«Londres, le 2 janvier 1832.
»Je voudrais savoir au juste comment est Sébastiani. On me mande d'un
côté qu'il est très malade, et d'autres disent que, avec quelques
jours de repos, il se remettra, et pourra rentrer dans les affaires.
Dites-moi ce qu'il y a de vrai, c'est toujours vous que je crois.
Quand j'aime, je crois; j'ai eu tort quelquefois, mais c'est égal, ma
nature est ainsi. L'affaire des forteresses qui agite tant les têtes
de Paris, et surtout celles de nos chefs, n'est au fond qu'une affaire
de second ordre. Ayons les ratifications de la Prusse et de
l'Autriche, et soyons unis à l'Angleterre: voilà ce qui est
véritablement notre affaire essentielle. Le reste est de la
pointillerie qui arrivera tôt ou tard mais qui arrivera
nécessairement. Il fallait obtenir le principe des forteresses; nous
l'avons: ainsi le roi doit être content. J'ai fait tout au monde pour
obtenir les ratifications au traité du 15 novembre: je les espère. Je
ne me soucie beaucoup que de celles de Vienne et de Berlin: celles-là
arrivées, les autres céderont; même votre bien-aimé roi de Hollande.
Je travaille trop, j'écris tous les jours, je finirai par avoir, comme
Sébastiani, quelque mauvaise aventure.»