MADAME ADÉLAÏDE D'ORLÉANS AU PRINCE DE TALLEYRAND.

«Londres, le 19 octobre 1831.

»C'est avec bien de l'empressement, et de bien bon coeur, mon cher

prince, que je viens me féliciter avec vous de votre immense et beau

succès en terminant d'une manière aussi heureuse, cette longue et si

compliquée affaire de la Belgique. Notre cher roi me charge aussi de

vous bien dire combien il en est heureux, et satisfait _de son

ambassadeur_. Je suis sûre que c'est le meilleur remerciement que je

puisse vous faire de sa part. Je regarde que cela nous assure la paix;

et cela est tout, car, avec elle, la confiance renaîtra et avec cela

la prospérité de notre chère et belle France. Cette bonne et grande

nouvelle fait un effet prodigieux et cause une joie générale. J'espère

que maintenant vous pourrez vous reposer et soigner votre santé, en

jouissant de vos succès et des grands résultats qu'ils auront. Je ne

doute pas un instant de l'acceptation du roi des Belges; certes, ils

doivent être contents.

»Quant au roi de Hollande, il faudra bien qu'il se contente de ce que

la conférence a fait pour lui. Je vous avoue que ce côté ne me

tourmente pas.

»Ce qui est une bien bonne chose aussi, c'est que le ministère anglais

reste, et que tout se calme et se tranquillise par la juste confiance

qu'il inspire[309].

[309] On avait craint que le cabinet anglais ne se retirât devant

le vote de la Chambre des lords qui avait repoussé le bill de

réforme.

»Dieu veuille que notre grande question de la pairie se termine bien!

nous sommes dans la même incertitude à cet égard, que vous l'étiez en

Angleterre sur le bill de réforme. Du reste, mon cher prince, je suis

toujours remplie de confiance, et il me semble que nous marchons

bien....»

Mémoires du prince de Talleyrand, Volume 4 · 第 105 / 211 题