III

Alors parut[253] l'école romantique anglaise, toute semblable à la

nôtre par ses doctrines, ses origines et ses alliances, par les

vérités qu'elle découvrit, les exagérations qu'elle commit et le

scandale qu'elle excita. Ils formaient une secte, «secte de dissidents

en poésie[254],» qui parlaient haut, se tenaient serrés, et

révoltaient les cervelles rassises par l'audace et la nouveauté de

leurs théories. Pour le fond des choses, on leur trouvait «les

principes antisociaux et la sensibilité maladive de Rousseau, bref un

mécontentement stérile et misanthropique contre les institutions

présentes de la société.» En effet, Southey, un de leurs chefs, avait

commencé par être socinien et jacobin, et l'un de ses premiers poëmes,

_Wat Tyler_, apportait la glorification de la Jacquerie passée à

l'appui de la Révolution présente. Un autre, Coleridge, pauvre diable

et ancien dragon, la tête farcie de lectures incohérentes et de songes

humanitaires, avait songé à fonder en Amérique une république

communiste purgée de rois et de prêtres; puis devenu unitaire, s'était

imbu à Goettingue de théories hérétiques et mystiques sur le Verbe et

l'absolu. Wordsworth lui-même, le troisième et le plus tempéré, avait

débuté par des vers enthousiastes contre les rois, «ces fils du limon,

qui de leur sceptre voulaient arrêter la marée révolutionnaire, et que

le flot montant de la liberté allait balayer et engloutir.» Mais ces

colères et ces aspirations ne tenaient guère; et tous trois, au bout

de quelques années, ramenés dans le giron de l'État et de l'Église, se

trouvaient, l'un journaliste de M. Pitt, l'autre pensionnaire du

gouvernement, le troisième poëte lauréat, convertis zélés, anglicans

décidés et conservateurs intolérants. En matière de goût, au

contraire, ils avaient marché en avant sans reculer. Ils avaient rompu

violemment avec la tradition, et sautaient par-dessus toute la culture

classique pour aller prendre leurs modèles dans la Renaissance et le

moyen âge. L'un d'eux, Charles Lamb, comme Sainte-Beuve, avait

découvert et restauré le seizième siècle. Les dramatistes les plus

incultes, Marlowe par exemple, leur paraissaient admirables, et ils

allaient chercher dans les recueils de Percy et de Warton, dans les

vieilles ballades nationales et dans les anciennes poésies étrangères,

l'accent naïf et primitif qui avait manqué à la littérature classique,

et dont la présence leur semblait la marque de la vérité et de la

beauté. Par-dessus toute réforme, ils travaillaient à briser le grand

style aristocratique et oratoire, tel qu'il était né de l'analyse

méthodique et des convenances de cour. Ils se proposaient «d'adapter

aux usages de la poésie le langage ordinaire de la conversation, tel

qu'il est employé dans la moyenne et la basse classe,» et de remplacer

les phrases étudiées et le vocabulaire noble par les tons naturels et

les mots plébéiens. À la place de l'ancien moule, ils essayaient la

stance, le sonnet, la ballade, le vers blanc, avec les rudesses et les

cassures des poëtes primitifs. Ils reprenaient ou arrangeaient les

mètres et la diction du treizième et du seizième siècle. Charles Lamb

écrivait une tragédie d'archéologue qu'on eût pu croire contemporaine

du règne d'Élisabeth. D'autres, comme Southey et surtout Coleridge,

fabriquaient des rhythmes absolument neufs, aussi heureux parfois et

parfois aussi malheureux que ceux de Victor Hugo, par exemple un vers

dans lequel on comptait les accents et non plus les syllabes;

singulier pêle-mêle de tâtonnements confus, d'avortements visibles et

d'inventions originales. Le plébéien, affranchi du costume

aristocratique, en cherchait un autre, empruntant une pièce aux

chevaliers ou aux barbares, une autre aux paysans ou aux journalistes,

sans trop s'apercevoir des disparates, prétentieux et content dans son

manteau bariolé et mal cousu, jusqu'à ce qu'enfin, après beaucoup

d'essais et de déchirures, il finît par se connaître lui-même et

choisir le vêtement qui lui seyait.

Dans cette confusion laborieuse, deux grandes idées se dégagent: la

première qui produit la poésie historique, la seconde qui produit la

poésie philosophique, l'une surtout visible dans Southey et Walter

Scott, l'autre surtout visible dans Wordsworth et Shelley, toutes deux

européennes et manifestées avec un éclat égal en France dans Hugo,

Lamartine et Musset, avec un éclat plus grand en Allemagne dans

Goethe, Schiller, Ruckert et Heine; l'une et l'autre si profondes que

nul de leurs représentants, sauf Goethe, n'en a deviné la portée; et

que c'est à peine si aujourd'hui, après plus d'un demi-siècle, nous

pouvons en définir la nature pour en présager les effets.

La première consiste à dire ou plutôt à pressentir que notre idéal

n'est pas l'idéal: c'en est un, mais il y en a d'autres. Le barbare,

l'homme féodal, le cavalier de la Renaissance, le musulman, l'Indien,

chaque âge et chaque race a conçu sa beauté, qui est une beauté.

Jouissons-en, et pour cela mettons-nous à la place de ceux qui l'ont

inventée; mettons-nous-y tout à fait; ce ne sera point assez de

représenter, comme les romanciers et les dramatistes précédents, des

moeurs modernes et nationales sous des noms étrangers et antiques;

peignons les sentiments des autres siècles et des autres races avec

leurs traits propres, si différents que ces traits soient des nôtres

et si déplaisants qu'ils soient pour notre goût. Montrons notre

personnage tel qu'il fut, grotesque ou non, avec son costume et son

langage: qu'il soit féroce et superstitieux s'il le faut; éclaboussons

le barbare dans le sang, et chargeons le covenantaire de sa dossée de

textes bibliques. Une à une on vit reparaître alors sur la scène

littéraire les civilisations anéanties ou lointaines, le moyen âge

d'abord et la Renaissance, puis l'Arabie, l'Hindoustan et la Perse,

puis l'âge classique et le dix-huitième siècle lui-même, et le goût

historique devint si vif que, de la littérature, la contagion gagna

les autres arts. Le théâtre changea ses costumes et ses décors de

convention pour les costumes et les décors vrais. L'architecture bâtit

des villas romaines dans nos climats du Nord, et des tourelles

féodales au milieu de la sécurité moderne. Les peintres voyagèrent

pour imiter la couleur locale, et étudièrent pour reproduire la

couleur morale. Chacun devint touriste et archéologue; l'esprit

humain, sortant de ses sentiments particuliers pour entrer dans tous

les sentiments éprouvés, et à la fin dans tous les sentiments

possibles, trouva son modèle dans le grand Goethe, qui, par son

_Tasse_, son _Iphigénie_, son _Divan_, son second _Faust_, devenu

concitoyen de toutes les nations et contemporain de tous les âges,

semblait vivre à volonté dans tous les points de la durée et de

l'espace, et donnait une idée de l'esprit universel. Cependant cette

littérature, en approchant de sa perfection, approchait de son terme

et ne se développait que pour finir. On en vint à comprendre que les

résurrections tentées sont toujours imparfaites, que toute imitation

est un pastiche, que l'accent moderne perce infailliblement dans les

paroles que nous prêtons aux personnages antiques, que toute peinture

de moeurs doit être indigène et contemporaine, et que la littérature

archéologique est un genre faux. On sentit enfin que c'est dans les

écrivains du passé qu'il faut chercher le portrait du passé, qu'il n'y

a de tragédies grecques que les tragédies grecques, que le roman

arrangé doit faire place aux mémoires authentiques, comme la ballade

fabriquée aux ballades spontanées; bref, que la littérature historique

doit s'évanouir et se transformer en critique et en histoire,

c'est-à-dire en exposition et en commentaire des documents.

Dans cette multitude de voyageurs et d'historiens déguisés en poëtes,

comment choisir? Ils pullulent comme les volées d'insectes éclos un

jour d'été dans la végétation surabondante; ils bourdonnent et

luisent, et l'esprit se trouve perdu parmi leurs bruissements et leurs

chatoiements. Lesquels citerai-je? Thomas Moore, le plus gai et le

plus français de tous, moqueur spirituel[255], trop gracieux et

recherché, et qui fit des odes descriptives sur les Bermudes, des

mélodies sentimentales sur l'Irlande, un roman poétique sur

l'Égypte[256], un poëme romanesque sur la Perse et l'Inde[257]; Lamb,

le restaurateur du vieux drame; Coleridge, penseur et rêveur, poëte et

critique, qui, dans sa _Christabel_ et dans son _Vieux Marinier_,

retrouva le surnaturel et le fantastique; Campbell, qui, ayant

commencé par un poëme didactique sur _les plaisirs de l'Espérance_,

entra dans la nouvelle école tout en gardant son style noble et

demi-classique, et composa des poëmes américains et celtes,

médiocrement celtes et américains; au premier rang Southey, habile

homme qui, après quelques faux pas de jeunesse, devint le défenseur

attitré de l'aristocratie et du _cant_, lecteur infatigable, écrivain

inépuisable, chargé d'érudition, doué d'imagination, célèbre comme

Victor Hugo par la nouveauté de ses innovations, par le ton guerrier

de ses préfaces, par les magnificences de sa curiosité pittoresque,

ayant promené sur l'univers et l'histoire ses cavalcades poétiques, et

enveloppé dans le réseau infini de ses vers Jeanne d'Arc, Wat Tyler,

Roderick le Goth, Madoc, Thalaba, Kehama, les traditions celtiques et

mexicaines, les légendes des Arabes et des Indiens, tour à tour

catholique, musulman, brahmane, mais seulement en poésie, en somme

protestant prudent et patenté. Ne prenez ceux-ci que comme exemples;

il y en a une trentaine d'autres par derrière, et je crois que de tous

les beaux paysages visibles ou imaginables, de tous les grands

événements réels ou légendaires, sur tous les points du temps, aux

quatre coins du monde, il n'en est pas un qui leur ait échappé. Cette

fantasmagorie est bien brillante: par malheur elle sent la fabrique.

Si vous voulez en avoir l'image, figurez-vous que vous êtes à l'Opéra.

Les décors sont splendides, on les voit descendre du ciel,

c'est-à-dire du plafond, trois fois par acte: hautes cathédrales

gothiques, dont les rosaces flamboient au soleil couchant, pendant

que les processions se déploient autour des piliers, et que des

clartés ondoient sur les chapes ouvragées, sur les dorures des habits

sacerdotaux; mosquées et minarets, caravanes mouvantes qui serpentent

au loin sur le sable jaunâtre, et dont les lances, les parasols

alignés posent leur frange sur la blancheur immaculée de l'horizon;

paradis indiens, où les roses amoncelées pullulent par myriades, où

les jets d'eau entre-croisent leurs panaches de perles, où les lotus

étalent leurs larges feuilles, où les plantes épineuses hérissent

leurs cent mille calices de pourpre autour des singes et des

crocodiles divins qui grouillent dans leurs massifs. Cependant les

danseuses posent la main sur leur cour avec une émotion délicate et

profonde, les jeunes premiers chantent qu'ils sont prêts à mourir, les

tyrans font gronder leur voix de basse, l'orchestre se démène,

accompagnant les variations des sentiments par les soupirs doucereux

de ses flûtes, par les clameurs lugubres de ses trombones, par les

mélodies angéliques de ses harpes; jusqu'à ce qu'enfin, au moment où

l'héroïne met le pied sur la gorge du traître, il éclate

triomphalement par ses mille voix vibrantes réunies en un seul accord.

Beau spectacle! on en sort ébloui, assourdi; les sens défaillent sous

cette inondation de magnificences; mais en rentrant chez soi, on se

demande ce qu'on a appris, ce qu'on a senti, si véritablement on a

senti quelque chose. Après tout, il n'y a guère ici que des décors et

de la mise en scène; les sentiments sont factices; ce sont des

sentiments d'opéra; les auteurs ne sont que d'habiles gens,

manufacturiers de livrets et de toiles peintes; ils ont du talent et

point de génie; ils tirent leurs idées, non de leur coeur, mais de

leur tête. Telle est l'impression que laissent _Lalla Rookh_,

_Thalaba_, _Roderik_, _Kehama_, et le reste de ces poëmes. Ce sont de

grandes machines décoratives appropriées à la mode. La marque propre

du génie est la découverte de quelque large région inexplorée dans la

nature humaine, et cette marque leur manque; ils témoignent seulement

de beaucoup d'habileté et de savoir. En somme, j'aime mieux voir

l'Orient dans les Orientaux d'Orient que dans les Orientaux

d'Angleterre, chez Vyasa ou Firdousi que chez Southey[258] ou Moore;

leurs poëmes ont beau être descriptifs ou historiques, ils le sont

moins que les textes et les pièces justificatives qu'ils ont soin de

mettre au bas.

Par delà toutes les causes générales qui ont entravé cette

littérature, il y en a une nationale: ils n'ont pas l'esprit assez

flexible, et ils ont l'esprit trop moral. Leur imitation n'est que

littérale. Ils ne connaissent les temps passés et les pays lointains

qu'en antiquaires et en voyageurs. Quand ils mentionnent un usage, ils

mettent leurs autorités en note; ils ne se présentent au public que

munis d'attestations; ils établissent par certificats valables qu'ils

n'ont pas commis une faute de topographie ni de costume. Moore, comme

Southey, nomme ses garants: sir John Malcolm, sir William Ouseley, M.

Carue et autres personnages qui reviennent d'Orient, tous témoins

oculaires. «La description de Balbec, de la plaine et de ses ruines,

dit un de ces messieurs, est admirablement fidèle. Le minaret est tout

près de là sur la pente, et il ne manquait que le cri du muezzin pour

rompre le silence.»--«J'aurais juré, dit un autre, que Moore a voyagé

en Orient!» À cet égard, leur minutie est plaisante[259], et leurs

notes, prodiguées sans mesure, montrent que leur public tout positif

impose aux denrées poétiques l'obligation de prouver leur provenance

et leur aloi. Mais la grande vérité, qui consiste à entrer dans les

sentiments des personnages, leur échappe: ces sentiments sont trop

étranges et immoraux. Quand Moore a essayé de traduire et de refaire

Anacréon, on lui a déclaré que sa poésie était bonne pour une maison

de filles[260]. Pour écrire un poëme indien, il faut être panthéiste

de coeur, un peu fou et assez habituellement visionnaire; pour écrire

un poëme grec, il faut être polythéiste de coeur, païen à fond et

naturaliste de métier. C'est pour cela que Heine a parlé si bien de

l'Inde, et Goethe si bien de la Grèce. Un véritable historien n'est

pas sûr que sa civilisation soit parfaite, et vit aussi volontiers

hors de son pays qu'en son pays. Jugez si des Anglais peuvent réussir

en ce genre. A leurs yeux, il n'y a qu'une civilisation raisonnable,

qui est la leur; toute autre morale est inférieure, toute autre

religion est extravagante. Parmi de telles exigences, comment

reproduire des morales et des religions différentes? C'est la

sympathie seule qui peut retrouver les moeurs éteintes ou étrangères,

et la sympathie ici est interdite. Sous cette règle étroite, la poésie

historique, qui d'elle-même n'est guère viable, va languir étouffée

comme sous une cloche de plomb.

Un d'entre eux, romancier, critique, historien et poëte, favori de son

siècle, lu dans l'Europe entière, fut comparé et presque égalé à

Shakspeare, eut plus de popularité que Voltaire, fit pleurer les

modistes et les duchesses, et gagna six millions. «Je jurerais, je

crois, lui écrivait son éditeur en achevant un de ses livres[261], et

par tous les serments qu'on pourrait proposer, que je n'ai jamais

éprouvé un plaisir aussi entier.... Lord Holland me dit quand je lui

demandai son opinion: Mon opinion! personne de nous ne s'est mis au

lit cette nuit; rien n'a dormi, excepté ma goutte.» En France, on

vendit de ces romans quatorze cent mille volumes, et on en vend

toujours. L'auteur, né à Édimbourg, était fils d'un avoué[262], savant

dans le droit féodal et dans l'histoire de l'Église, lui-même avocat,

puis shériff, et toujours grand amateur d'antiquités, surtout

d'antiquités nationales, en sorte que, dans sa famille, dans son

éducation, dans sa personne, il trouvait les matériaux de son oeuvre

et les aiguillons de son talent. Ses premiers souvenirs s'étaient

imprimés en lui à l'âge de trois ans, dans une ferme où on l'avait

porté pour essayer l'effet du grand air sur sa petite jambe paralysée.

On l'enveloppait nu dans la peau chaude d'un mouton tué à l'instant,

et il rampait dans cet attirail, qui passait pour un spécifique. Il

resta boiteux et devint _liseur_. Dès sa première enfance, il avait

été élevé parmi les récits qu'il mit en scène plus tard, celui de la

bataille de Culloden, celui des cruautés exercées contre les

_highlanders_, celui des guerres et des souffrances des covenantaires.

À trois ans, il criait si haut la ballade de Hardyknute qu'il

empêchait le ministre du village, homme doué d'une très-belle voix,

d'être entendu et même de s'entendre. Sitôt qu'on lui avait récité une

ballade du _Border_, il la savait par coeur. Dans le reste, il était

indolent, étudiait à bâtons rompus, apprenait mal les choses sèches et

positives; mais de ce côté le courant de son instinct était précoce,

précipité et invincible. Le jour où, pour la première fois, «sous un

platane,» il ouvrit les volumes où Percy avait rassemblé les fragments

de l'ancienne poésie, il oublia de dîner «malgré son appétit de treize

ans,» et dorénavant «il inonda» de ces vieux vers non-seulement ses

camarades d'école, mais encore tous ceux qui voulaient l'entendre.

Devenu clerc chez son père, il fourrait dans son pupitre toutes les

oeuvres d'imagination qu'il pouvait trouver, non pas les romans

d'intérieur, «il lui fallait l'art de miss Burney ou la sensibilité de

Mackensie pour l'intéresser à une histoire domestique» mais les

«récits aventureux et féodaux[263],» et tout ce qui avait trait «aux

chevaliers errants.» Ayant fait une maladie, il fut retenu longtemps

au lit avec défense de parler, sans autre divertissement que la

lecture des poëtes, des romanciers, des historiens et des géographes,

occupé à éclaircir les descriptions de bataille par des alignements et

des arrangements de petits cailloux qui figuraient les soldats. Une

fois guéri et bon marcheur, il tourna ses promenades vers le même

emploi, et se trouva passionné pour le paysage, surtout pour le

paysage historique. «On n'avait, dit-il[264], qu'à me montrer un vieux

château, un champ de bataille; j'étais tout de suite chez moi, je le

remplissais de ses combattants avec leur costume propre, j'entraînais

mes auditeurs par l'enthousiasme de mes descriptions. Une fois,

traversant Magus-Moor, près de Saint-Andrews, l'esprit me poussa à

décrire l'assassinat de l'archevêque de Saint-Andrews à quelques

voyageurs dont je me trouvais le compagnon par hasard, et l'un d'eux,

quoiqu'il sût bien cette histoire, protesta que mon récit l'avait

empêché de dormir.» Entre autres excursions studieuses, il fit pendant

sept ans un voyage chaque année dans le district sauvage et perdu de

Liddesdale, explorant chaque ruisseau et chaque débris, couchant dans

la hutte des bergers, ramassant des légendes et des ballades. Jugez

par là de ses goûts et de son assiduité d'antiquaire. Il lisait les

chartes provinciales, les plus mauvais vers latins du moyen âge, les

registres de paroisse, même les contrats et les testaments. La

première fois qu'il put mettre la main sur un des grands cors de

guerre qui servaient aux _borderers_, il en sonna toute la route. La

ferraille rouillée et le parchemin sale l'attiraient, remplissaient sa

tête de souvenirs et de poésie. En vérité, il avait l'âme féodale.

«Pendant toute sa vie, dit son gendre, son orgueil principal fut

d'être reconnu membre d'une famille historique[265].»--«Sa première et

sa dernière ambition mondaine fut d'être lui-même le fondateur d'une

branche distincte.» La gloire littéraire ne venait qu'en second lieu;

son talent n'était pour lui qu'un instrument. Il employa les sommes

énormes que ses vers et sa prose lui avaient gagnées à se bâtir un

château à l'imitation des anciens preux, «tours et tourelles, copiées

chacune d'après quelque vieux manoir écossais, toits et fenêtres

blasonnés avec les insignes des clans, avec des lions rampants sur

gueules,» appartements «remplis de hauts dressoirs et de bahuts

sculptés, décorés de targes, de plaids et de grandes épées de

_highlanders_, de hallebardes, d'armures, d'andouillers disposés en

trophées[266].» Pendant de longues années, il y tint, pour ainsi

parler, table ouverte, et fit à tout étranger «les honneurs de

l'Écosse,» essayant de ressusciter l'antique vie féodale avec tous

ses usages et tout son étalage: «large et joyeuse hospitalité ouverte

à tous venants, mais surtout aux parents, aux alliés et aux

voisins,--ballades et pibrochs sonnant pour égayer les verres qui

trinquent,--joyeuses chasses où les _yeomen_ et les _gentlemen_

peuvent chevaucher côte à côte,--danses gaillardes et gaies où le lord

n'aura pas honte de donner la main à la fille du meunier[267].»

Lui-même, ouvert, heureux, au milieu de ses quarante convives,

nourrissait l'entretien par une profusion de récits épanchés de sa

mémoire et de son imagination prodigues[268], conduisait ses hôtes

dans son domaine élargi à grands frais, parmi les plantations

nouvelles dont l'ombrage futur devait abriter sa race, et pensait avec

un sourire de poëte aux générations lointaines qui reconnaîtraient

pour ancêtre _sir Walter Scott, premier baronnet d'Abbotsford_.

_La Dame du lac_, _Marmion_, _le Lord des îles_, _la Jolie Fille de

Perth_, _les Puritains d'Écosse_, _Ivanhoe_, _Quentin Durward_, qui ne

sait par coeur tous ces noms? C'est chez Walter Scott que nous avons

appris l'histoire. Et cependant est-ce de l'histoire? Toutes ses

peintures d'un passé lointain sont fausses. Les costumes, les

paysages, les dehors sont seuls exacts; actions, discours, sentiments,

tout le reste est civilisé, embelli, arrangé à la moderne. On pouvait

s'en douter en regardant le caractère et la vie de l'auteur; car que

veut-il et que demandent ces hôtes empressés à l'écouter? Est-ce un

amateur de là vérité pure, telle qu'elle est, atroce et sale, un

curieux naturaliste, indifférent à l'applaudissement de ses

contemporains, uniquement attaché à constater les transformations de

la nature vivante? En aucune façon. Il est dans l'histoire comme dans

son château d'Abbotsford, occupé à disposer des points de vue et des

salles gothiques. La lune fera bien là-bas entre les tourelles; voilà

une cuirasse heureusement placée, le jet de lumière qu'elle renvoie

est agréable à voir sur les vieilles tentures; si l'on tirait de la

garde-robe les habits féodaux pour inviter les convives à une

mascarade? La fête serait belle, agréable à leurs souvenirs et à leurs

principes nobiliaires. Des lords anglais qui sortent d'une guerre

acharnée contre la démocratie française doivent entrer avec zèle dans

cette commémoration de leurs aïeux. Ajoutons qu'il y a des dames et

même de jeunes demoiselles, qu'il faut arranger la représentation de

manière à ne point choquer leur morale sévère et leurs sentiments

délicats, les faire pleurer décemment, ne point mettre en scène des

passions trop fortes, qu'elles ne comprendraient pas; tout au

contraire choisir des héroïnes qui leur ressemblent, attendrissantes

toujours, mais surtout correctes; de jeunes _gentlemen_, comme

Évandale, Morton, Ivanhoe, parfaitement élevés, tendres et graves,

même un peu mélancoliques (c'est la dernière mode) et dignes de les

conduire à l'autel. Y a-t-il un homme plus propre que l'auteur à

composer un pareil spectacle? Il est bon protestant, bon mari, bon

père, très-moral, tory si décidé qu'il emporte comme une relique un

verre où le roi vient de boire. D'ailleurs il n'a ni le talent ni le

loisir de pénétrer jusqu'au fond des personnages. C'est à l'extérieur

qu'il s'attache; il voit et décrit bien plus longuement le dehors et

les formes que le dedans et les sentiments. D'autre part il traite son

esprit comme une mine de charbon, bonne à exploiter vite et le plus

lucrativement possible: un volume en un mois, parfois même en quinze

jours, et ce volume lui vaut vingt-cinq mille francs. Comment

pourrait-il découvrir ou oserait-il montrer la structure des âmes

barbares? Cette structure est trop difficile à découvrir et trop peu

agréable à montrer. Tous les deux cents ans, chez les hommes, la

proportion des images et des idées, le ressort des passions, le degré

de la réflexion, l'espèce des inclinations, changent. Qui est-ce qui

comprend et goûte aujourd'hui, à moins d'une longue éducation

préalable, Dante, Rabelais et Rubens? Et comment, par exemple, ces

grands rêves catholiques et mystiques, ces audaces gigantesques ou ces

impuretés de l'art charnel entreraient-ils dans la tête de ce

_gentleman_ bourgeois? Walter Scott s'arrête sur le seuil de l'âme et

dans le vestibule de l'histoire, ne choisit; dans la Renaissance et le

moyen âge, que le convenable et l'agréable, efface le langage naïf, la

sensualité débridée, la férocité bestiale. Après tout, ses

personnages, en quelque siècle qu'il les transporte, sont ses voisins,

fermiers finauds, lairds vaniteux, _gentlemen_ gantés, demoiselles à

marier, tous plus ou moins bourgeois, c'est-à-dire rangés, situés par

leur éducation et leur caractère à cent lieues des fous voluptueux de

la Renaissance ou des brutes héroïques et des bêtes féroces du moyen

âge. Comme il a la plus riche provision de costumes et le plus

inépuisable talent de mise en scène, il fait manoeuvrer

très-agréablement tout son monde, et compose des pièces qui, à la

vérité, n'ont guère qu'un mérite de mode, mais cependant pourront bien

durer cent ans.

Celle qu'il joua dura moins. Pour soutenir son hospitalité princière

et ses magnificences féodales, il était devenu l'associé de ses

éditeurs; châtelain en public et négociant en secret, il leur avait

engagé sa signature, sans surveiller l'usage qu'ils en faisaient. Une

banqueroute survint; à cinquante-cinq ans, il se trouva ruiné et

débiteur de cent dix-sept mille livres sterling. Avec un courage et

une probité admirables, il refusa toute grâce, n'accepta que du temps,

se mit à l'oeuvre le jour même, écrivit infatigablement, paya en

quatre ans soixante-dix mille livres, épuisa son cerveau jusqu'à

devenir paralytique et mourut à la peine. Ni dans sa conduite ni dans

sa littérature ses goûts féodaux ne lui avaient réussi, et ses

splendeurs seigneuriales s'étaient trouvées aussi fragiles que ses

imaginations gothiques. Il s'était appuyé sur l'imitation, et l'on ne

subsiste que par la vérité. C'est ailleurs qu'était sa gloire, et il y

avait une partie solide dans son esprit comme dans ses écrits.

Par-dessous l'amateur du moyen âge, on découvre d'abord l'Écossais

avisé, observateur attentif, dont la sagacité s'est aiguisée par le

maniement de la procédure, bon homme d'ailleurs, accommodant et gai,

comme il convient au caractère national, si différent du caractère

anglais. «Bon Dieu, dit un de ses camarades d'excursions, quel fonds

il avait de belle humeur et de plaisanteries! Un fonds sans fin. Nous

n'avions pas fait dix pas que nous étions à rire ou à crier et à

chanter. Partout où nous nous arrêtions, comme il s'accommodait

gentiment à un chacun! Il faisait toujours comme les autres faisaient;

jamais il ne jouait le grand homme et ne se donnait des airs en

compagnie.» Devenu plus âgé et plus grave, il n'en resta pas moins

aimable, le plus aimable des hôtes, si bien qu'un de ses voisins,

fermier, je crois, au sortir de chez lui, disait à sa femme: «Ailie,

ma fille, je vais me coucher, et je voudrais dormir douze mois pleins,

car il n'y a qu'une chose dans ce monde qui vaille la peine de vivre,

c'est la chasse d'Abbotsford.» Joignez à ce genre d'esprit des yeux

qui voient tout, une mémoire qui retient tout, une étude perpétuelle

promenée dans toute l'Écosse, parmi toutes les conditions, et vous

verrez naître son vrai talent, ce talent si agréable, si abondant, si

facile, composé d'observation minutieuse et de moquerie douce, et qui

rappelle à la fois Téniers et Addison. Sans doute il écrit mal,

quelquefois même aussi mal que possible[269]; on voit qu'il dicte, ne

se relit guère, et tombe volontiers dans le style pâteux et

emphatique, qui est dans l'air et que nous respirons tous les jours

dans les prospectus et les journaux. Bien pis, il est horriblement

long et diffus; ses conversations, ses descriptions sont

interminables; il veut à toute force remplir ses trois volumes. Mais

il a donné à l'Écosse droit de cité dans la littérature; j'entends à

l'Écosse entière, paysages, monuments, maisons, chaumières,

personnages de tout âge et de tout état, depuis le baron jusqu'au

pêcheur, depuis l'avocat jusqu'au mendiant, depuis la dame jusqu'à la

poissarde. À son seul nom, les voilà qui apparaissent en foule; qui ne

les voit sortir de tous les coins de sa mémoire? Le baron de

Bradwardine, Dominie Sampson, Meg Merrilies, l'Antiquaire, Ochiltree,

Jeanne Deans et son père, aubergistes, marchands, commères, tout un

peuple. Y a-t-il un des traits écossais qui manque? Économes,

patients, précautionnés, rusés, il le faut bien; la pauvreté du sol et

la difficulté de vivre les y ont contraints; c'est là le fonds de la

race. La même ténacité qu'ils avaient portée dans les choses de la

vie, ils l'ont portée dans les choses de l'esprit, studieux lecteurs

et liseurs d'antiquités et de controverses; poëtes de plus: les

légendes naissent aisément, dans un paysage romantique, parmi des

guerres et des brigandages invétérés. Sur cette terre ainsi préparée

et dans ce triste climat, le presbytérianisme a enfoncé ses âpres

racines. Voilà le monde tout moderne et réel, illuminé par le lointain

soleil couchant de la chevalerie, que Walter Scott a découvert, comme

un peintre qui, au sortir des grands tableaux d'apparat, aperçoit un

intérêt et une beauté dans les maisons bourgeoises de quelque bicoque

provinciale, ou dans une ferme encadrée par ses carrés de betteraves

et de navets. Une malice continue égaye ces tableaux d'intérieur et de

genre, si locaux et minutieux, et qui, comme ceux des Flamands,

indiquent l'avénement d'une bourgeoisie. La plupart de ces bonnes gens

sont des comiques. Il s'amuse à leurs dépens, met au jour leurs petits

mensonges, leur parcimonie, leur badauderie, leurs prétentions, et les

cent mille ridicules dont leur condition rétrécie ne manque jamais de

les affubler. Un perruquier chez lui fait tourner le ciel et la terre

autour de ses perruques; si la Révolution française prend pied

partout, c'est que les magistrats ont renoncé à cet ornement. «Prenez

garde, Monkbarns, dit-il piteusement en retenant par la basque de

l'habit une des trois pratiques qui lui restent, au nom de Dieu,

prenez garde. Sir Arthur est noyé déjà, et si vous tombez par-dessus

la falaise, il n'y aura plus qu'une perruque dans la paroisse, celle

du ministre[270].» Vous le voyez, l'auteur sourit, et sans

malveillance; ce naïf égoïsme est l'effet du métier et ne révolte

point. Walter Scott n'est jamais aigre: au fond il aime les hommes,

les excuse ou les tolère; il ne flagelle point les vices, il les

démasque; encore les démasque-t-il sans rudesse. Son meilleur plaisir

est de suivre tout au long non point même un vice, mais un travers, la

manie du bric-à-brac dans l'antiquaire, la vanité archéologique dans

le baron de Bradwardine, le radotage nobiliaire dans la douairière de

Tillietudlem, c'est-à-dire l'exagération plaisante de quelque goût

permis, et cela sans colère, parce qu'en somme ces gens ridicules sont

estimables et parfois généreux. Même dans des coquins comme Dick

Hatteraick, dans des coupe-jarrets comme Bothwell, il met quelque

chose de bon. Il n'y a pas jusqu'au major Dalgetty, tueur de

profession, sorti de l'atroce guerre de Trente ans, dont il ne couvre

l'odieux sous le ridicule. Par cette finesse critique et par cette

philosophie bienveillante, il ressemble à Addison.

Il lui ressemble encore par la pureté et la continuité de ses

intentions morales. «Sir Walter, lui disait M. Laidlaw, auquel il

dictait _Ivanhoe_, je ne puis m'empêcher de vous dire que vous faites

un bien immense par ces récits si attrayants et si nobles, car les

jeunes gens et les jeunes personnes ne voudront plus jeter les yeux

sur les drogues littéraires qu'on leur fournissait dans les cabinets

de lecture[271].» Et les yeux de Walter Scott se remplirent de larmes.

À son lit de mort, il dit à son gendre: «Lockhart, je n'ai plus qu'une

minute peut-être à vous parler. Mon ami, soyez un homme de bien;

soyez vertueux, soyez religieux, soyez un homme de bien. Aucune autre

chose ne vous donnera de consolation quand vous serez où j'en suis.»

Ce fut là presque sa dernière parole. Par cette honnêteté foncière et

par cette large humanité, il s'est trouvé l'Homère de la bourgeoisie

moderne. Autour de lui et après lui, le roman de moeurs, dégagé du

roman historique, a fourni une littérature entière et gardé les

caractères qu'il lui avait imprimés. Miss Austen, miss Brontë,

mistress Gaskell, mistress Eliot, Bulwer, Thackeray, Dickens et tant

d'autres peignent surtout ou peignent uniquement, comme lui, la vie

contemporaine, telle qu'elle est, sans embellissements, à tous les

étages, souvent dans le peuple, plus souvent encore dans la classe

moyenne. Et les causes qui ont fait avorter chez lui et ailleurs le

roman historique ont fait réussir chez lui et les autres le roman de

moeurs. Ils s'étaient trouvés copistes trop minutieux et moralistes

trop décidés, incapables des grandes divinations et des larges

sympathies qui ouvrent l'histoire; leur imagination était trop

littérale et leur jugement trop arrêté. C'est justement avec ces

facultés qu'ils créent un nouveau genre, qui par des milliers de

rejetons pullule encore aujourd'hui, avec une abondance telle que les

talents s'y comptent par centaines, et qu'on ne peut le comparer pour

la séve originale et nationale qu'à la peinture du grand siècle des

Hollandais. Réaliste et moral, voilà ses deux traits. Ils sont à cent

lieues de la grande imagination qui crée ou transforme, telle qu'elle

apparut à la Renaissance ou au dix-septième siècle, dans les âges

héroïques ou nobles. Ils renoncent à l'invention libre; ils

s'astreignent à l'exactitude scrupuleuse. Ils peignent avec un détail

infini les costumes et les lieux sans y rien changer. Ils marquent les

petites nuances du langage; ils n'ont point dégoût des vulgarités ni

des platitudes. Leurs renseignements sont authentiques et précis.

Bref, ils écrivent en bourgeois et pour des bourgeois, c'est-à-dire

pour des gens rangés, enfermés dans une profession, dont l'imagination

vit à terre et regarde les choses à la loupe, incapables de rien

goûter franchement en fait de peinture, sinon des intérieurs et des

trompe-l'oeil; demandez à une cuisinière quel tableau elle préfère au

Musée, elle vous montrera une cuisine où les casseroles sont si bien

faites qu'on est tenté d'y tremper la soupe. Cependant par delà cette

inclination, qui aujourd'hui est européenne, ils ont un besoin

particulier, qui chez eux est national et remonte au siècle précédent:

ils veulent que le roman contribue comme le reste à leur grande

oeuvre, l'amélioration de l'homme et de la société. Ils lui demandent

la glorification de la vertu et la flagellation du vice. Ils

l'envoient dans tous les recoins de la société civile et dans tous les

événements de l'histoire privée à la recherche de documents et

d'expédients pour apprendre de lui le moyen de remédier aux abus, de

soulager les misères, de prévenir les tentations. Ils font de lui un

instrument d'enquête, d'éducation et de morale. Singulière oeuvre, qui

dans toute l'histoire n'a point sa pareille, parce que dans toute

l'histoire il n'y a pas eu de société pareille, et qui, médiocre pour

les amateurs du beau, admirable pour les amateurs de l'utile, offre,

dans l'innombrable variété de ses peintures et dans la fixité

invariable de son esprit, le tableau de la seule démocratie qui sache

se contenir, se gouverner et se réformer.

[Note 253: 1793-1794.]

[Note 254: _Revue d'Édimbourg_, octobre 1802.]

[Note 255: Voyez _the Fudge Family_, etc.]

[Note 256: _The Epicurean._]

[Note 257: _Lalla Rookh._]

[Note 258: Voir _The history of the caliph Vathek_, roman

fantastique et puissant, par W. Beckford, publié d'abord en français,

1784.]

[Note 259: Voyez les notes de Southey, pires que celles de

Chateaubriand dans les _Martyrs_.]

[Note 260: _Revue d'Édimbourg._]

[Note 261: Lockhart, p. 220, _Life of sir W. Scott_.]

[Note 262: Writer at the signet.]

[Note 263: _Romantic._]

[Note 264: Lockhart, t. I, p. 29.]

[Note 265: Lockhart, t. IV, p. 329.]

[Note 266: Sa bibliothèque et sa collection furent estimées 10000

liv. sterling.]

[Note 267: Je suis obligé de traduire ici par des équivalents.]

[Note 268: «Aujourd'hui environ cent cinquante anecdotes!» écrit

le capitaine Basil Hall, son hôte.]

[Note 269: _Ivanhoe_, page 1. «Such being our chief scene, the

date of our story refers to a period towards the end of the reign of

Richard I, when his return from his long captivity had become an event

rather wished than hoped for by his despairing subjects, who were in

the mean time subjected to every species of subordinate

oppression.»--Impossible d'écrire plus lourdement.]

[Note 270: Haud a care, haud a care, Monkbarns; God's sake, haud a

care; sir Arthur's drowned already, and an ye fa' over the cleugh too,

there will be but a wig left in the parish, and that's the

minister's.]

[Note 271: _Circulating libraries._ (Je traduis par un

équivalent.)]

Histoire de la Littérature Anglaise (Volume 4 de 5) · 第 40 / 62 题