puis ils
rentrèrent.