LE PRINCE DE TALLEYRAND A MADAME ADÉLAÏDE D'ORLÉANS.

«Londres, le 23 février 1831.

»... Mademoiselle ne trouvera dans le protocole que j'envoie

aujourd'hui à Paris aucune résolution nouvelle; il ne contient que le

résumé de ce qui a été fait jusqu'ici, et que l'énoncé des principes

fondamentaux et conservateurs d'après lesquels nous avons agi. Je me

flatte que le roi sera satisfait de l'esprit qui nous a dirigés. J'ose

assurer que ce n'est qu'en restant étroitement unis aux principes qui

ont guidé les membres de la conférence que nous pourrons, non

seulement terminer l'affaire belge, mais encore empêcher la vieille

Europe de crouler de toutes parts et d'engloutir les trônes, les rois,

les institutions et les libertés.

»Je ne parlerai pas à Mademoiselle des tristes pensées qui m'ont

préoccupé depuis quelques jours. Je ne veux me livrer à aucun

découragement et, de quelque couleur qu'on peigne au dehors l'état de

la France, je me repose sur la haute sagesse du roi pour faire

triompher la sainte cause de la liberté, pure de toutes les taches

dont on cherche à la souiller.

»Je crois que le roi, restant, comme il le voulait, d'après ce que

l'on m'a écrit, avec les quatre puissances, va être à l'aise avec

toutes les affaires belges dont il faut se mêler le moins

possible; s'il y a de l'odieux, il faut le renvoyer à la conférence.

Mémoires du prince de Talleyrand, Volume 4 · 第 35 / 211 题