M. BRESSON AU PRINCE DE TALLEYRAND.

«Berlin, le 1er mars 1832.

»Mon prince,

»Je n'ai qu'un moment avant le départ du courrier pour vous annoncer

qu'un courrier russe, qui a passé ici ce matin à quatre heures,

porte au comte Orloff l'ordre de déclarer au roi des Pays-Bas: «que

l'empereur a vu avec une extrême affliction le projet de traité

communiqué à la conférence par les plénipotentiaires hollandais[344];

qu'il considère que le roi, en se refusant à admettre comme convenue

la séparation politique de la Belgique, remet en question toutes les

négociations suivies par les puissances depuis dix-huit mois; qu'agir

ainsi, c'est vouloir la guerre et non la paix, et que, si le roi

n'abandonne pas cette proposition _inadmissible_, l'empereur _pourra

bien_ se considérer comme affranchi des engagements qui le lient et

modifier sur plusieurs points les instructions du comte Orloff,

particulièrement dans cette disposition essentielle de ne reconnaître

le roi Léopold qu'après qu'il l'aurait été par le roi des Pays-Bas

lui-même.»

[344] Projet de traité communiqué confidentiellement à la

conférence par les plénipotentiaires des Pays-Bas en date du 30

janvier 1832.--Martens, t. XXIII, p. 349.

»Le chargé d'affaires de Russie à La Haye fera cette communication si

le comte Orloff a déjà quitté cette ville pour se rendre à

Londres....»

Mémoires du prince de Talleyrand, Volume 4 · 第 151 / 211 题