[387] Voir page 28.
[_Particulière_]
«Bruxelles, le 20 janvier 1831 à une heure du matin.
»Mon prince,
»Les partisans de M. le duc de Leuchtenberg avaient tout disposé
pour frapper leur grand coup dans ces quarante-huit heures. M. le duc
de Bassano et M. Mejan[388] sont les moteurs principaux de ce projet
déplorable. Il m'a fallu, pour parer à ces dangers imminents, assumer
une grande responsabilité que je ne puis justifier que par mon vif
désir de prévenir de grands malheurs.
[388] Étienne, comte Mejan, né en 1766, avocat puis journaliste
sous la Révolution. Au 18 brumaire, il devint secrétaire général
de la préfecture de la Seine. Il suivit ensuite le prince Eugène
en Italie, devint secrétaire de ses commandements, puis
conseiller d'État, et en 1816 fut choisi par le prince pour être
gouverneur de ses enfants. Il mourut en 1846.
»J'ai déclaré que si M. le duc de Leuchtenberg était élu, je romprais
à l'instant même toute communication avec le gouvernement belge et que
je quitterais Bruxelles dans les vingt-quatre heures. Cette
déclaration nous a bien servis.
»Il me paraît impossible qu'on vous ait laissé ignorer nos
instructions sur le prince de Naples et le prince Othon de Bavière; je
ne les spécifierai donc pas ici.
»Il n'y avait pas force égale pour opposer le prince de Naples au
prince de Leuchtenberg, mais force suffisante pour créer une
diversion. Nous nous y sommes attachés en jetant au travers de ces
intrigues la proposition d'un terme moyen. Les conclusions du rapport
de la section centrale, qui tendaient à ce qu'on procédât dès
aujourd'hui au choix du souverain, n'ont pas obtenu la priorité...»