LORD GREY AU PRINCE DE TALLEYRAND[172].

_«Downing-street, april 26, 1831._

_»My dear prince,_

_»I send herewith copies of the information which has reachen this

government respecting the procedings of the French minister at

Constantinople._

<i<»I feel confident that a conduct, so contrary to good faith, can

never have been sanctioned by the king of the French, and the

character of his first minister affords me an equal assurance, that it

requires only to be known to him, to be disavowed in the most direct

and effectual manner._

_»I thereford forbear to offer any remarks on the character of the

accompanyings papers, which I schall be obliged to you to return to

me, after having read them._

_»I am with the highest regard and consideration, dear prince de

Talleyrand, your most faithfully._

»GREY.»

[172] LORD GREY AU PRINCE DE TALLEYRAND.

«Downing-street, le 26 avril 1831.

»Mon cher prince,

»Je vous envoie ci-jointes les copies de l'information qui est

parvenue à notre gouvernement sur les démarches du ministre de

France à Constantinople.

»Je me persuade qu'une conduite si contraire à la bonne foi ne

peut jamais avoir été sanctionnée par le roi des Français et le

caractère de son premier ministre m'offre également la certitude

qu'il suffira qu'elle lui soit connue pour être désavouée par lui

de la manière la plus directe et la plus efficace.

»C'est pourquoi, je m'abstiens de toute réflexion sur le caractère

des papiers ci-joints, que je vous serai obligé de me renvoyer

après que vous les aurez lus.

»Je suis avec la plus haute considération...

»GREY.»

Les pièces qu'il me communiquait constataient, en effet, que le

général Guilleminot avait annoncé à la Porte que la France allait

déclarer la guerre à la Russie et à l'Autriche et que l'Angleterre

resterait neutre ou se joindrait à la France. Il est difficile de

s'expliquer comment un homme aussi expérimenté que M. Guilleminot

avait pu se hasarder à faire de pareilles déclarations, sans

instructions de son gouvernement.

Quoi qu'il en soit, dès que M. Casimir Périer eut connaissance de ce

qui s'était passé, on rappela le général Guilleminot. Celui-ci, à son

retour à Paris, se plaignit hautement d'avoir été désavoué et

abandonné par le général Sébastiani; et le fait, qui des deux avait

tort, n'a jamais été bien éclairci[173]. Mais il n'en reste pas moins

vrai qu'un pareil incident n'était pas de nature à inspirer de la

confiance dans notre gouvernement. Les dates, heureusement,

constataient que les démarches du général Guilleminot avaient été

faites à Constantinople, avant qu'on y connût le changement qui avait

amené M. Casimir Périer à la présidence du conseil.

[173] Voir à ce sujet page 340.

Je reviens à mes dépêches.

Mémoires du prince de Talleyrand, Volume 4 · 第 51 / 211 题