La petite Marie était de nouveau seule. Heureusement elle avait Paul et
Alice. Elle les mit dans la croisée: alors ils pouvaient regarder par
la fenêtre quels tours jouait le vent.
[Illustration]
Voilà qu'arrive un grand garçon, tirant une voiture à bras. Il a le
vent dans le dos: le vent le pousse donc et pousse aussi la voiture.
Mais tout à coup le vent enlève la casquette du garçon et l'emporte
bien loin. Le garçon laisse la voiture au milieu de la rue et court à
toutes jambes pour attraper sa casquette. Voilà la casquette, le garçon
arrive, il se baisse pour la ramasser mais.... voilà le vent qui la
prend et l'emporte encore plus loin.
Marie presse son petit nez contre la vitre pour voir si le garçon
attrape sa casquette. Mais il est trop loin, elle ne le voit plus et la
voiture à bras attend toujours dans la rue.
Voilà des moineaux qui s'abattent dans la rue. Ils cherchent des
miettes, mais le vent les pousse. Oh! les pauvres moineaux! Ils ne
peuvent presque pas se tenir sur leurs petites pattes. Et quand ils
voient une graine ou une miette, ils doivent souvent courir après,
comme le garçon après sa casquette.
Oh! voilà justement le garçon. Il a attaché sa casquette avec une
ficelle. Maintenant il reprend sa voiture et continue son chemin.
[Illustration]
Une pauvre vieille arrive maintenant. Elle ne peut presque pas
avancer. Elle marche tout près des maisons, mais là aussi souffle ce
vilain vent. Elle doit s'arrêter bien souvent. Le vent souffle si fort
et ses jupes sont tendues contre ses jambes. Pauvre vieille! elle
n'aime pas beaucoup le vent.
Comme ça Marie voit tous les tours que joue ce vent que les uns
trouvent bien amusant et les autres bien désagréable!