LE PRINCE DE TALLEYRAND A LA PRINCESSE DE VAUDÉMONT.

«Londres, le 16 novembre 1831.

»... Nous avons signé hier le traité avec la Belgique: voilà le prince

Léopold reconnu ainsi que son pays. C'est une grande affaire de faite.

La signature des cinq puissances à ce traité entraîne

nécessairement l'adhésion du roi de Hollande. Il n'y a entêtement qui

tienne, il faudra qu'il cède. Je crois qu'aux Tuileries on verra avec

plaisir le courrier que j'envoie pour porter ce traité. C'est le

premier que fait le roi, et il est utile à la France dont il couvre la

frontière et à la Belgique qu'il rend indépendante.

»Je suis loin de penser à retourner à Paris; je ne l'ai dit à

personne; c'est un des contes que fait madame de Flahaut, qui pense

toujours à venir en Angleterre où elle ne peut pas venir parce qu'elle

y est détestée, et parce que son mari n'est pas un assez gros

personnage pour l'ambassade de Londres; car, sous d'autres rapports,

il conviendrait. Il est aimable, connaît assez de monde et parle bien

anglais; mais ici ce n'est pas tout.

»Je vais à Brighton respirer et faire ma cour au roi. Je viens de

travailler outre mesure et j'ai besoin de repos. Dites-moi quel est le

prétendu homme d'État qui a fait l'histoire de la Restauration? Cela

n'est vrai que chronologiquement, c'est plein de faussetés et

d'ignorance[314]....»

[314] Voir page 350.

Mémoires du prince de Talleyrand, Volume 4 · 第 109 / 211 题