«Paris, le 18 novembre 1831.
»Le traité est arrivé hier soir, mon cher prince, je ne puis vous
exprimer le plaisir que m'a fait la vue de la guirlande des cachets
des représentants des cinq puissances, posés sur nos très chères
couleurs. C'est une immense affaire que vous venez de terminer, j'ai
besoin de m'en féliciter avec vous et de vous en faire mon compliment,
du meilleur de mon coeur. Car, certes, il a fallu tout votre zèle,
tout votre talent, votre habileté pour arriver à cet heureux résultat
si important pour le bonheur de notre chère patrie et en vérité pour
celui de toute l'Europe.
»Ce qu'il faut maintenant, pour que cette grande affaire soit
réellement terminée, c'est d'obliger le roi de Hollande à se prononcer
et à exécuter le traité. Il est bien essentiel pour _tous_ que cela se
fasse promptement, mais particulièrement pour le roi des Belges, car,
si cette incertitude se prolongeait, elle le remettrait envers ses
sujets, dans une position bien fâcheuse et qui serait tout à fait
contraire à la dignité et aux engagements des cinq puissances qui
viennent de signer ce traité. Je suis convaincue que vous voyez de
même à cet égard et que tous vos efforts vont tendre à l'exécution
prompte et parfaite du traité, ce qui est de la plus grande
importance, du moins cela me paraît ainsi, comme de le faire signer au
roi de Hollande.
»Rien de nouveau encore sur notre loi de la pairie qui est aussi une
bien grande affaire. Je suis dans la même ignorance et la même attente
à cet égard que la dernière fois que je vous ai écrit. Madame de
Vaudémont m'a fait part de votre dernière lettre et j'ai donné
connaissance de ce que vous y mandiez, à qui de droit....»