«Londres, le 6 février 1832.
»Je supplie Mademoiselle de me donner de ses nouvelles. La nuit du 2
février a dû être une nuit d'angoisses, et quoique le danger[335]
n'ait été connu que lorsque déjà il n'existait plus, vous avez dû
avoir des heures bien pénibles. Il est bien dur, quand on ne songe,
comme vous le faites tous, qu'à faire du bien, de rencontrer à chaque
pas des difficultés, des intrigues de tout genre. Je m'inquiète sans
savoir rien; personne ne m'écrit. Je vous conjure, Mademoiselle, de ne
pas me laisser, sur ce qui est d'un tel intérêt pour vous, dans une
ignorance complète...»
[335] M. de Talleyrand fait ici allusion au complot dit de la rue
des Prouvaires. Deux à trois mille hommes avaient été embauchés
par l'agent légitimiste Poncelet pour tenter un coup de main sur
la famille royale. La police arrêta les chefs du complot dans la
nuit du 1er au 2 février dans une maison de la rue des
Prouvaires, et le mouvement fut étouffé.