M. DE FLAHAUT AU PRINCE DE TALLEYRAND.

«Paris, le 2 janvier 1832.

»Je crois pouvoir vous annoncer le rétablissement de Sébastiani.

Aujourd'hui, il est tellement mieux que j'espère pour lui une

convalescence plus rapide que je n'osais d'abord m'en flatter. Sa

maladie est arrivée dans un moment inopportun, mais je ne crois pas

que cela amène de changement dans le ministère. Il sera en état de

reprendre les affaires avant que son successeur intérimaire d'Argout,

ait eu le temps de se mettre au fait.

»On est inquiet ici du bruit qui se répand que les ratifications ne

vous arriveront pas le 15. Ce serait bien malheureux, et donnerait

beaucoup de force au parti de la guerre; et si une fois elle commence,

au lieu de quelques millions de florins et d'une navigation de

quelques canaux, il s'agira de la destruction de la France ou du

renversement de tous les trônes de l'Europe; car, même les gens sages

d'ici s'armeront d'un bâton surmonté d'un bonnet rouge. Après tous les

efforts qu'on a faits pour la conservation de la paix, si les

gouvernements étrangers se jouent de nous et désavouent leurs

ambassadeurs, il n'y aura plus qu'à tirer l'épée.»

Mémoires du prince de Talleyrand, Volume 4 · 第 131 / 211 题