III

Quelques feuillets, d'une écriture cursive et nerveuse, au fond d'un

tiroir du bureau de Jean:

_Les femmes: êtres inférieurs, irrémédiablement._

_Leur sensiblerie est en elles, comme un ver dans un fruit. Qui

attaque tout: qui rend impuissante leur intelligence, et infirme leur

cœur._

_Un cerveau de petite fille, confit à l'ombre d'une ville de province:

toutes les affirmations de la sottise ignorante._

_Ça ne se décrasse pas._

_Les femmes aiment le mystère, par instinct. Contre, rien ne peut.

Encore l'aiment-elles bassement._

_Si, la nuit, elles ont peur des voleurs, une veilleuse leur rend

la sécurité. Le geste de l'autruche: leur geste naturel. Il leur

faut une foi pour être assurées, pour n'avoir pas à chercher

au delà.--(N'imaginant même pas qu'on puisse avoir soif de

«vérification...»)_

_On ne doit se marier que lorsqu'on est bien fermement dirigé dans sa

voie, et certain de n'en pas changer. Modifier sa direction après le

mariage, c'est bouleverser deux vies pour une; c'est creuser entre

deux êtres, que tout oblige à rester liés, un gouffre où tout le

bonheur s'abîme,--sans le combler._

Jean Barois · 第 49 / 165 题