LE DUC DE DALBERG AU PRINCE DE TALLEYRAND.

«Paris, 4 novembre 1831.

»Mon cher prince,

»... Le ministère continue à négocier avec la Chambre des pairs pour

la faire consentir à se suicider. M. Périer est venu deux fois

chez moi pour traiter cette question. Je n'ai pu admettre que le roi

et le ministère n'aient, par leur faute, compromis cette question;

mais j'ai pris l'engagement d'aider à écarter une trop grande

dissidence entre les deux Chambres. Pour faire passer la loi, il

faudra nommer trente ou quarante pairs, et, à ma connaissance, dix ou

douze nominations ont été refusées. Cependant, je crois qu'on arrivera

à une transaction.

»M. Sébastiani nous a donné encore un nouvel échantillon de sa manière

de diriger les affaires de son ministère. Personne ne conserve un

doute que le _duplicata_ adressé au général Guilleminot n'ait point eu

de _primata_[311]....»

[311] On se rappelle les motifs qui avaient provoqué le rappel du

général Guilleminot ambassadeur à Constantinople (voir page 153).

De retour à Paris le général prit la parole à la Chambre des

pairs (séance du 2 novembre) et pour se justifier, déclara que

n'ayant jamais reçu aucune instruction du gouvernement français,

il ne pouvait être accusé d'y avoir contrevenu; qu'à la vérité il

avait reçu avec son ordre de rappel le duplicata d'une dépêche

qui lui aurait été envoyée précédemment, mais que cette dépêche,

il ne l'avait jamais reçue. Le général Sébastiani protesta qu'il

avait envoyé cette dépêche, et la question ne fut pas élucidée.

Mémoires du prince de Talleyrand, Volume 4 · 第 107 / 211 题