«Londres, le 17 septembre 1831.
»... Au Palais-Royal, on devrait se rappeler que _tout, absolument
tout_ ce qui a été entrepris par Paris, l'a été sans succès. On a même
été obligé de revenir sur ce qu'on avait demandé; et ici, cela n'est
jamais arrivé pour aucune chose que j'ai faite. Tout cela tient à une
envie de faire qu'il faut bien passer aux personnes nouvelles dans les
affaires. Pour les forteresses, ils sont bien obligés de revenir ici
où tout était fait, comme je l'ai écrit depuis trois mois, sans que
les choses fussent autrement qu'elles ne sont. L'action quand elle ne
sert pas, nuit. Le désarmement du roi de Hollande aura lieu; mais il
faut faire le traité, et il sera fait dans le mois d'octobre. Ne
croyez pas à une rupture d'armistice; je déclare positivement que du
côté de la Hollande, elle n'aura pas lieu. Les puissances ne le
veulent pas et le roi est averti à ce sujet. Tenez cela pour sûr. Nous
ferons le traité et il faut le faire tel, que le roi de Hollande
puisse le signer; sans sa signature à lui, l'affaire de la Belgique
reste en l'air. C'est là le principe; et quand cinq puissances
prennent le pouvoir, il faut qu'elles restent dans les principes. La
Hollande sera ce qu'elle était en 1790, ayant de plus une partie
du Luxembourg. On pourrait faire mieux en faisant du nouveau, mais on
entrerait dans une mer d'intrigues et de prétentions. Ce que je vous
écris là, c'est uniquement pour vos conversations[283].
»Adieu...»
[283] Conversations avec Madame Adélaïde qui les rendait au roi.
(_Note du prince de Talleyrand._)