«Paris, le 19 novembre 1831.
«Vous voilà donc au but: ce n'est pas sans peine. Ce sera un bien
grand résultat que d'être parvenu à maintenir la paix au milieu de
toutes ces révolutions et ces déchirements. Qui aurait pu croire que
le royaume des Pays-Bas, cette oeuvre de la Sainte-Alliance, hostile à
la France, pût être anéantie sans une guerre générale? Il fallait
toute votre habileté. Vous avez été bien servi par le ministère
actuel; mais auparavant, vous n'avez pas été sans difficultés partant
d'ici. Mais vous voilà au port; car je ne crois pas à une véritable
opposition, ni de la Hollande, ni de la Belgique. On a envoyé hier le
maréchal Gérard à Bruxelles, pour bien dire qu'il n'y avait aucun
appui à attendre d'ici pour une résistance aux conditions stipulées.
On avait songé à m'y envoyer; mais Gérard vaut infiniment mieux et
aura une voix bien plus puissante.
»La loi sur la pairie a été votée par les députés à une majorité de
trois cent quarante-six voix; il n'y a guère moyen de résister à une
manifestation aussi prononcée. Cependant, on ne sait pas encore ce que
feront les pairs. Des folies, je présume....»