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«Le 24 janvier 1831.
»L'arrivée de M. de Flahaut, qui a pu répondre à toutes mes questions
et me dire de bonnes paroles sur le Palais-Royal et sur Paris, m'a
fait grand plaisir. 11 a trouvé nos affaires de Belgique plus avancées
qu'il ne le supposait, et il a déjà pu s'assurer que cette neutralité
si péniblement obtenue apparaissait à tous les bons esprits, au milieu
de toutes les discussions actuelles, comme la seule solution du
grand problème. Je suis convaincu que l'esprit prompt et délicat de
Mademoiselle en aura apprécié tous les avantages. Je crois, en effet,
que cette mesure était la seule qui pût nous laisser avec la paix et
la seule par laquelle nous désintéressons l'Angleterre sans établir sa
suprématie. Lui abandonner une situation matérielle en Belgique, ce
serait lui donner au nord un nouveau Gibraltar et nous nous
trouverions un jour quelconque vis-à-vis d'elle clans une position
analogue à celle de la péninsule. Un semblable expédient sacrifierait
d'une manière trop dangereuse l'avenir au présent et nous coûterait un
prix qu'on pourrait tout au plus accorder à dix batailles perdues. La
réunion du reste de la Belgique serait un faible équivalent pour ce
premier pas sur le continent. Si la France avait besoin do s'étendre,
c'est vers la ligne du Rhin qu'elle devrait porter ses regards; c'est
là que ses vrais intérêts l'appellent, c'est là qu'il y a de la vraie
puissance et d'utiles frontières à acquérir; mais aujourd'hui la paix
vaut de beaucoup mieux que tout cela: la Belgique nous apporterait
plus d'embarras que d'avantages, et les avantages, la neutralité nous
les assure presque tous...»